L'essentiel

La Suisse compte mercredi 2727 cas supplémentaires de coronavirus en 24 heures, selon les chiffres de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP), soit une légère hausse par rapport aux chiffres de mardi (2260 nouveaux cas). 70 décès supplémentaires sont à déplorer et 137 malades ont été hospitalisés.

Le rapport des experts analysant la réaction mondiale face au virus a été publié, et il est sévère. «L’inégalité de l’accès au vaccin constitue l’un des exemples les plus criants des inégalités actuelles dans le monde», a dit l’ancienne présidente du Liberia Ellen Johson Sirleaf.

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■ 15 nouvelles régions et pays impliquant la quarantaine

La quarantaine sera obligatoire dès le 1er février pour les voyageurs provenant de 15 régions et pays supplémentaires. Dans les Etats voisins, il s'agit en France de la région Provence-Alpes-Côtes d'Azur, de l'Emilie-Romagne et du Frioul-Vénétie Julienne en Italie, de Thuringe en Allemagne et de Salzbourg en Autriche.


■ Le variant apparu en Grande-Bretagne était en Suisse en octobre déjà

La mutation B1.1.7 du coronavirus est apparue en Suisse pour la première fois en octobre déjà, dans le canton de Vaud. Mercredi, les nouvelles variantes du virus étaient responsables de 479 infections en Suisse et au Liechtenstein, selon l'Office fédéral de la santé publique (OFSP).

L'Office confirme que  la variante britannique B1.1.7 a été détectée dans un échantillon du 26 octobre provenant du canton de Vaud, annoncé le 5 janvier. Jusqu'ici, se basant sur des analyses d'eaux usées, les autorités supposaient que cette variante avait fait sa première apparition début décembre.

Pour l'heure, 281 personnes ont contracté le variant britannique B1.1.7, a indiqué l'OFSP. Le variant sud-africain B1.351 a été dénombré 12 fois. A cela s'ajoutent 186 infections au coronavirus d'une variante inconnue.

Le canton de Berne compte le plus de cas (109) de la nouvelle variante. Cinq cas de cette nouvelle souche ont été détectés parmi la population jurassienne. Trois des cinq personnes infectées ont très probablement été contaminées en station de ski, ont annoncé mercredi les autorités jurassiennes. Les mutations circulent dans 18 cantons.


■ Le point presse du Conseil fédéral

Le gouvernement, en l'occurrence le président de la Confédération (et ministre de l'Economie) Guy Parmelin a tenu ce mercredi après-midi un point de presse.

Pourquoi être déjà vaccinés? Le collège a été interpellé par un journaliste sur le fait que des membres du Conseil fédéral ont été vaccinés alors qu'ils ne remplissent pas les critères (personnes vulnérables, plus de 75 ans). Le porte-parole et vice-chancelier André Simonazzi répond qu'il s'agit «d'assurer à la population que ces vaccins sont sûrs, donner un sentiment de confiance». Il ajoute que c'est une garantie de fonctionnement pour «l'autorité chargée de cette crise».

Extension des aides économiques. Le Conseil fédéral a mis en œuvre mercredi les décisions prises en décembre par le Parlement dans le cadre de la loi Covid-19, résume l'ATS, décisions qu'a présenté Guy Parmelin.

  • Le délai d’attente d'un jour avant de toucher les subsides de l'assurance-chômage s'appliquait depuis le 1er septembre. Il est supprimé avec effet rétroactif à partir de cette date et jusqu'au 31 mars. L'objectif est de réduire les obstacles administratifs pour les entreprises et d’améliorer leurs liquidités. Les employeurs n’auront rien à entreprendre. L’assurance-chômage modifiera elle-même les décomptes et versera le solde correspondant aux jours d’attente supprimés.
  • La limite de quatre périodes de décompte pour la perception de l’indemnité en cas de chômage partiel, lorsque la perte de travail dépasse 85%, est supprimée rétroactivement du 1er mars 2020 au 1er mars 2021. Pour éviter que les entreprises ne soient désavantagées à la fin de la mesure, les périodes de décompte ne seront pas prises en compte jusqu’à la fin de l’année 2023.
  • Les personnes employées à durée déterminée bénéficieront elles aussi du droit à l'indemnité en cas de réduction de l'horaire de travail.
  • Pour garantir leur formation, les apprentis recevront quant à eux une indemnité sous forme de soutien financier subsidiaire.
  • Les entreprises qui continuent à former des apprentis pourront aussi demander une aide dès la période de décompte de janvier 2021 et ce jusqu'au 30 juin.
  • Les employés ayant un revenu modeste auront droit à une indemnité de chômage partiel plus élevée entre le 1er décembre 2020 et le 31 mars 2021. L'indemnisation sera totale pour les travailleurs qui, en équivalent plein temps, ont un revenu de 3470 francs au maximum. De 3470 à 4340 francs, l'indemnisation est de 3470 francs, soit entre 80% et 100% du revenu total.

