France

La communication Macron: non aux rumeurs, oui aux chercheurs

L’ancien ministre français de l’Economie multiplie les opérations de communication pour occuper le terrain et couper court aux polémiques

Emmanuel Macron n’est décidément pas un candidat présidentiel français comme les autres. Alors que François Fillon demeure empêtré dans l’affaire des rémunérations perçues par son épouse, l’ancien ministre français de l’Economie a, cette semaine, choisi de prendre les devants pour déminer une rumeur de plus en plus insistante sur sa supposée double vie, et son homosexualité cachée.

Lors d’une soirée devant ses supporters lundi au théâtre Bobino à Paris, le candidat de 39 ans a nié par avance toute relation amoureuse avec le PDG de Radio France Mathieu Gallet, alors qu’aucun de ses adversaires n’avait encore utilisé cet argument contre lui. «Pour mettre les pieds dans le plat, si dans les dîners en ville, si dans les boucles de mails, on vous dit que j’ai une double vie avec Mathieu Gallet ou qui que ce soit d’autre, c’est mon hologramme qui soudain m’a échappé, mais ça ne peut pas être moi», a-t-il déclaré.

Abonné aux couvertures

Cette offensive de communication a précédé la parution jeudi d’un nouveau numéro de Paris Match le montrant en couverture avec son épouse Brigitte, son aînée de 23 ans, qu’il a d’ailleurs citée à témoin. «Je vous rassure, comme elle partage tout de ma vie du soir au matin, elle se demande simplement comment physiquement je pourrais. Heureusement, je ne l’ai pas rémunérée pour cela… Elle pourra apporter un témoignage du fait que je ne peux pas me dédoubler».

C’est la quatrième couverture que le magazine consacre au couple Macron depuis un an, ce qui aussitôt enflammé les médias sociaux. Ce démenti public apporté par celui qui devance désormais Fillon dans les enquêtes d’opinion est une première. La rumeur sur l’homosexualité présumée d’Emmanuel Macron avait, entre autres, été éventée devant les journalistes au début 2016 par l’ex-président Nicolas Sarkozy. Lors d’un voyage officiel en Inde, celui-ci s’était gentiment moqué du côté «mi-homme mi-femme» de l’intéressé, alors encore membre du gouvernement…

Pas encore de programme

Cible des critiques pour ne pas avoir encore présenté son programme – il proposera d’ici début mars un «contrat avec la nation» – le leader du mouvement «En Marche!» a par ailleurs confirmé son habileté en menant deux autres opérations de communication ciblées. La première, à destination de l’électorat écologiste, a pris la forme d’un «Panda live» avec l’ancien ministre Pascal Canfin, aujourd’hui patron de l’antenne française du Fonds mondial pour la nature (WWF).

Dans cet entretien diffusé sur internet, Emmanuel Macron s’est dit hostile à l’exploitation des gaz de schiste et aux forages en mer, et résolu à nommer un «médiateur» dans le dossier Notre-Dame-des-Landes. Il s’est aussi prononcé pour la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, frontalière de la Suisse et toujours en fonction malgré la promesse similaire de François Hollande en 2012 (un accord d’indemnisation entre EDF et le gouvernement a été acté fin janvier).

Une méthode qui fonctionne

Autre initiative remarquée et calculée: le candidat a réitéré, sur Facebook Live, son offre d’accueillir en France tous les chercheurs américains ou étrangers en butte aux tracasseries de l’administration de Donald Trump. Son premier appel avait été lancé à Lyon dimanche 5 février, lors de son meeting devant plus de 12 000 personnes. Son épouse Brigitte – de plus en plus inquiète de la pression médiatique sur les épaules de son mari selon Paris Match – et la fille de cette dernière Tiphaine Auzière, se trouvaient au premier rang.

Avec son mélange entre populisme et élitisme inédit, centré sur sa personnalité, la méthode Macron continue en tout cas de fonctionner: quatre sondages l’ont simultanément donné ces jours-ci qualifié au second tour de la présidentielle face à Marine Le Pen.


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