L'essentiel

La crise sanitaire met le personnel soignant sous pression. Les médecins travaillent souvent jusqu'à l'épuisement dans les hôpitaux suisses, selon la presse dominicale. Un rapport de l'association suisse des médecins-assistants et chefs de clinique (ASMAC) montre que 62% des médecins travaillent plus que ce qui légalement autorisé.

Dans plusieurs villes alémaniques, des centaines de personnes ont manifesté samedi contre les restrictions imposées en raison du coronavirus. «Je pense que cela exprime l'angoisse que toute l'économie se retrouve par terre», avance le médecin et éthicien Bertrand Kiefer. Ce mouvement de ras-le-bol s'observe dans plusieurs pays, notamment en Australie où dix arrestations ont eu lieu dimanche suite à un rassemblement. 

La Chine a relevé le niveau de risque épidémiologique dans un quartier de Wuhan, berceau de la pandémie, après la découverte d'un cas de Covid-19.

Retrouvezles nouvelles de vendredi et celles de samedi.


■ Le confinement prolongé en Grande-Bretagne

Boris Johnson a annoncé ce dimanche soir les décisions de son gouvernement.

Bien que nous ayons fait des progrès pour satisfaire au moins certaines des conditions que j'ai fixées, nous ne les avons pas toutes remplies. Ce n'est donc pas le moment, cette semaine, de mettre fin au confinement

a déclaré le premier ministre anglais.

Les principales mesures:

  • Le confinement est prolongé jusqu'au 1er juin.
  • Magasins et écoles primaires, en particulier, devraient rouvrir «au plus tôt début juin».
  • Certains lieux publics seront autorisés à ouvrir début juillet.
  • Une période de quarantaine sera mise en place prochainement pour les voyageurs arrivant au Royaume-Uni.

■ Baisse du nombre des décès en Italie, Grande-Bretagne et France

Trois des pays européens les plus touchés par la pandémie de coronavirus, ont vu leur nombre de décès quotidiens baisser dimanche, selon les bilans officiels que compile l'AFP.

Grande-Bretagne. Dans ce pays, le plus touché d'Europe, le ministère de la Santé publique a annoncé 269 décès supplémentaires ces dernières 24 heures, soit le bilan le plus faible depuis fin mars. Samedi, 346 défunts s'étaient ajoutés au bilan meurtrier du Covid-19.

Italie. Le deuxième pays le plus touché à déclaré un bilan des décès de 165 personnes. Samedi, il avait augmenté de 194 morts. 

France. Dans l'Hexagone, l'épidémie a causé la mort de 70 personnes en 24 heures. Il s'agit du plus faible bilan quotidien depuis le début du confinement le 17 mars, a indiqué la direction générale de la Santé.


■ La Grèce prolonge le confinement des camps de migrants

La Grèce annonce qu'elle prolonge jusqu'au 21 mai le confinement imposé depuis mars aux camps de migrants, qui devait initialement être levé lundi. «Les mesures de confinement pour les personnes vivant dans les camps de migrants et les centres d'accueil en Grèce sont prolongées jusqu'au 21 mai», déclare le ministère de l'Immigration et de l'asile dans un communiqué.

Le ministère n'explique pas pourquoi cette décision a été prise, six jours après le début de l'assouplissement des mesures de restriction imposées dans le pays pour endiguer la pandémie de coronavirus. Dans l'ensemble de la Grèce, 2710 cas de coronavirus ont été enregistrés et 151 décès. Jusqu'à présent, aucun cas de contamination n'a été enregistré dans les camps des îles de la mer Égée, selon les autorités.


■ Des premiers signaux inquiétants en Allemagne

L'Allemagne enregistre de premiers signaux inquiétants, quelques jours après avoir décrété le début du retour à la normale face au coronavirus. L'Institut national de virologie Robert Koch a fait état dimanche d'une hausse du taux d'infection.

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Ce taux est repassé autour de la zone considérée comme potentiellement dangereuse, de 1 à 1,1. Ce taux dit de «reproduction» mesure la moyenne de gens qu'une personne atteinte du Covid-19 va à son tour contaminer. Un chiffre inférieur à 1 suggère que le nombre d'infections dans le pays tend à la baisse, alors qu'un niveau supérieur suggère une tendance à la hausse.

Ce chiffre est passé de 0,7 à plus de 1 en quelques jours seulement. L'institut a prévenu qu'il était encore trop tôt pour tirer des conclusions, mais il a indiqué dans un rapport que les chiffres d'infections allaient «devoir être surveillés de très près dans les prochains jours».