Le communiqué et le lien vers l'ordonnance


■ 2727 nouveaux cas en Suisse depuis mardi

La Suisse compte mercredi 2727 cas supplémentaires de coronavirus en 24 heures, selon les chiffres de l'OFSP. Septante décès supplémentaires sont à déplorer et 137 malades ont été hospitalisés.

Durant les dernières 24 heures, les résultats de 32 716 tests ont été transmis, indique l'OFSP. Le taux de positivité s'élève à 8,34%. Sur les quatorze derniers jours, le nombre total d'infections est de 32 339. Sur les deux dernières semaines, le pays compte ainsi 374,09 nouvelles infections pour 100'000 habitants. Le taux de reproduction, qui a un délai d'une dizaine de jours, est lui de 0,81.

Depuis le début de la pandémie, 504 918 cas de contamination au Covid-19 ont été confirmés en laboratoire sur un total de 4 080 953 tests effectués en Suisse et au Liechtenstein. Le total des décès s'élève à 8236 et le nombre de personnes hospitalisées atteint 21 044.

Le pays dénombre par ailleurs 17 722 personnes en isolement et 26 948 individus faisant partie de leurs contacts ont été mis en quarantaine. S'y ajoutent 4100 autres personnes revenant de voyage d'un pays à risque et qui ont dû aussi passer par la case de la quarantaine.


■ Le vaccin BioNTech/Pfizer serait efficace contre le variant anglais

Le vaccin de BioNTech/Pfizer semble efficace contre le variant anglais du virus du Covid-19 qui inquiète la communauté internationale en raison de sa plus grande transmissibilité, selon les résultats de deux études préliminaires mises en ligne mercredi, et non encore évaluées par d'autres scientifiques.

Pour juger l'efficacité du vaccin, les chercheurs de l'une des deux études ont confronté en laboratoire le variant anglais au plasma de 36 patients guéris après avoir subi des formes graves ou plus légères du Covid-19. «La majorité des échantillons a été capable de neutraliser le variant, même si la puissance de neutralisation a été réduite dans trois des échantillons», estiment les chercheurs.

Dans une étude préliminaire séparée, une équipe de chercheurs de BioNTech/Pfizer parvient à des conclusions similaires, en comparant l'effet du plasma de 16 participants à ses essais cliniques sur le variant anglais et sur le virus originel de Wuhan. Ils concluent à une capacité de neutralisation «équivalente» pour les deux et estiment ainsi qu'il est «improbable» que le variant anglais «échappe à la protection» de leur vaccin. Le cas échéant, ils soulignent que la «flexibilité» de la technologie de ce vaccin à ARN messager permettrait d'adapter le vaccin à une nouvelle souche du virus.


■ Plus de 50 millions de doses administrées dans le monde

Plus de 50 millions de doses de vaccins ont été administrées dans le monde, dans une course à l'immunisation largement dominée par les pays riches, selon un comptage réalisé mercredi par l'AFP. Mercredi, au moins 51 285 801 doses avaient été administrées dans au moins 61 pays ou territoires, selon des données compilées par l'AFP à partir de sources officielles.

Notre dossier: Covid-19, le défi de la vaccination

Israël est, de loin, le pays le plus en avance puisque plus d'un quart de sa population (26,1%) a déjà reçu au moins une dose, soit 2,3 millions de personnes. Quelque 6,2% des Israéliens ont même reçu les deux doses nécessaires pour une protection optimale, un record également.

En volumes, ce sont les Etats-Unis qui font la course en tête, avec 15,7 millions de doses administrées à 13,6 millions de personnes (4,1% de la population), devant la Chine (plus de 15 millions de doses).

Le Royaume-Uni, qui se classe troisième avec 4,7 millions de doses injectées à 4,3 millions de personnes (6,3%), est le premier pays européen. Il est suivi, sur le Vieux Continent, par l'Italie et l'Allemagne, qui ont chacune administré 1,2 million de doses à respectivement 2% et 1,4% de leur population. La France a quant à elle administré des doses à 585 664 personnes (0,9%).

