«Nous sommes assez loin dans cette crise pour exprimer notre insatisfaction sur la façon dont les gouvernements ont géré la crise», a dit le directeur de l’Association internationale du transport aérien (IATA) Giovanni Bisignani, lors d’une conférence de l’Association des journalistes professionnels de l’aéronautique et de l’espace (AJPAE) à Paris.

Pire que le 11 septembre 2001

Il a réclamé des «décisions qui soient fondées sur des situations réelles», alors que la fermeture d’une partie de l’espace aérien européen représente un manque-à-gagner d’au moins 200 millions de dollars par jour pour les compagnies aériennes. Les cours des grandes compagnies aériennes européennes ont chuté lundi matin, affectés par la paralysie du trafic aérien.

«Une évaluation du risque devrait permettre de nous aider à rouvrir certains couloirs, à défaut de l’ensemble de l’espace aérien», a dit Giovanni Bisignani. «L’ampleur de cette crise est désormais plus importante que le 11 septembre», a-t-il jugé.

L’Union européenne cherche de son côté à faire rouvrir le maximum possible de routes aériennes dès lundi, après quatre jours de paralysie due à l’énorme nuage de cendres crachées par un volcan islandais, qui bloque au sol des millions de passagers à travers le monde.

Dimanche, plusieurs compagnies aériennes européennes ont effectué des vols test pour mesurer la dangerosité des cendres volcaniques. Ils n’ont révélé aucun problème.

Les deux plus importantes compagnies allemandes, Lufthansa et Air Berlin, ont vivement critiqué les autorités pour n’avoir pas fait effectuer de calcul de la concentration de cendres dans l’atmosphère.

Pas d’excès selon les contrôleurs aériens français

Les contrôleurs aériens français ont jugé lundi que la fermeture d’une partie de l’espace aérien européen à cause du nuage de cendres venu d’Islande, critiquée par certaines compagnies, ne pouvait être considérée comme un excès de précaution.

«Non, je ne pense pas qu’on puisse dire ça, même si les polémiques arrivent toujours après ou au milieu de ce genre d’événements», a répondu le président du syndicat national des contrôleurs du ciel, Stéphane Durand, interrogé sur la radio France Info.

«On se rend compte que les mesures de sécurité ne sont pas forcément complètement en adéquation avec les aspirations économiques ou sociales, mais la mesure de sécurité a été prise à l’échelle européenne, par des gouvernements qui ont une approche parfois différente en matière de sécurité», a-t-il expliqué.