L’essentiel

Le Conseil fédéral, avec les cantons, a annoncé ce mercredi l’extension élargie de l’exigence du certificat covid. Restaurants et bars (à l’intérieur), salles de sports et de culture y seront astreints, ainsi que les manifestations en extérieur de plus de 1000 personnes.

Dans certains cantons les soins intensifs sont saturés. Les cantons de Berne, Zurich, Genève et de Thurgovie se situent dans une situation critique, a pointé mardi Andreas Stettbacher, délégué du Conseil fédéral pour le service médical coordonné. 84% des lits de soins intensifs certifiés sont occupés, et 42% sont occupés par des patients covid.

Lire ici notre suivi du mardi 7 septembre


■ Le cortège s’est achevé sur la Place fédérale

Le cortège s’est achevé peu après 21h00 sur la Place fédérale. Sur place, la foule a applaudi un «concert» de sonneurs de cloches et a chanté l’hymne national. Des discours ont ensuite été prononcés devant, notamment, de nombreux policiers qui observaient la scène.

«C’est ce qui avait été prévu, a indiqué le directeur de la sécurité de la ville de Berne, Reto Nause. On a voulu protéger le Palais fédéral et une clôture a été montée à l’extrémité de la place, devant le Palais du Parlement». La place elle-même est restée accessible. «Les organisateurs avaient convenu d’une route avec les autorités et l’ont respectée», a-t-il ajouté.

Les estimations divergeaient concernant le nombre de manifestants. Un journaliste de Keystone-ATS sur place a compté un millier de personnes lors du cortège. Un orateur sur la Place fédérale a de son côté évoqué 20’000 personnes, alors que Reto Nause parlait de plusieurs milliers de personnes.


■ Berne: des provocations entre les manifestants et des tiers

Des provocations ont été échangées entre les manifestants et des tiers, a précisé la police bernoise sur Twitter. Des milieux de gauche avaient appelé à une contre-manifestation, mais celle-ci est restée invisible.


■ Manifestation des anti-mesures covid à Berne

Les sceptiques se massent à Berne après les annonces du jour du Conseil fédéral. Le nombre surprend, quoique les estimations divergent: l’agence ATS parle d’un millier de militants, la Berner Zeitung, de «plus de 2000».

«Des gens sont exclus s’ils n’ont pas de certificat Covid», pouvait-on lire dans un appel publié sur les médias sociaux. Le rassemblement a été convoqué par plusieurs organisations qui s’opposent depuis longtemps aux mesures anti-coronavirus prises par les autorités. Certains d’entre eux portaient des t-shirts violets de l’organisation Mass-voll.

La manifestation a débuté vers 19h00 sur la place de la gare. Les participants brandissaient des drapeaux suisses et ceux des cantons. Le cortège prévu au centre-ville s’est rendu vers la Place fédérale. Or la police avait bouclé celle-ci dans l’après-midi déjà.

Dans la capitale, la circulation est fortement perturbée et plusieurs lignes de bus sont interrompues jusqu’à nouvel ordre.

Comme il s’agit d’un rassemblement spontané en réaction aux décisions du Conseil fédéral contre la pandémie, les organisateurs n’ont pas eu à obtenir d’autorisation, selon la législation de la ville de Berne. Mais les autorités municipales ont explicitement déconseillé de participer à la manifestation. La Ville de Berne ajoute que des appels à une contre-manifestation circulent.


■ «Nous sommes plus sanctionnés que les autres»

Les jeunes, c’est la principale clientèle des deux établissements que gère Daniel Silva à Sion, que ce soit à La Matriochka, au centre-ville, ou à L’Ambassade, un café culturel situé dans la zone industrielle. Or, il s’agit d’une des franges de la population qui a eu accès au vaccin plus tardivement et qui se retrouve donc moins inoculée. «J’imagine mal, ces personnes réaliser des tests chaque semaine pour venir, si elles ne sont pas vaccinées. Et ce d’autant plus qu’ils seront payants dès le 1er octobre. La fréquentation des deux établissements va donc diminuer», craint-il. Car il le sait, le compte à rebours a commencé pour es terrasses, qui devraient fermer d’ici quelques semaines.

Se basant sur l’estimation actuelle de GastroSuisse, qui parle d’une baisse de 30% du chiffre d’affaires pour les cafetiers-restaurateurs par rapport à une année normale d’avant crise, Daniel Silva estime qu’elle pourrait grimper à 40 ou 50% d’ici la fin de l’année.

Et pour son café culturel la réalité pourrait être encore plus sombre. L’Ambassade a ouvert en octobre dernier. Selon l’évolution de la pandémie et des mesures sanitaires, Daniel Silva pourrait bien être contraint de mettre la clé sous la porte. «S’il n’y a pas de nouvelles aides qui nous sont versées, la situation deviendra très compliquée. Nous allons travailler à 30 ou 40% de nos capacités, ce n’est tout simplement pas viable», insiste-t-il.

