L’essentiel

Le Conseil fédéral a annoncé ce mercredi des décisions finales pour le premier relâchement presque identiques aux idées évoquées la semaine passée. Les restaurateurs disent leur colère.

La Suisse compte ce mercredi 1343 cas supplémentaires de coronavirus en une journée.

Le Ghana est le premier pays à avoir reçu, ce mercredi, une livraison de vaccins au nom du programme Covax.

Retrouvez notre suivi de la journée de mardi


■ Pour finir, un instantané: dans un EMS italien

A l'EMS Martino Zanchi, dans la ville d'Alzano Lombardo en Lombardie, on a conçu un «tunnel de protection» pour que les résidents voient leurs proches. Ici, nous dit le photographe, Giovanna Marchesi reçoit la visite de sa fille Angela et son fils Pierluigi.


■ Après Nice, Dunkerke en confinement

En France, l'universalité nationale des mesures craque pour de bon. Après Nice mis au régime sec les week-ends, c'est au tour de Dunkerke. La cité du nord sera soumise dès cette fin de semaine à un confinement local pendant les week-ends, du vendredi soir au lundi matin, vient d'annoncer, sur place, le ministre de la Santé Olivier Véran.

Dans cette agglomération de 250 000 habitants dont «un sur cent tombe malade chaque semaine», les déplacements le week-end ne seront possibles que pour certains motifs, et les dix plus grands centres commerciaux ne fonctionneront plus qu'en «cliquez-emportez», a précisé le ministre.


■ Aux Etats-Unis, l'Etat fédéral va distribuer 25 millions de masques

L'administration de Joe Biden annonce qu'elle distribuerait 25 millions de masques aux Américains à partir du mois de mars, selon un communiqué de la Maison Blanche.

Les masques seront distribués «dans tout le pays et disponibles dans plus de 1.300 dispensaires locaux de soin et 60.000 banques alimentaires», a-t-elle précisé.


■ Les gouvernements vaudois et valaisan «regrettent»

Sur Vaud. La semaine passée, le Conseil d'Etat vaudois avait surpris en réagissant vite, et avec une certaine véhémence, aux annonces du Conseil fédéral. Il demandait par exemple une réouverture des restaurants au 15 mars.

Il réagit tout aussi rapidement ce mercredi. Le gouvernement à majorité de gauche écrit qu'il «regrette l’absence de perspectives plus précises et plus immédiates». Il note néanmoins que «le Conseil fédéral envisage des mesures de réouverture dès le 22 mars [lire plus bas], qui pourraient d’ailleurs être complètes (restauration, autres activités intérieures et enseignement présentiel)», ce qu'il salue, évidemment.

En Valais. «Regret» également de la part du collège valaisan. Il indique qu'il «aurait souhaité que les terrasses de tous les restaurants puissent ouvrir également dès le 1e mars, dans le respect des plans de protection déjà établis et ce jusqu’à 18 heures».

Il «regrette» donc que cette proposition n’ait pas été prise en compte. Et pour insister sur ce point, le Conseil d'Etat rappelle qu'il avait aussi «souhaité que les restaurants puissent rouvrir complètement le 1e avril et qu’à cette date, les cours pour les étudiants du degré tertiaire puissent reprendre en présentiel».


■ Les restaurateurs «sont dans un gouffre»

Avant même la fin de la conférence de presse du Conseil fédéral, la faîtière Gastrosuisse a tenu un point de presse dont il était évident qu'il serait d'une tendresse modérée à l'égard du gouvernement. Les propos des deux principaux responsables.

Casimir Platzer, président de GastroSuisse: «Nous sommes frustrés et déçus. Une grillade en forêt est possible mais on ne peut pas aller boire une bière au bistro. Or, les conditions pour la réouverture des terrasses et des restaurants sont déjà remplies. Mais, aujourd'hui, ce sont les épidémiologistes, dont on ignorait quasiment l'existence il y a un an, qui prennent les décisions. Nous en prenons acte, mais exigeons des indemnités financières à fonds perdu pour la branche pour compenser les dommages causés. Notre branche ne peut pas être considérée comme «too big to save».»

