Souvent masqués, parfois gantés, les élus de la Chambre des représentants ont adopté, jeudi, un nouveau plan d'aide à l'économie américaine avec une enveloppe de 483 milliards de dollars (448,5 milliards d'euros) pour faire face à la pandémie qui a déjà fait près de 50 000 morts et 26 millions de chômeurs aux Etats-Unis.  

Déjà approuvé par le Sénat, ce plan d'aide devrait être promulgué par Donald Trump, «probablement ce soir», a-t-il déclaré lors de sa conférence de presse quotidienne. Il comprend 320 milliards de dollars (297,1 milliards d'euros) qui seront déboursés sous forme de prêts aux petites et moyennes entreprises (PME) terrassées par la crise du Covid-19. Objectif: leur permettre de maintenir leurs employés en poste.

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Un premier volet d'aide avait été critiqué car de grandes entreprises avaient pu en bénéficier. Cette fois, des mesures sont prévues pour réellement permettre aux plus petites entreprises, qui n'ont pas toujours des relations étroites avec les banques, d'en profiter.

Plus de 26 millions de nouveaux chômeurs

Les mesures incluent également 60 milliards (55,7 milliards d'euros) de prêts destinés à d'autres secteurs sinistrés, notamment dans l'agriculture, 75 milliards (69,6 milliards d'euros) d'aides aux hôpitaux et 25 milliards (23,2 milliards) pour renforcer le dépistage du coronavirus, un facteur jugé clé pour pouvoir relancer l'activité.

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Le président américain, qui briguera en novembre un second mandat à la Maison-Blanche, avait fait de la bonne santé de l'économie américaine un de ses principaux arguments de campagne. Or, depuis le mois de mars, ce n'est plus la croissance américaine qui croît, mais le nombre de chômeurs, qui augmente à des niveaux record. En cinq semaines, plus de 26 millions de personnes ont perdu leur emploi ou vu leur activité réduite à néant, selon les chiffres publiés jeudi par le département du Travail. La semaine passée, 4,42 millions de personnes ont demandé une allocation chômage pour la première fois.

Les Américains divisés face au confinement

Donald Trump a hâte de relancer l'économie des Etats-Unis, laissant désormais les gouverneurs des 50 Etats à la manoeuvre. Mais ceux-ci avancent divisés. Certains n'ont pas attendu pour permettre aux commerces de lever à nouveau leur rideau, alors que les manifestations se sont multipliées dans le pays pour exiger de pouvoir recommencer à mener une vie normale, en dépit des mises en garde des scientifiques.

En Géorgie, petit Etat du sud-est, les coiffeurs, salons de beauté et de tatouages, mais aussi les bowlings, entre autres, pourront rouvrir dès vendredi. Lundi prochain, ce sera au tour des cinémas et restaurants, moyennant des règles strictes de distanciation sociale et de nettoyage.

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Quant aux habitants de la Floride, ils peuvent de nouveau profiter de certaines plages depuis dimanche, et certaines activités ont prudemment redémarré depuis lundi au Texas et dans le Vermont. «Je suis mécontent de Brian Kemp», le gouverneur de Géorgie, a réagi Donald Trump.

Face à ces élus pressés d'en finir avec le confinement, le gouverneur démocrate de New York, épicentre de la pandémie aux Etats-Unis, a lui appelé à la prudence. «Je comprends la pression» que peuvent ressentir les gouverneurs pour assouplir les règles, a déclaré Andrew Cuomo, rejetant catégoriquement l'argument voulant que la paralysie de l'économie et le confinement soient pires que le risque de voir l'épidémie se propager.