Imad Lahoud L’informaticien, affublé des pseudonymes de «typhôse», «Mahdi» ou «Matrix», est «l’auteur matériel» des faux listings. Il n’a qu’un «rôle secondaire dans le processus de dénonciation», mais était animé d’une «intention manifeste de nuire». Les juges voient en lui un «menteur insatiable» et un «comploteur infatigable», doublé d’un «redoutable escroc aux renseignements». Il se voit infliger une peine de 3 ans de prison, dont 18 mois ferme, et 40 000 euros d’amende. Florian Bourges Ce comptable à la bouille juvénile est la source par qui le malheur arrive. Entre 2001 et 2003, employé par Arthur Andersen pour travailler sur Clear­stream, il remet au journaliste Denis Robert les données concernant 33 430 comptes clients, qui devaient rester stockées dans une chambre de centralisation des données (data centralisation room). Il dit avoir agi par idéalisme, mais le tribunal l’accuse de «mauvaise foi». Il est condamné à 4 mois de prison avec sursis. Denis Robert Journaliste et au­teur de «romanquêtes» plus ou moins imaginatifs, cet ennemi acharné de Clearstream a donné les listings détournés par Florian Bourges à Imad Lahoud. Il le voyait comme un trader de génie, et voulait tourner un documentaire sur lui. Le tribunal ne retient aucune charge contre lui: «Les faits poursuivis s’inscrivent depuis leur origine dans les activités journalistiques de Denis Robert», et toute condamnation serait contraire au droit européen, note le jugement. Dominique de Villepin Dans l’esprit des juges, l’ancien premier ministre est avant tout une victime de la manipulation ourdie par Jean-Louis Gergorin. Son grand tort reste de s’être montré «particulièrement réceptif et intéressé» par les informations, pourtant sommaires et truffées de fautes, que ce dernier lui a remises en janvier 2004. Jean-Louis Gergorin a su «l’instrumentaliser» grâce à son pouvoir de persuasion. Acquitté, Dominique de Villepin a salué jeudi le «courage» du tribunal. Jean-Louis Gergorin Cette «personnalité particulièrement nuisible et inquiétante», selon le jugement, écope de trois ans d’emprisonnement, dont 15 mois ferme, et 40 000 euros (environ 60 000 francs) d’amende. La justice lui reproche d’avoir manipulé Dominique de Villepin et le juge Renaud Van Ruymbeke pour mener sa cabale personnelle contre ses rivaux au sein du groupe aéronautique EADS. Selon le verdict, il a ajouté des noms dans les listings pour appâter ses proies. Il devrait faire appel du jugement.