Fin 1981, une jeune fille est retrouvée morte à Oklahoma City. Curtis Edward McCarty connaissait la victime; il sera accusé du meutre et condamné à mort. De passage à Genève dans le cadre du 4è congrès mondial contre la peine de mort, il raconte.

«J’ai été entendu en 1982 parmi 42 autres hommes ayant côtoyé la victime. J’étais jeune, drogué et je menais une vie amorale. Une analyse de cheveux m’a disculpé mais une rumeur s’est répandue au cours des années suivantes. Moi je continuais avec ma mauvaise vie; on m’a arrêté en 1985 et les résultats des premières analyses ont été falsifiés. J’ai été accusé du meurtre et condamné à mort en 1986. Cela a été un choc terrible, j’ai pensé à ma famille, à la victime, à ses proches.

Je croyais vivre dans un Etat de droit, aussi j’ai gardé espoir les premiers temps. J’étais sûr que quelqu’un prouverait la vérité et me sortirait de là. Cela dit, j’étais jeune, pas éduqué, il m’était difficile de comprendre toutes les issues. J’ai été rejugé et condamné trois fois à être exécuté. J’ai vu mes voisins et amis se faire tuer. La chose la plus cruelle que m’ait fait le gouvernement est sans doute de m’avoir tellement endurci; on est obligé de se défendre face à la brutalité et à la violence qui sévissent en prison.

En 2002, un test ADN a prouvé que le sperme retrouvé sur la victime n’était pas le mien. L’organisation «Innocence projet» s’est alors occupé de mon cas. De nouvelles analyses ont été faites. J’ai été innoncenté et libéré en mai 2007.»