Les pays de l'Union européenne ont injecté plus de 6 millions de doses à environ 1,4% de leurs habitants. En proportion de sa population, c'est le Danemark (3%) qui est le plus avancé au sein des 27, devant Malte (2,9%) et la Slovénie (2,1%).


■ Tokyo-2020 «inflexible» sur la tenue des JO 

Les responsables des Jeux olympiques de Tokyo, prévus cet été après avoir été reportés l'an dernier à cause de la pandémie, sont «inflexibles» sur ce nouveau calendrier, a affirmé à l'AFP le directeur général du comité d'organisation Toshiro Muto.

Il n'a cependant pas exclu que les Jeux (23 juillet-8 août) puissent se tenir sans spectateurs, alors que le coronavirus sévit toujours dans le monde, y compris au Japon. «La tenue des Jeux est notre cap inflexible et, à ce stade, nous ne discutons de rien d'autre», a dit Toshiro Muto lors de cet entretien. Le scénario d'une annulation «n'est pas en discussion».

A quelque six mois de la cérémonie d'ouverture, le spectre de l'annulation est pourtant revenu hanter les JO de Tokyo ces dernières semaines.

Inquiets que l'événement n'aggrave la situation, plus de 80% des Japonais sont désormais opposés aux JO cette année, préférant soit un nouveau report soit une annulation, selon un récent sondage. Mercredi, le maire d'Osaka, Ichiro Matsui, s'est prononcé pour un nouveau report des Jeux, cette fois à 2024, car il sera «impossible» d'achever la campagne de vaccination au Japon d'ici l'été. Le Japon «devrait négocier avec le CIO (Comité international olympique)», a-t-il dit à la presse.


■ L'Inde exporte ses premiers vaccins

L'Inde a expédié mercredi aux Maldives et au Bhoutan des milliers de doses de ses premiers lots de vaccins alors qu'elle s'efforce de répondre à la demande accrue d'autres pays pressés d'immuniser leur population, selon les autorités.

Le gouvernement indien a déclaré que les Maldives recevraient «en cadeau» mercredi 100 000 doses de Covishield, le vaccin développé AstraZeneca-Oxford et produit par Serum Institute of India (SII), le plus grand fabricant de vaccins au monde, en volume.

Le Bhoutan doivent prendre livraison également de 150 000 doses du même vaccin, ensuite ce sera le tour du Bangladesh, du Népal, de la Birmanie et des Seychelles, a précisé le gouvernement.

L'Inde prévoit d'offrir quelque 20 millions de doses à ses voisins, avait rapporté l'agence Bloomberg la semaine dernière. Le Sri Lanka, l'Afghanistan et Maurice ou encore le Brésil et l'Afrique du Sud seront les suivants sur la très longue liste des pays en attente du vaccin.

L'Amérique latine, l'Afrique et les anciennes républiques soviétiques suivent dans la file. Cette politique indienne vise, selon les observateurs, à renforcer son «soft power» face à sa grande rivale, la Chine, qui fournit également l'étranger en vaccins.


■ Le «variant anglais» s'étend à au moins 60 pays et territoires

Le «variant britannique» continue de se répandre dans le monde. Il s'est étendu la semaine dernière à 60 pays et territoires, dix de plus en une semaine, a indiqué l'Organisation mondiale de la santé (OMS) à Genève.

Le foyer de contagion au Covid-19 découvert en banlieue sud de Pékin comprend deux cas du nouveau variant d'origine britannique ont annoncé mercredi les autorités sanitaires locales.

Ces cas découverts dans l'arrondissement de Daxing sont les premiers signalés dans la capitale, qui compte 21 millions d'habitants. La Chine avait déjà fait état de ce variant anglais fin décembre chez une étudiante arrivée à Shanghai (est) en provenance du Royaume-Uni.

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Selon les données hebdomadaires de l'institution, publiées mercredi et qui portent jusqu'à dimanche à la mi-journée, «le variant sud-africain» s'est également propagé à davantage de zones. Trois pays et territoires supplémentaires ont été infectés, portant le total à 23.

Le «variant anglais», considéré comme jusqu'à 70% plus contagieux, est présent dans l'ensemble des six zones de l'OMS. De son côté, celui qui est parti d'Afrique du Sud n'a été observé que dans quatre d'entre elles.