■ Nettoyage des trains et des gares: les CFF montent en puissance

Dans l’optique de la reprise à la quasi-normale de l'horaire lundi, les CFF montent en puissance dans le nettoyage des trains et des gares. Des bouteilles avec de la lotion hydroalcoolique seront disposées aux entrées des grandes gares. Dans celles-ci, les clients pourront en outre utiliser les toilettes gratuitement.

Les équipes de nettoyage sont fortement mobilisées pour renforcer la désinfection des surfaces de contact, a indiqué dimanche Frédéric Revaz, porte-parole des CFF. En gare, cela concerne les accoudoirs, les mains courantes et les automates, notamment. Elles seront nettoyées six fois par jour au lieu de trois auparavant.

Le nettoyage des trains est aussi renforcé. Les surfaces de contact (poignées, boutons, mains courantes, WC, etc.) y seront nettoyées jusqu'à six fois par jour. Les «à fond» seront réalisés durant la nuit, avec, en plus du nettoyage des surfaces de contact, la désinfection des sols et des fenêtres. Enfin, le nettoyage le plus intensif aura lieu une fois par semaine, avec la désinfection de l'intérieur et de l’extérieur du train. Rien que pour les trains, ce ne sont pas moins de 1000 employés qui seront en action dans toute la Suisse. Le nettoyage des trains en cours de route est également intensifié, avec désormais 25 lignes de trains qui bénéficieront d’un nettoyage en cours d’exploitation.


■ En Suisse, des médecins épuisés par la crise

Les médecins travaillent souvent jusqu'à l'épuisement dans les hôpitaux suisses, selon le SonntagsBlick, qui se réfère à un rapport de l'association suisse des médecins-assistants et chefs de clinique (ASMAC).

L'enquête réalisée par l'ASMAC entre janvier et mars auprès de 3000 de ses membres dans tout le pays montre que 62% des médecins travaillent plus que ce qui légalement autorisé. Une personne interrogée sur deux déclare ne pas respecter la durée maximale de travail de 50 heures par semaine prévue par le droit du travail. Extrapolé à un emploi à temps plein, la charge de travail hebdomadaire est de 56 heures en moyenne.


■ Manifestations d'opposants aux restrictions: «Le danger, c'est la dislocation de la société»

Dans plusieurs villes en Suisse alémanique, des centaines de personnes ont manifesté samedi contre les restrictions imposées en raison du coronavirus. «Je pense que cela exprime l'angoisse que toute l'économie se retrouve par terre, estime le médecin et éthicien Bertrand Kiefer. Mais il faut rappeler sans cesse que dans les pays où rien n'a été entrepris, l'économie est également durement touchée, et sans doute encore davantage. Et ce ne sont pas les mesures que l'on a prises pour se protéger du virus qui sont en cause, mais la pandémie elle-même.»

Pour le spécialiste, il est difficile de savoir si ces gens sont de simples protestaires, parce qu'ils trouvent que les mesures sont allées trop loin. «Ou sont-ils des libertaires à l'américaine? Ou des complotistes qui pensent qu'on leur ment?» se demande-t-il. «En Suisse, la population a accepté de suivre les mesures pour se protéger de l'épidémie plus ou moins librement. On est loin du flicage à la française en tous les cas. La liberté, c'est quelque chose de très délicat, mais qui ne peut exister que dans un respect démocratique. Je ne dis pas que ces manifestants ne le font pas. Je dis que le danger, c'est la dislocation de la société.»


■ Un premier cas de Covid-19 détecté à Wuhan depuis plus d'un mois

La Chine a relevé dimanche le niveau de risque épidémiologique dans un quartier de Wuhan, après la découverte d'un cas de Covid-19, le premier depuis plus d'un mois dans la ville berceau de la pandémie.

Un nouveau cas de Covid-19 a été enregistré dans cette grande métropole du centre du pays particulièrement meurtrie par le virus et placée pendant plus de deux mois en quarantaine, a annoncé dimanche la Commission nationale de la Santé. Il s'agit du premier nouveau cas recensé depuis le 3 avril.