Gilles Meystre, président de GastroVaud: «Les restaurants romands ont dû faire face à huit mois de fermeture sur treize. Lors des quelques mois d'ouverture, ils ont joué le jeu et respecté les règles sanitaires. Et quelle récompense reçoivent-ils en retour? Une prolongation des fermetures. Les restaurants ne sont plus au bord du gouffre, ils sont dans le gouffre. Et l'état psychologique des restaurateurs se détériore: selon notre sondage, ils sont 55% à se sentir mal psychologiquement. Nous allons maintenant nous concerter pour voir ce que nous allons faire pour répondre aux attentes des consommateurs et des restaurateurs.»


■ Après le 1er mars, quelles prochaines étapes?

Le Conseil fédéral précise qu'il établira une nouvelle analyse le 12 mars.

Le 19 mars, dernier jour de la session parlementaire, il annoncera d'éventuelles nouvelles mesures de desserrement.

Elles entreraient en vigueur le 22 mars.

Elles porteraient en particulier sur les manifestations sportives et culturelles accueillant du public («dans un cadre restreint»), la levée du télétravail obligatoire – lequel est déjà assez relatif – et la réouverture des «terrasses» des restaurants.

Pour accepter de tels assouplissements, le Conseil fédéral annonce sa liste de critères:

  • Le taux de positivité des tests doit être inférieur à 5%;
  • Le nombre de lits de soins intensifs occupés par des patients Covid-19 ne doit pas dépasser 250;
  • Le taux de reproduction moyen sur sept jours doit être inférieur à 1;
  • De plus, il faudra que, le 17 mars, l’incidence des infections sur quatorze jours ne dépasse pas le niveau du 1er mars.

Comparons à la situation actuelle. A cette heure, le taux de positivité est de 4,7%; au 17 février, il y avait 238 personnes dans des lits en soins intensifs; le taux de reproduction s'élève à 0,92.

Sous réserve de la dernière condition, les critères de réouverture des restaurants et de tenues de manifestations sportives et culturelle seraient donc remplis ce mercredi.


■ Le Conseil fédéral confirme ses options

Le Conseil fédéral confirme les options données la semaine passée. Conforté par les cantons, dont une majorité a approuvé son plan pour les premières mesures de relâchement, le gouvernement a pris ce jour des décisions presque identiques au catalogue présenté la semaine passée, dont:

  • Au 1er mars, ouverture des magasins non-essentiels, musées, salles de lecture des bibliothèques et des archives, espaces extérieurs des zoos, jardins botaniques et installations de loisirs;
  • Concernant les musées, il faut préciser que les vernissages ou visites guidées demeurent interdit;
  • Les groupements privés seront autorisés à hauteur de 15 personnes à l'extérieur;
  • A l'intérieur, l'effectif de cinq personnes demeure;
  • Les exceptions dans le sport et la culture de passent de 16 à 20 ans ;
  • Les compétitions sportives de toutes sortes et les concerts sans public sont autorisés ;
  • Chanter dans les chœurs d’enfants et de jeunes aussi.

Le gouvernement fait néanmoins une petite concession en termes de date: pour d’éventuelles étapes suivantes, il est désormais question du 22 mars, avant l'hypothèse articulée la semaine passée, le 1er avril.

Là il pourrait être question de l'autorisation des manifestations sportives et culturelles accueillant du public («dans un cadre restreint»), la levée du télétravail obligatoire et la réouverture des «terrasses» des restaurants. Il est bien stipulé «terrasses».

Guy Parmelin en mode sombre. Durant la conférence de presse ce mercredi, le tandem romand Parmelin/Berset a joué un peu la partition du «gentil policier, méchant policier». Le ministre de l'Economie, et président de la Confédération, a insisté sur le fait que «nous sommes conscients que nos décisions fâchent de nombreuses personnes». «Comme tout le monde, nous aimerions revenir à une vie normale, mais nous devons absolument le faire pas à pas.»

Alain Berset en «optimiste». «Nous sommes optimistes, nous allons vers le mieux», a enchaîné Alain Berset. L'optimisme a toutefois ses limites: le ministre de la Santé a vite insisté sur le fait que si les décès et les hospitalisations baissent de manière régulière, les nouvelles contaminations restent à un niveau stable depuis deux semaine au moins, sans aucune évolution. Il redit la crainte d'une hausse qui pourrait venir, due aux variants.


