Le «mythe» vaut bien une conférence. Une réunion sur la «réalité» de l'extermination des juifs durant la Seconde Guerre mondiale, notamment sur l'utilisation de chambres à gaz dans les camps de concentration nazis, s'est ouverte, lundi, à Téhéran. Intitulée «Etude de l'Holocauste: une vision mondiale», la conférence se tient à l'Institut d'études politiques et internationales, qui dépend du Ministère des affaires étrangères.

Durant deux jours, des «universitaires» et «chercheurs» européens, tel l'ex-universitaire et révisionniste français Robert Faurisson, condamné à de multiples reprises par la justice française pour sa négation de la réalité de l'Holocauste. Mais aussi des rabbins anti-sionistes ou encore l'ancien représentant républicain de Louisiane David Duke, dirigeant du Ku Klux Klan, vont «débattre» sur le sujet. Ils sont notamment invités à se pencher sur le thème suivant: «Holocauste: suites et exploitation».

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad en est à la fois le concepteur et le promoteur. Depuis son arrivée au pouvoir, en août 2005, il a parlé à plusieurs reprises de l'Holocauste comme d'un «mythe», utilisé, selon lui, par l'Etat d'Israël au Proche-Orient, qu'il qualifie par ailleurs de «tumeur» et qu'il souhaite ouvertement «rayer de la carte». Malgré les pressions de la communauté internationale, Téhéran cherche à se doter de l'arme nucléaire.

Dans son discours d'ouverture, le ministre des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, a affirmé: «Le but de cette conférence n'est pas de nier ou de confirmer la réalité de l'Holocauste. L'objectif principal, c'est de donner l'occasion de s'exprimer à des penseurs qui ne peuvent pas le faire librement en Europe.»

«Nauséabonde»

Cette conférence a provoqué de nombreuses protestations internationales. Le premier ministre israélien Ehoud Olmert l'a qualifiée de «nauséabonde». Paris a exprimé son «inquiétude», alors que Berlin a condamné «toute tentative de ceux qui cherchent à donner un forum à ceux qui relativisent et remettent en cause l'Holocauste». Washington a parlé de «geste honteux». La communauté juive d'Iran (25000 personnes) a aussi critiqué la conférence.