■ La propagation du virus entraîne des coûts «énormes» pour la Suisse

Le coronavirus coûte à l'économie suisse jusqu'à 16 milliards de francs par mois, a déclaré le chef de la Banque nationale suisse (BNS), dans un entretien publié par Le Matin Dimanche et SonntagsZeitung. «Il faut remonter à la crise pétrolière des années 1970 pour retrouver un tel effondrement de la croissance», a souligné Thomas Jordan. Il a constaté que l'économie suisse ne fonctionnait actuellement qu'à 70-80% de son niveau normal.

L'impact des mesures mises en place pour stopper la propagation du virus entraîne des coûts «énormes», a ajouté le directeur de la BNS, «de l'ordre de 11 à 17 milliards de francs suisses (10,4 à 16,1 milliards d'euros; 11,3 à 17,5 milliards de dollars) chaque mois».

Thomas Jordan a averti que la dette publique allait gonfler, tout comme les coûts liés à l'assurance chômage et aux subventions accordées aux entreprises pour les maintenir à flot, poussant la Suisse vers un déficit important cette année. Les hebdomadaires Le Matin Dimanche et SonntagsZeitung ont calculé dimanche que la Suisse devrait débourser au total quelque 100 milliards de francs suisses pour atténuer les effets de la crise sanitaire.


■ Pour Obama, la gestion du virus par Trump est «un désastre chaotique absolu»

L'ancien président des Etats-Unis a estimé que la gestion de la pandémie due au nouveau coronavirus par son successeur Donald Trump était un «désastre chaotique absolu», ont rapporté samedi des médias américains. Cette critique cinglante, la plus explicite à ce jour de sa part, l'ancien président démocrate l'a faite vendredi soir lors d'une conversation téléphonique d'une demi-heure avec d'anciens collaborateurs de son gouvernement, dont Yahoo News s'est procuré un enregistrement.

Barack Obama y invoque notamment la réponse à la crise sanitaire pour justifier la nécessité de choisir de bons dirigeants et appeler ses ex-conseillers à s'investir dans la campagne de Joe Biden, son ancien vice-président et candidat démocrate à la présidentielle de novembre face à Donald Trump. «L'élection qui arrive, à tous les niveaux, est tellement importante car nous n'affronterons pas seulement un individu ou un parti politique», a-t-il dit, selon ses propos rapportés par plusieurs médias. Il estime que le véritable adversaire, ce sont des «tendances de long-terme» comme «être tribal, être divisés, voir les autres comme des ennemis», qui risquent de caractériser «la vie américaine».


■ La Suisse enregistre 54 nouveaux cas en 24 heures

54 nouveaux cas de coronavirus ont été enregistrés en 24 heures, a annoncé dimanche l'Office fédéral de la santé publique (OFSP). Au total, la Suisse compte 30 305 cas confirmés en laboratoire. L’incidence se monte à 353 cas pour 100 000 habitants, précise l'OFSP, qui rappelle que le nombre de cas est soumis à des fluctuations hebdomadaires, avec des chiffres plus faibles le week-end.

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Samedi, le nombre de nouveaux cas annoncés était 44, contre 81 vendredi, 66 jeudi, 51 mercredi et 28 mardi.  Par rapport à la taille de leur population, les cantons de Genève, Tessin, Vaud, Bâle-Ville et du Valais restent les plus touchés.

A l’heure actuelle, 1538 personnes sont décédées en lien avec un COVID-19 confirmé, soit six de plus que vendredi. L’âge des patients hospitalisés va de 0 à 102 ans, avec un âge médian de 72 ans. 60% d’entre eux sont des hommes et 40% des femmes.


■ Un nouveau système d'alerte au Royaume-Uni

Un système d'alerte sur l'évolution de la pandémie de nouveau coronavirus va être mis en place au Royaume-Uni, a annoncé le ministre des Communautés dimanche, quelques heures avant un discours du premier ministre Boris Johnson sur un déconfinement qui s'annonce limité. Tandis que les autorités ont répété depuis des semaines aux Britanniques de «rester chez eux», le message va désormais être de «rester vigilant», alors que le pays déplore plus de 31 000 morts liés à la pandémie.

«Pour le moment, nous pensons que le pays se trouve à quatre sur une échelle de cinq, cinq étant le niveau le plus préoccupant et nous voulons le ramener aussi rapidement que possible à trois», a décrit le ministre Robert Jenrick. Un centre de biosécurité compilera les données et surveillera les progrès contre le virus ce qui déterminera la réponse du gouvernement. Des mesures spécifiques pourront être mises en places dans certaines parties du pays, selon l'évolution de la pandémie.