■ Bisbille sur le forfait retenu pour les vaccinations en cabinet

Le forfait annoncé ce mercredi. Les cantons et les assureurs ont présenté ce mercredi matin le dispositif prévu pour les vaccinations dans les cabinets de médecins.

La Conférence des directrices et directeurs cantonaux de la santé (CDS), les faîtières curafutura et Santésuisse, entre autres actrices du secteur, ont décidé de fixer le forfait d’indemnisation pour la vaccination en cabinet à 14,50 francs, soit 29 francs pour deux doses, ainsi qu’un forfait de cinq doses.

La colère des médecins. Les réactions n’ont pas tardé. Quelques petites heures plus tard, la FMH, principale organisation de médecins du pays, et l’association suisse des médecins de famille – qui ont été consultées mais pas conviées aux négociations – ont bondi : le montant est insuffisant, estiment-elles. Ces deux instances elles ont fourni des calculs détaillés permettant d'établir un forfait couvrant les coûts de la vaccination dans les cabinets médicaux.

Selon la mfe, la vaccination est très coûteuse. Les patients à risques doivent être traités en priorité et doivent être convoqués. Dans les cabinets, des espaces doivent également être disponibles. Le vaccin doit être administré rapidement et les patients doivent être surveillés durant 30 minutes après la vaccination. Les lobbies plaident donc pour une «compensation équitable».


■ 1343 nouveaux cas en Suisse

La Suisse compte mercredi 1343 cas supplémentaires de coronavirus en 24 heures, indique l'Office fédéral de la santé publique. 16 décès supplémentaires sont à déplorer et 43 malades ont été hospitalisés.

Durant les dernières 24 heures, les résultats de 28 775 tests ont été transmis. Le taux de positivité s'élève à 4,67%. Sur les quatorze derniers jours, le nombre total d'infections est de 14 013. Sur les deux dernières semaines, le pays compte ainsi 162,1 nouvelles infections pour 100 000 habitants. Le taux de reproduction, qui a un délai d'une dizaine de jours, est lui de 0,92.


■ Hongrie: administration des premiers vaccins chinois sur territoire européen

La Hongrie commence mercredi à utiliser le vaccin du laboratoire chinois Sinopharm contre le Covid-19, devenant le premier pays de l’Union européenne dans ce cas, après s’être déjà démarqué en recourant au vaccin russe Spoutnik V.

«Aujourd’hui, nous entamons la vaccination avec les lots chinois», a déclaré le premier ministre souverainiste Viktor Orban dans un bref message diffusé sur Facebook.


■ Lausanne offre des expertises dans la jungle des aides

Initiative originale: la Ville de Lausanne s’associe avec des organisations de fiduciaires pour offrir des analyses de situation financière à des indépendants. Partant du constat que «la situation économique des indépendantes et indépendants s’est largement détériorée ces derniers mois» la municipalité – par ailleurs en campagne pour sa réélection – offre 500 «check-up» gratuits «visant à identifier les aides auxquelles ils peuvent prétendre». Les 600 francs que coûte l’examen sont pris en charge aux deux tiers par la Ville, un tiers par des membres volontaires de Fiduciaire suisse, section Vaud, et de l’Ordre Vaudois d’EXPERTsuisse.


■ Le Ghana reçoit le premier colis Covax

Ça commence – enfin, diront les critiques. Ce mercredi, le Ghana a reçu la première livraison mondiale de vaccins financés par le dispositif Covax. Un avion transportant 600 000 doses de vaccin AstraZeneca/Oxford du fabricant Serum Institute of India a atterri à 8h40 (suisse) à l’aéroport d’Accra.

Ces doses, expédiées par l’Unicef depuis Mumbai, «font partie de la première vague de vaccins Covid à destination de plusieurs pays à revenu faible et intermédiaire», selon un communiqué commun de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l’Unicef.

«Cette livraison représente le début de ce qui devrait être la plus grande fourniture et distribution de vaccins de l’histoire», selon ce communiqué.

Le programme Covax vise à fournir aux pays à faible revenu leurs premières doses de vaccins anti-Covid. Depuis des semaines, les pays riches sont accusés de court-circuiter ce dispositif pour se fournir en priorité auprès des producteurs.


