«Par rapport à la situation en Belgique, ma position est douloureuse. Ma mère est Flamande et mon père Wallon; dans ma tête, c’est devenu schizofrénétique. Chez nous, la situation est vraiment flamentable. Où Wallons-nous?

Plus de 230 jours sans gouvernement… D’un côté c’est chouette, on va gagner la palme d’or du pays vivant le plus longtemps sans gouvernement. Mais être présent dans le monde par une… absence, il y a mieux.

La faute à qui? Je reconnais que nous, les Wallons, parlons bizarrement! Par exemple, si un Flamand me demande: «Tu es d’accord avec moi?», le Wallon répondra: «Non, peut-être!», ce qui signifie «Oui, bien sûr». Mais le Flamand retient «non»… et c’est la guerre! Et puis, on formule des phrases trop compliquées. Alors qu’un Suisse dirait: «Je viens te voir pour que tu m’aides», le Wallon dira: «Je vais savoir pouvoir venir te voir sais-tu… juste pour voir si tu vas savoir y pourvoir!» C’est tellement compliqué que pour éviter tout problème, on parle en anglais. Ainsi, tout le monde est frustré, et tout le monde est content! Croyez-vous qu’un pays sadomasochiste comme le nôtre peut se construire et s’épanouir?

Alors si demain, le pays s’éclate en deux morceaux, si l’Etat pète, qu’allons-nous devenir, nous les Wallons? En fait, pourquoi ne pas nous allier avec la Suisse romande? Même si avec notre compagnie aérienne, nous avons connu un compte en cieux… Mais l’amour du chocolat nous rapproche et puis, vous avez les montagnes et nous le pays à plat. Nos deux Etats ne sont-ils pas faits pour s’entendre? Et si vous lanciez une initiative, hum?»