Le président iranien Hassan Rohani a estimé mardi que son homologue américain Donald Trump devait «rétablir un climat de confiance mutuelle» entre les Etats-Unis et l'Iran avant toute rencontre entre les deux dirigeants. Or «Donald Trump a mis fin à cette confiance» en retirant Washington de l'accord sur le nucléaire iranien, a dit Hassan Rohani à la chaîne américaine Fox News qui l'interrogeait sur une possible rencontre cette semaine à l'ONU. «Si le gouvernement américain veut dialoguer, il doit créer les conditions nécessaires.»

«Donald Trump a sapé la confiance entre nos deux pays donc il est très important de la rétablir», a-t-il insisté. Selon lui, «le rétablissement de la confiance passe par la fin de la pression imposée à la nation et au peuple iraniens».

Lire aussi: Iran: les sanctions en sept questions

Washington a rétabli puis sans cesse durci ses sanctions contre l'Iran depuis que Donald Trump a claqué la porte en mai 2018 de l'accord international conclu trois ans plus tôt pour empêcher Téhéran de se doter de l'arme nucléaire. La République islamique, dont l'économie est étranglée par ces mesures punitives, a commencé ces derniers mois à se désengager progressivement à son tour des restrictions imposées à son programme atomique.

Un «nouvel accord» évoqué

La fin des sanctions «changerait bien entendu les choses», a dit Hassan Rohani. «On pourrait alors envisager de parler de beaucoup de sujets d'intérêt mutuel, comme nous l'avons fait sur le nucléaire», a-t-il ajouté, ouvrant clairement la porte à un accord plus global avec la communauté internationale. «En 2015, nous avons conclu un accord, on peut conclure des accords également sur d'autres sujets.»

Washington veut un «nouvel accord» avec Téhéran qui soit plus sévère en matière nucléaire, et intègre aussi des limites au programme balistique de l'Iran et mette fin à son comportement jugé «déstabilisateur» au Moyen-Orient.

Macron plaide pour une rencontre

Le président français Emmanuel Macron, qui poursuit ses efforts de médiation entre Iran et Etats-Unis, a eu une nouvelle entrevue mardi en fin d'après-midi à New York avec son homologue iranien. Et ce, après avoir rencontré brièvement Donald Trump.

Ce second rendez-vous Macron-Rohani en 24 heures, non annoncé à l'agenda, intervient après de nouveaux échanges tendus entre les deux pays, Donald Trump ayant menacé de durcir les sanctions contre Téhéran à la tribune de l'Assemblée générale de l'ONU.

Emmanuel Macron a ainsi tenté mardi soir de convaincre le président iranien Hassan Rohani de voir cette semaine à New York Donald Trump. A la sortie, il a estimé que les conditions d'une négociation entre les Etats-Unis et l'Iran étaient réunies et qu'il appartenait désormais à ces deux pays de s'en «saisir». «Je considère que les conditions d'une reprise rapide d'une négociation ont été créées», a-t-il déclaré devant la presse à New York, ajoutant que cela pouvait passer par une «rencontre officielle» des présidents Donald Trump et Hassan Rohani ou par un processus plus «progressif».

Lire aussi: Attaques en Arabie saoudite: Paris, Berlin et Londres accusent l'Iran

Alors qu'un journaliste de Fox News évoquait l'hypothèse d'une entrevue plus ou moins fortuite dans les couloirs des Nations unies à New York, le président iranien a, lui, répondu: «Pourquoi donc? Si nous avons de grands objectifs pour nos peuples, il faut que ce soit quelque chose de prévu et préparé.»

Des négociations pour maintenir la sécurité dans le Golfe

Au G7 de Biarritz, le président français avait annoncé avoir obtenu un accord de principe du président iranien, comme de Donald Trump, pour une première rencontre entre les deux dirigeants. A la tribune de l'ONU, il a encore appelé Iran et Etats-Unis à engager des négociations afin d'éviter un «risque d'embrasement» dans la région.

La situation dans le Golfe s'est encore tendue après les frappes contre l'Arabie le 14 septembre, dont les Etats-Unis, puis la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne ont accusé l'Iran d'être responsable, ce que Téhéran dément.

«Les objectifs de ces négociations doivent être d'abord la pleine certitude que l'Iran ne se dote jamais de l'arme nucléaire, ensuite une sortie de crise au Yémen, troisièmement un plan de sécurité régionale intégrant les autres crises de la région et la sécurité des flux maritimes, enfin une levée des sanctions économiques», a proposé le président français.