■ AstraZeneca produira la moitié de ses doses pour l’Europe ailleurs dans le monde

Le géant pharmaceutique AstraZeneca a annoncé mardi qu’il ne pourrait fabriquer dans l’Union européenne que la moitié des doses qu’il doit fournir à l’UE au deuxième semestre. Il produira ailleurs le reste des doses promises aux Européens.

AstraZeneca «travaille à augmenter la productivité dans sa chaîne logistique dans l’UE». L’entreprise va utiliser «sa capacité mondiale afin d’assurer la livraison de 180 millions de doses à l’UE au second semestre», a déclaré un porte-parole du groupe britannico-suédois.

Parcourez notre suivi des aspects logistique de la vaccination en Suisse et dans le monde

La tenson demeure entre AstraZeneca et l’Union européenne Fin janvier, la compagnie a suscité la colère parmi les dirigeants européens en annonçant qu’il ne serait pas en mesure de tenir son objectif de livrer 400 millions de doses à l’UE, en raison de l’insuffisance de ses moyens de production dans l’UE.

L’affaire a aussi causé une tension diplomatique avec la Grande-Bretagne, qui a définitivement quitté le bloc européen, Bruxelles accusant implicitement AstraZeneca de réserver un traitement préférentiel à la Grande-Bretagne au détriment de l’UE.


■ L’Irlande ne rouvre que ses écoles

L’Irlande va prolonger jusqu’au 5 avril son troisième confinement pour lutter contre le coronavirus, mais va rouvrir partiellement ses écoles à partir du 1er mars, a annoncé mardi le premier ministre Micheal Martin.

Le pays de cinq millions d’habitants, qui jusqu’au mois de décembre avait réussi à relativement limiter la propagation du virus, a vu l’épidémie exploser, notamment à cause du variant plus contagieux apparu en Grande-Bretagne. Celui-ci représente «jusqu’à 90% des nouvelles contaminations» en Irlande, a souligné le chef du gouvernement centriste dans une allocution télévisée.

Depuis la fin du mois de décembre et pour la troisième fois depuis le début de la pandémie, rappelle l’agence AFP, les Irlandais sont appelés à rester chez eux, magasins non essentiels, pubs et restaurants sont fermés depuis fin décembre, et les écoles n’ont pas rouvert leurs portes en janvier.


■ Scandale au Guatemala

Le Guatemala est secoué ces jours par un scandale lié à des faux tests. L’achat de 30 000 tests de dépistage frauduleux par le ministère guatémaltèque de la santé suscite un tollé.

Le gouvernement d’Alejandro Giammattei a fait l’acquisition à la mi-2020 de ces tests pour près d’un million de dollars via une société intermédiaire locale, Kron Científica e Industrial.

Le scandale a éclaté en fin de semaine dernière après que la ministre de la Santé, Amelia Flores, a saisi le parquet anticorruption, mettant en cause les dirigeants de Kron et l’ancien directeur général administratif financier du ministère de la santé, Ronaldo Estrada, devenu vice-ministre de la culture.

La société Kron a acheté les tests à Atila Biosystems INC., basée aux Etats-Unis, mais selon la ministre, le réactif n’est pas utilisable pour pratiquer des tests PCR. La ministre affirme que les tests achetés «ne correspondent pas à la qualité promise et produisent des résultats invalides», ni positifs ni négatifs.


■ La République dominicaine reçoit des fioles de Sinovac

Une cargaison de 768 000 doses du vaccin chinois Sinovac contre le coronavirus est arrivée mardi en République dominicaine. Le pays a lancé sa campagne de vaccination il y a une semaine.

La semaine dernière, la République dominicaine avait déjà reçu 818 000 vaccins, suite à des accords pour l’achat de 21 millions de doses des vaccins AstraZeneca, Pfizer et Sinovac, selon les autorités. «Nous faisons tous les efforts pour obtenir la quantité de doses nécessaires pour immuniser toute la population», a déclaré la vice-présidente dominicaine, Raquel Peña, présente à l’aéroport international de Saint-Domingue pour l’arrivée du lot de vaccins chinois.