La presse française rend hommage vendredi aux juges qui ont condamné de manière «exemplaire» Jacques Chirac dans l’affaire des emplois fictifs, voyant dans le sort judiciaire réservé à l’ancien chef de l’Etat un avertissement «pour mémoire» à toute la classe politique.

Libération (gauche) résume le sentiment général: «Rien n’empêche d’avoir une pensée, pourquoi pas émue compte tenu de son âge et de son état de santé, pour l’homme Jacques Chirac, et de saluer la décision de justice rendue hier à l’encontre de l’ancien président.»

Pour La Croix (catholique), «le message judiciaire est donc clair: la transparence a fait des progrès, la tolérance n’est plus de mise» et «même un ancien président de la République est appelé à rendre des comptes».

De fait, en infligeant à l’ancien président deux ans de prison avec sursis, les juges ont prononcé une peine «très symbolique» et «historique», insiste La République des Pyrénées (régional). Car «Jacques Chirac peut revendiquer désormais un privilège dont il se serait bien passé: être le premier président de la République française condamné par la justice», rappelle Le Journal de la Haute-Marne (régional). Certes, «Chirac a été puissant, mais il a été jugé hier comme n’importe quel misérable. C’est à l’honneur de la justice, qui sort grandie de cet interminable procès», estime Sud-Ouest (régional).

Ce que reprend d’une formule lapidaire Ouest-France: «Prévenu extraordinaire, justice ordinaire.»

L’Est républicain (régional) comprend à travers ce jugement que «les juges n’acceptent plus que leur indépendance soit mise en doute». «Le président de la 11e Chambre du Tribunal correctionnel de Paris, Dominique Pauthe, a refusé de se plier aux accommodements d’une justice fictive dictée par le parquet», qui avait requis la relaxe de Jacques Chirac, ajoute La République du Centre (régional).

«Si la condamnation de l’ancien chef de l’Etat intervient à contre-courant de l’actualité, elle n’en est pas moins la suite logique d’un assainissement mené cahin-caha, scandale après scandale. Et qui n’est sans doute pas fini», prévient L’Alsace (régional), qui parle d’«assainissement».

Enfin, il est à remarquer que Le Figaro (droite) annonce, sans la commenter, la condamnation de l’ancien président gaulliste, pour constater qu’elle a été accueillie avec «tristesse et stupéfaction à droite, retenue à gauche». Le journal publie aussi le jugement qui condamne Jacques Chirac.