La crise en Côte d’Ivoire est toujours dans l’impasse, a déclaré mardi le président nigérian et dirigeant ouest-africain Goodluck Jonathan au lendemain d’une visite à Abidjan de quatre médiateurs qui ont tenté d’y trouver une issue pacifique. «Il y a toujours une impasse», a déclaré à des journalistes M. Jonathan, président en exercice de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest, Cédéao.

Le Premier ministre kényan Raila Odinga, l’un des médiateurs africains dans la crise en Côte d’Ivoire, avait peu auparavant assuré que les deux présidents proclamés, Laurent Ggagbo et Alassane Ouattara, avaient accepté de se rencontrer, mais l’information a été immédiatement démentie par le camp Ouattara.

«Nous avons rompu la glace. Nous avons entamé les discussions. Ils (MM. Gbagbo et Ouattara) ont accepté de se rencontrer face à face mais à certaines conditions», a déclaré à l’AFP M. Odinga, médiateur pour l’Union africaine (UA).

Cependant, le camp d’Alassane Ouattara, reconnu président légitime de la Côte d’Ivoire par l’essentiel de la communauté internationale, a fermement démenti qu’une rencontre soit prévue avec M. Gbagbo

«C’est totalement faux. Cette proposition a été faite par Odinga et nous l’avons totalement rejetée», a déclaré à l’AFP Ali Coulibaly, conseiller diplomatique de M. Ouattara. «Nous ne sommes pas contents» de cette déclaration et «nous la démentons totalement», a insisté M. Coulibaly.

Le président Jonathan s’exprimait après avoir quitté temporairement une réunion avec les émissaires africains venus lui rendre compte de leur mission à Abidjan. Il a ajouté qu’il devait quitter temporairement la réunion sur la Côte d’Ivoire mais que celle-ci se poursuivait.

«L’équipe poursuit la rencontre. Je reviendrai les rejoindre. Nous allons continuer les discussions mais la position de la CEDEAO est toujours celle énoncée dans le communiqué publié après notre rencontre» du 24 décembre, a-t-il dit.

Le groupe de quinze pays insiste pour que M. Gbagbo cède le pouvoir à son rival et a agité la menace d’une intervention militaire s’il refusait. «Nous dialoguons», a aussi dit le président nigérian, ajoutant que «tout ce qui touche à une crise nationale prend du temps».

«Ne vous attendez pas que, s’il se produit une crise majeure dans un pays, il suffit que vous vous y impliquiez une semaine pour que l’affaire soit résolue. Il faut beaucoup de pression internationale pour convaincre des gens comme ça», a également déclaré M. Jonathan