■ Dix arrestations lors d'un rassemblement contre les restrictions en Australie

Dix personnes ont été arrêtées, et un policier a été blessé dimanche lors d'une manifestation à Melbourne contre les restrictions ordonnées pour lutter contre le Covid-19, certains protestataires présentant le coronavirus comme un complot du gouvernement pour contrôler la population. «Trois des personnes arrêtées ont aussi été inculpées de l'agression d'un policier», a précisé une porte-parole de la police du Victoria.

Environ 150 personnes se sont rassemblées près du Parlement de Victoria, un Etat australien qui a retardé la levée des restrictions en raison d'une flambée de nouveaux cas dans un abattoir de Melbourne. «Battez-vous pour vos droits et vos libertés», affirmait une pancarte, tandis que certains hurlaient leur colère contre le fondateur de Microsoft, en scandant: «Arrêtez Bill Gates!»

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Un manifestant a confié sa colère contre le fait que le gouvernement présente le Covid-19 comme une pandémie, en y voyant une tentative de l'exécutif pour contrôler davantage la population. L'Australie a recensé environ 7000 cas de contamination au nouveau coronavirus, qui a tué moins de 100 personnes. Le pays a été salué pour l'efficacité des mesures prises pour combattre l'épidémie.


■ Séoul ordonne la fermeture des bars et discothèques

La municipalité de Séoul a ordonné la fermeture des bars et discothèques de la capitale en raison de l'apparition d'un nouveau foyer de contamination, qui fait craindre une résurgence de l'épidémie de coronavirus, jusqu'alors jugulée.

Le président sud-coréen Moon Jae-in a exhorté la population à la plus grande vigilance, alors que le pays, qui était un des plus importants foyers de contamination au monde en février, avait suscité l'admiration des capitales étrangères pour ses résultats dans le combat contre le Covid-19.

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Plus d'une cinquantaine de nouveaux cas de contamination ont été rattachés à un homme de 29 ans testé positif après avoir fréquenté cinq clubs et bars le week-end précédent à Itaewon, l'un des quartiers branchés de Séoul. Les autorités sanitaires redoutent une flambée de nouvelles contaminations. Car on estime à 7200 le nombre de personnes ayant également fréquenté les cinq établissements en question. «La négligence peut entraîner une explosion des infections», a déclaré le maire de Séoul, Park Won-soon, précisant que la fermeture serait maintenue jusqu'à nouvel ordre. 


■ Une ouverture des piscines espérée dès la mi-juin

Ce deuxième week-end de mai coïncide habituellement avec l'ouverture au public des piscines en plein air. En raison du coronavirus, elles resteront pourtant fermées, au moins jusqu'au 8 juin. On se dirige plutôt vers des ouvertures entre mi-juin et début juillet. «C'est encore un peu le flou. On attend donc un feu vert clair et des directives plus précises du Conseil fédéral», indique Christian Barascud, président de l'Association des piscines romandes et tessinoises (APRT) et responsable des piscines lausannoises. «Pour l'instant, les communes ne sont pas dans la logique d'ouvrir vite mais elles ont la volonté de tout faire pour ouvrir».

Il trouve par exemple que la commune de Tramelan (BE) est allée «trop vite» dans sa décision, annoncée jeudi, de laisser sa piscine fermée pour cette année, en raison de l'incertitude liée au Covid-19 et aux prescriptions imposées pour toute ouverture. Christian Barascud dit ne pas avoir pour l'instant eu vent d'autres décisions de ce type en Suisse romande et au Tessin. «On va clairement dans le sens d'ouvrir les piscines, mais ce sera très différent des années passées. Il y aura plus de contraintes».


■ Elon Musk menace de quitter la Californie à cause du confinement

Le patron de Tesla a menacé samedi de quitter la Californie, parce que les autorités locales l'empêchent de reprendre la production immédiatement, pour cause de pandémie. L'Etat abrite le seul site de production de voitures électriques du groupe aux Etats-Unis.

«Franchement, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Tesla va immédiatement déplacer son siège et ses futurs projets au Texas/Nevada. Et si l'on devait garder une activité manufacturière à Fremont, cela dépendra de la façon dont nous sommes traités», a lancé Elon Musk dans une de ces longues diatribes dont il a le secret sur Twitter, qui ne sont pas toujours suivies d'effets. Il a fait valoir l'expérience de Tesla en Chine, où son site de fabrication a rouvert après que l'épidémie de Covid-19 a été maîtrisée.