Deux autres variants identifiés au Brésil sont analysés actuellement par l'organisation. L'un d'entre eux avait été détecté sur quatre personnes au Japon. L'OMS dit ne pouvoir encore se prononcer sur la contagiosité et la dangerosité de ces deux souches brésiliennes, faute d'indications suffisantes. Mais les investigations se poursuivent.

Toutes ces mutations font redouter une nouvelle explosion du nombre d'infections et de victimes dans le monde. Lundi, devant le Conseil exécutif de l'organisation, le chef du programme d'urgence au sein de l'OMS Michael Ryan avait averti que le nombre de décès sur une semaine pourrait bientôt s'établir à 100 000. Celui-ci a dépassé la semaine dernière les 93 000, en augmentation de 9%.


■ Le Japon veut lancer une vaccination large en mai

La vaccination généralisée contre le coronavirus devrait démarrer en mai au Japon, et le gouvernement espère que la majorité de la population adulte du pays aura reçu un vaccin d'ici les JO de Tokyo-2020 en juillet, rapportent ce mercredi des journaux locaux.

Un feu vert réglementaire pour le vaccin de Pfizer/BioNTech est espéré par le gouvernement pour le mois prochain, afin de vacciner en priorité quelque 10 000 membres du personnel médical en première ligne face au coronavirus.

Puis environ 50 millions d'habitants à risque – les personnes de 65 ans et plus ainsi que celles à la santé fragile – devraient être vaccinés d'ici fin avril, selon des projets du gouvernement cités par les quotidiens Yomiuri et Sankei.

La vaccination du reste de la population de l'Archipel, qui compte au total quelque 126 millions d'habitants, devrait démarrer en mai au plus tôt, toujours selon ces deux journaux. Le Japon a commandé l'an dernier suffisamment de doses de vaccins des sociétés Pfizer/BioNTech, Moderna Therapeutics et AstraZeneca pour couvrir l'ensemble de sa population.


■ Le président de Swissmem fustige le télétravail

Une charge contre l'obligation du télétravail, décrétée mercredi passé par le Conseil fédéral, vient ce mercredi du président de la puissante faîtière de l'industrie suisse des machines, des équipements électriques et des métaux Swissmem. Dans la Neue Zürcher Zeitung, Martin Hirzel, qui a récemment pris les rennes de la faîtière après avoir dirigé pendant neuf ans l'équipementier automobile Autoneum, fustige cette obligation.

«Il y a beaucoup de choses qui ne peuvent être faites depuis la maison», affirme Martin Hirzel. «Nous avons toujours été contre cela. Nous pensons qu'avec notre qu'avec nos protocoles de protection, les employés sont souvent mieux protégés au travail qu'à la maison.»


■ Furieuse prise de bec au Brésil à propos du vaccin chinois

Au Brésil, l'institut Butantan, responsable de la production de l'unique vaccin utilisé jusqu'à présent dans le pays sud-américain, demande l'aide du président Jair Bolsonaro pour faciliter l'envoi depuis la Chine du principe actif servant à sa fabrication.

Dimanche, l'autorité sanitaire brésilienne, Anvisa, a autorisé l'utilisation en urgence du CoronaVac, tout comme le vaccin britannique AstraZeneca, qui n'est cependant toujours pas disponible au Brésil. La vaccination a démarré au Brésil avec la distribution de six millions de doses de CoronaVac et l'institut Butantan a demandé une autorisation pour l'utilisation de 4,8 millions de doses supplémentaires.

Or, il se trouve que le président brésilien a critiqué à plusieurs occasions le CoronaVac, qui est promu par le gouverneur de l'Etat de Sao Paulo, Joao Doria, l'un de ses principaux opposants. Jair Bolsonaro s'oppose également à la Chine, tout comme son allié le président américain sortant Donald trump. «Le vaccin appartient au Brésil, pas à un gouverneur», a notamment lancé Jair Bolsonaro.

Le prenant au pied de la lettre, le président de l'institut Butantan, Dimas Covas, l'a sommé de s'adresser à la Chine dont l'aide est indispensable à la fabrication de ce vaccin. «Si le vaccin appartient au Brésil, alors que notre président ait la dignité de le défendre et de demander l'aide de son ministère des Affaires étrangères dans les discussions avec le gouvernement chinois», a répliqué Dimas Covas.