S’il comprend que des mesures sont nécessaires pour lutter contre la pandémie, le Sédunois a l’impression que les cafetiers-restaurateurs sont une nouvelle fois pris pour les dindons de la farce. «Nous sommes toujours les premiers établissements à fermer et les derniers à rouvrir. Tous les établissements qui ne sont pas de première nécessité devraient être à la même enseigne, or ce n’est pas le cas. Nous sommes en quelque sorte plus sanctionnés que les autres», peste-t-il.


■ Le gouvernement valaisan demande une souplesse pour les réunions privées

Le Conseil d’Etat valaisan salue les décisions du jour, qu’il avait soutenues. Il précise «toutefois» avoir «demandé au Conseil fédéral de veiller à maintenir une certaine souplesse dans le cadre privé». Il insiste aussi sur le fait qu’il «partait du
principe que, pour les remontées mécaniques, les mêmes exigences que pour les transports publics s’appliquent».


■ Fiona Nicolas, restauratrice: «Tout le monde doit jouer le jeu»

«C’est un mal pour un bien.» Fiona Nicolas, la patronne du Hangar 41 à Sion, ne cache pas qu’elle préfère l’extension du certificat Covid au fait de devoir fermer son œnothèque. «Entre une baisse du chiffre d’affaires, de peut-être 20 ou 30%, et voir ce dernier tomber à zéro, le choix est vite fait», appuie-t-elle.

La Sédunoise est persuadée que les annonces du Conseil fédéral vont impacter l’affluence de son établissement. Mais elle espère que cela ne dure pas. «La baisse de clientèle pourrait ne durer qu’un mois, le temps que la population se fasse vacciner», souligne-t-elle. Et d’appuyer: «Dans ces moments difficiles, l’esprit de solidarité est important. Tout le monde doit jouer le jeu et continuer de sortir dans les bars ou les restaurants, en se faisant tester ou vacciner.»


■ Les églises approuvent, avec une réserve

A l’entrée des lieux de culte, l’eau bénite a, depuis de nombreux mois, fait place au désinfectant. Désormais, il faudra également montrer son certificat covid pour y entrer, si la fréquentation dépasse les cinquante personnes. Cette mesure fait partie de l’extension du certificat Covid (lire ci-dessous). Une démarche soutenue par les Eglises nationales.

«L’augmentation du nombre de contaminations et d’hospitalisations dues au coronavirus indiquent une quatrième vague de la pandémie. Les Eglises nationales observent ces évolutions avec inquiétude et sont prêtes à continuer à contribuer à l’endiguement de l’épidémie et à s’engager dans leurs rangs en faveur de mesures de protection efficaces», annoncent l’Eglise évangélique réformée de Suisse (EERS) et la Conférence des évêques suisses (CES), dans un communiqué commun.

Et d’ajouter qu’elles considèrent qu’il est «de leur devoir de pouvoir continuer à célébrer des offices religieux sûrs et ouverts à toutes les personnes» et qu’elles feront donc «tout leur possible pour éviter les contaminations des participantes et participants à ces célébrations».

Mais dans les mesures annoncées par le Conseil fédéral, tout ne convient pas aux Eglises suisses. Elles critiquent «le fait que les services funèbres et autres rituels d’ensevelissement, également non chrétiens, ne soient pas exemptés du certificat obligatoire». Pour elles, «la possibilité de vivre le deuil et de faire ses adieux ensemble est un élément essentiel pour affronter les situations de crise personnelles et sociales».


■ L’USAM fustige la décision du Conseil fédéral

C’est «inapproprié», et cela «compromet des chiffres d’affaires et des emplois». L’Union suisse des arts et métiers, l’USAM, le lobby des PME, a vite sorti sa liste de critiques à l’égard de la décision du jour.

Elle argue notamment que «les expériences faites à l’étranger montrent qu’il n’existe pas de lien empirique entre le certificat obligatoire et la baisse du nombre des hospitalisations. En revanche, il est prouvé qu’une grande majorité des personnes hospitalisées sont des personnes de retour de vacances et non vaccinées.»


■ Une première réaction de restaurateur: «Un coup dur»

Chef du Mont-Rouge à Nendaz, Loris Lathion déplore un «nouveau coup dur pour la branche» et prévoit la traversée d’une période difficile. «Mais on le sentait venir, dit-il. On sait que lorsque toute l’Europe applique une mesure, la Suisse ne fait pas long à suivre la tendance.»

