■ Arrestation d’un journaliste européen

Un journaliste grec travaillant pour un média américain, le Washington Times, a été arrêté, a rapporté mardi l’agence de presse semi-officielle Fars citant le directeur général des médias étrangers au ministère de la Culture. Celui-ci a aussi averti la presse étrangère: «J’appelle les journalistes étrangers à travailler dans le cadre de la loi lorsqu’ils se rendent en Iran pour couvrir l’actualité (...) parce que, s’ils agissent contre la sécurité nationale et espionnent, ils seront arrêtés et remis à la justice».

■ La querelle des ambassadeurs

Alors qu’un député avait annoncé le rappel imminent de l’ambassadeur d’Iran au Royaume-Uni, une source au ministère de l’Intérieur contactée par l’AFP a nié ce rappel. Rappeler pour consultations son ambassadeur est un geste qui affiche une forte tension entre deux pays. Londres a déjà demandé le retour des familles de son personnel diplomatique en poste à Téhéran pour des raisons de sécurité (voir plus bas).

Paris de son côté a convoqué ce mardi, pour la deuxième fois depuis le 15 juin, l’ambassadeur d’Iran en France, pour lui signifier sa «forte préoccupation face à l’évolution des événements en Iran», a annoncé le ministère des Affaires étrangères. En Suède aussi, l’ambassadeur d’Iran a étéconvoqué au ministères des Affaires étrangères.

Investiture du nouveau président

Le président et le nouveau gouvernement iraniens prêteront serment devant le Parlement entre le 26 juillet et le 19 août, à la suite de la présidentielle du 12 juin, a annoncé mardi l’agence officielle Irna, citant le bureau du Parlement.

Il est à noter qu’Irna ne mentionne pas nommément le président Mahmoud Ahmadinejad.

Résultats validés

L’organe législatif suprême iranien a exclu toute annulation des élections présidentielles du 12 juin, a déclaré mardi la télévision publique iranienne en langue anglaise Press TV.

«Heureusement, nous n’avons trouvé aucune fraude ou problème majeur dans l’élection du 12 juin, il n’y a donc aucune possibilité d’annulation» selon le porte-parole du Conseil, qui explique aussi que les électeurs ont pu voter même après l’heure de clôture officielle des bureaux de vote, et que donc tous ceux qui le souhaitaient ont pu s’exprimer.

C’était le dernier recours légal possible pour l’opposition, qui avait fait état de 646 irrégularités. Hier le Conseil des gardiens avait admis que le nombre d’électeurs réels avait dépassé celui des électeurs potentiels dans une cinquantaine de districts, mais en avait rendu compte en rappelant que les Iraniens pouvaient voter ailleurs que sur leur lieu de résidence.

■ Manifestation pro régime pas autorisée

Des associations d’étudiants iraniens avaient annoncé hier lundi une manifestation ce jour à 13h30 heure de Genève devant l’ambassade de Grande-Bretagne à Téhéran, pour protester contre l’«ingérence» de Londres dans les affaires intérieures iraniennes. Un ancien membre de la direction d’une de ces organisations, le Conseil national des Associations islamiques des étudiants indépendants, proche des ultraconservateurs, a averti que l’ambassade pourrait connaître le sort de celle des Etats-Unis, occupée en 1979 puis fermée en 1980.

«Aucune autorisation n’a été accordée pour la manifestation devant l’ambassade britannique», indique le ministère de l’Intérieur sur son site internet ce mardi. Selon l’agence semi-officielle Fars, les associations d’étudiants elles-mêmes ont un peu plus tard annulé leur rassemblement, suite à son interdiction.

■ L’inquiétude de Ban Ki-moon

Dix jours après le début des manifestations pacifiques de l’opposition en Iran, le secrétaire général de l’ONU s’est dit «consterné par les violences post-électorales» en Iran, «particulièrement par l’usage de la force contre les civils qui a conduit à des pertes en vies humaines et à des blessés», indique un communiqué de son service de presse. Il «appelle les autorités à respecter les droits civiques et politiques fondamentaux, en particulier les libertés d’expression, de rassemblement et d’information», poursuit le communiqué.

«La situation en Iran est source de préoccupation pour la communauté internationale et le secrétaire général appelle le gouvernement et l’opposition à résoudre leurs différends pacifiquement par le dialogue et les voies légales». M. Ban «demande la fin immédiate des arrestations, des menaces et de l’usage de la force» et «réitère l’espoir que la volonté démocratique du peuple iranien sera pleinement respectée», conclut le communiqué.

■ Les Européens appellent leurs ressortissants à la prudence

Après les menaces de Bassidji contre son ambassade, Londres a décidé de rapatrier les familles de ses diplomates et déconseille, comme Rome et Berlin, les voyages en Iran. Le ministère français des Affaires étrangères, lui, met en garde les touristes français en Iran contre la prise de photos illicites et leur conseille d’éviter les attroupements.

■ Appel à une cérémonie de deuil jeudi

Le réformateur Mehdi Karoubi, l’un des candidats malheureux à la présidentielle, a appelé lundi à une cérémonie de deuil jeudi, en mémoire des manifestants tués lors des protestations il y a deux jours à Téhéran.

C’est avec des jours de prière et de deuil qu’une bonne partie de l’agitation politique a été entretenue en Iran en 1979, avant le départ du shah.