Paris-Berlin, saison 2

Et si la vraie leçon de la marche du 11 janvier était européenne? A l’Elysée jeudi, François Hollande a en tout cas fait preuve d’un volontarisme nouveau et d’une confiance réitérée dans l’axe franco-allemand, en plus de son habituel plaidoyer pour une politique d’investissement et de croissance qui était jusque-là son principal souci communautaire. «Je ne fais pas une Europe de gauche. Je fais l’Europe. Je la fais avancer.»

La Grèce et le climat

En plus de l’initiative surprise sur l’Ukraine avec Angela Merkel, annoncée au début de son intervention, le président français se voit en chef de file sur deux dossiers: celui de la Grèce, et celui de la politique énergétique et climatique, au cœur de la conférence COP21 qui se tiendra à Paris du 30 novembre au 11 décembre.

Sur la Grèce, le ton est, après sa rencontre mercredi avec le nouveau premier ministre, Alexis Tsipras, celui de la compréhension sans trop de concessions. Certes, «rien ne serait pire que d’humilier les Grecs. L’Europe, ce n’est pas les riches contre les pauvres. C’est l’Europe.» Mais pas un mot pour lancer la suspension, par la Banque centrale européenne (BCE), de son régime de faveur accordé aux banques helléniques. «Cette décision doit conduire Grecs et Européens à se mettre autour de la table. […] Si la Grèce prenait des actes contraires aux règles de la zone euro, la question du soutien de la France serait posée», a nuancé François Hollande, conseillant à Alexis Tsipras, sur un ton familier, «d’aller vite voir la chancelière qui le recevra»…

Sur le climat, le président lancera fin février un «appel» lors de son voyage aux Philippines: «Si la France et l’Europe ne montrent pas l’exemple, nous ne pourrons pas convaincre la Chine et les Etats-Unis», a-t-il poursuivi, en affirmant vouloir prendre «ce qu’il y a de meilleur dans chacun des pays de l’UE». Avec, au passage, une pique pour les Verts français, qui ont quitté le gouvernement en avril: «Ils n’ont pas le monopole de l’écologie. Mais ils sont les bienvenus pour participer à cette politique.»