Au contact des clients quotidiennement, le Valaisan sent une fatigue s’installer au sein de la population. «Tout le monde aimerait qu’on nous lâche la bride, et au contraire, on serre la vis. Les décisions du Conseil fédéral sont contraires aux désirs du peuple, mais elles sont sûrement nécessaires», soupire-t-il, tout en reconnaissant que la généralisation du certificat Covid est bien moins pire qu’une nouvelle fermeture totale des restaurants.

La crise sanitaire qui impacte la planète a incité le chef nendard à repenser son restaurant et sa façon de travailler. De dix collaborateurs, il est passé à cinq. Et sa salle ne compte plus que 30 couverts, contre 85 auparavant. Il estime que, malgré l’obligation du passe sanitaire, il devrait réussir à remplir son restaurant. «Il ne faut pas sous-estimer la volonté d’un fêtard ou d’un gourmand. Le vrai bon-vivant ne vas pas renoncer à ces plaisirs, quitte à devoir passer par la case vaccin», en est-il convaincu. Pour Loris Lathion, les mesures annoncées ce mercredi vont booster la vaccination.


■ Lukas Engelberger: un plaidoyer pour la vaccination

Durant la conférence de presse du Conseil fédéral (lire juste ci-dessous), le Bâlois Lukas Engelberger, qui préside la Conférence des directeurs cantonaux de la santé, lance un slogan affuté: «Avec le vaccin, vous devenez un élément de la solution.»

Le ministre cantonal souligne le fait que moins de 10% des patients en soins intensifs ont été vaccinés. Il appelle ainsi les retardataires à le faire. Les cantons intensifient leur campagne et proposent des points de vaccination décentralisés afin d’atteindre les personnes dans leur quotidien, indique-t-il.

«Le certificat ne va pas nous sauver», mais il est un faible prix à payer par rapport à des fermetures de restaurants ou des interdictions, juge-t-il.


■ Le Conseil fédéral et les cantons optent pour une exigence large du certificat

Le Conseil fédéral confirme ce qu’il annonçait il y a deux semaines en consultation: il compte étendre l’exigence du certificat covid de manière large.

Guy Parmelin, président de la Confédération et ministre de l’Economie – souvent visé dans les débats sur les mesures restrictives – et Alain Berset, à la Santé, s’expriment de concert avec Lukas Engelberger, le président de la Conférence des ministres cantonaux de la Santé. Le message est clair: cette remontée de l’exigence du certificat constitue une demande des autorités fédérales comme cantonales, lesquelles veulent afficher leur unanimité.

La liste comprend:

  • Les restaurants et bars, à l’intérieur. Le contrôle de l’identité sera imposé;
  • Les discothèques et autres lieux de loisirs;
  • Les casinos;
  • Les musées;
  • Les fitness;
  • Les parties intérieures des piscines, centres sportifs, zoos;
  • Les salles de cinéma et de spectacles;
  • En extérieur, les manifestations de plus de 1000 personnes.

Travail et enseignement. Concernant les lieux de travail, les autorités laissent la bride aux employeurs en demandant une «consultation avec le personnel».

S’agissant des universités, les cantons demeurent souverains.

Exceptions religieuses et politiques. Le Conseil fédéral ajoute que «pour des raisons de protection des droits fondamentaux, le certificat ne sera pas exigé pour les manifestations religieuses et les manifestations destinées à la formation de l’opinion politique réunissant un maximum de 50 personnes».

Des limites aux frontières. Avec les vacances d’automnes qui approchent, le gouvernement veut resserrer un peu les possibilités d’entrée du virus. Il propose deux variantes. Dans la première, les personnes non immunisées et non vaccinées «doivent présenter un test négatif à l’entrée quelle
que soit leur provenance. Après quatre à maximum sept jours, elles doivent refaire un
dépistage en Suisse et le résultat de ce deuxième test doit être transmis au canton.»

La variante B prévoit elle aussi que ces personnes, après la présentation d’un test négatif, «soient placées dix jours en quarantaine, cette dernière pouvant être raccourcie à sept jours si les personnes présentent un résultat de test négatif».

Le certificat covid plus facilement accessible. Le gouvernement lève également certaines contraintes concernant l’acquisition du certificat covid. Désormais, «toutes les personnes ayant été vaccinées à l’étranger avec un vaccin homologué par l’Agence européenne des médicaments (EMA) et ayant leur domicile en Suisse ou entrant en Suisse doivent pouvoir demander un certificat COVID suisse».

Des arguments pratiques et sanitaires. Guy Parmelin lance une bouée aux restaurateurs, notoirement hostiles à l’exigence du passe: après tout, avec le sésame, ils pourront «lever les exigences sanitaires» imposées aujourd’hui, tel que le port du masque.

Plus tard dans la discussion, il se montre plus catégorique sur les conséquences d’un renoncement à l’égence du certificat: rappelant les effets des fermetures de 2020 et du printemps, il lance qu'«il s’agit de sauver des entreprises et des emplois».

