Angela Merkel savait sans doute que son appel à impliquer le secteur privé dans le futur mécanisme européen de stabilité ne passerait pas. «Elle s’adressait à son électorat et… aux banquiers allemands très exposés en Irlande et en Espagne», confirme une source européenne.

Le changement de cap obtenu dimanche, après une conférence téléphonique avec Nicolas Sarkozy, Jean-Claude Trichet, José-Manuel Barroso et Herman Van Rompuy, est donc réaliste. L’instauration, après 2013, de «clauses d’action collectives» dans les futurs plans de sauvetages financiers permettra, sur le modèle du FMI, d’associer les créanciers privés à une restructuration des dettes d’un pays en faillite. Le principe d’un défaut de paiement donc d’une sanction – bien que non automatique – existera.

Angela Merkel, confirment certains experts, avait aussi besoin de cela, en plus d’une révision du Traité de Lisbonne, pour ne pas risquer les foudres de la cour constitutionnelle de Karlsruhe. Laquelle n’acceptera jamais un mécanisme qui ferait de l’Allemagne le «pompier budgétaire» de dernier ressort au sein de l’UE.