Alain Berset insiste sur le fait que la moitié des lits en soins intensifs dans le pays sont occupés par des patients covid, pas forcément âgés. Dans la perspective de l’hiver, avec un retour dans les intérieurs, «nous ne pouvons pas nous permettre de prendre le risque de voir les hôpitaux saturés», lance-t-il.

A ce sujet: Les passeports covid sont-ils efficaces?


■ Conférence de presse du Conseil fédéral à 14h30

Le président de la Confédération Guy Parmelin et le conseiller fédéral Alain Berset, accompagné de Lukas Engelberger, président de la Conférence des directrices et directeurs cantonaux de la santé, annonceront à 14h30 les nouvelles décisions du Conseil fédéral sur les mesures anti-covid.


■ Dépistage ciblé et répétitif dans les hôpitaux et les EMS tessinois

Tout le personnel non vacciné et non guéri du coronavirus en contact étroit avec les patients dans les institutions sanitaires et sociales du canton du Tessin devra se soumettre au plus tard le 1er octobre à un dépistage ciblé et répétitif. Les visiteurs devront eux présenter un certificat covid dès le 15 septembre.

Le Conseil d’Etat tessinois, qui a pris ces décisions lors de sa séance hebdomadaire, a également décidé de prolonger l’obligation de porter un masque pour les élèves âgés de 12 à 15 ans jusqu’aux vacances d’automne. Les élèves vaccinés ou guéris peuvent être dispensés de porter cette protection dans les salles de classe si les distances peuvent être maintenues.


■ Le président de GastroSuisse, Casimir Platzer, n’est pas vacciné

Le patron de la faîtière des restaurateurs, Casimir Platzer, se bat contre l’extension du certificat covid aux restaurants. Il admet, dans une interview accordée à 24 Heures, qu’il n’est lui-même «pas encore vacciné, pour des raisons personnelles». Depuis le début de la pandémie, il a émis de vives critiques à l’encontre des mesures du Conseil fédéral. Pour Casimir Platzer, l’extension du certificat covid n’a pas de sens: «Aujourd’hui, on a l’impression que les autorités veulent enlever aux non-vaccinés tout ce qui leur apporte un peu de plaisir, à l’image des cinémas, théâtres ou fitness. Si le Conseil fédéral veut forcer les gens à se vacciner, qu’il le dise clairement, et qu’il l’impose aussi dans les transports publics et dans les magasins.»


■ Tests covid massifs dans le plus grand bidonville de Bangkok

A Bangkok, une campagne de dépistage massive du Covid-19 est en cours à Khlong Toei, le plus important bidonville de la capitale thaïlandaise où vivent entassées quelque 100 000 personnes.

En Thaïlande, se faire tester est payant et un seul test représente environ un tiers du revenu mensuel moyen à Khlong Toei, estimé à 150 dollars. C’est un luxe que peu de gens peuvent se permettre. La Bangkok Community Help Foundation, une organisation caritative, a lancé une campagne de dépistage de masse pour empêcher le bidonville de devenir un réservoir qui réinfecte toute la ville.

Près de 1000 personnes ont été soumises à des prélèvements ces derniers jours, et près de 50 d’entre elles se sont révélées positives. Des lits d’hôpitaux ont été préréservés pour les accueillir. Pour encourager les résidents à venir se faire tester, l’ONG leur offre en contrepartie du riz, des jus de fruits ou encore un déjeuner gratuit.


■ A Bruxelles, les restaurants ont peur de voir leur clientèle fuir

Les autorités belges veulent imposer le passe sanitaire dans les restaurants et les bars de la capitale dès le 1er octobre. La fédération bruxelloise des restos et des cafés dénonce le risque de voir filer les clients vers la Flandre et la Wallonie. Et elle refuse d’appliquer des contrôles et demande aux autorités de s’en charger, écrit Le Soir.


■ Un vaccin contre un ticket de tombola dans une école zurichoise

Ces prochains après-midi, les étudiants de l’école de commerce KV à Zurich peuvent se faire vacciner dans une salle de leur école. Les étudiants vaccinés bénéficient non seulement d’une protection contre le virus, mais également de lots attractifs. Un iPhone 12, des écouteurs sans fil ou encore des bons pour une boutique en ligne sont tirés au sort. C’est ce qu’indique la NZZ, qui cite le média gratuit «20 Minuten».

Selon le recteur Christian Wölfle, la tombola constitue une petite incitation pour les personnes qui seraient prêtes à se faire vacciner, mais qui ont jusqu’à présent évité l’effort. «Nous souhaitons maintenir l’enseignement présentiel dans notre école. Plus il y a de personnes vaccinées, plus cet objectif reste réel», explique Christian Wölfle à la NZZ. Une quarantaine d’étudiants ont été vaccinés le premier jour.