Les banques allemandes seront taxées en fonction de leur «risque systémique» potentiel, c’est-à-dire du risque de contagion à toute l’économie que ferait courir leur défaillance, a expliqué à la presse le ministre des finances Wolfgang Schäuble. Un document traçant les grandes lignes du projet a été adopté mercredi, et un projet de loi détaillé suivra avant l’été, a-t-il ajouté.

Avec la création d’un fonds dédié au sauvetage des banques, ou si nécessaire à leur démantèlement, Berlin, qui a mis beaucoup d’argent sur la table pour aider les banques l’an dernier, veut faire payer à celles-ci les conséquences de leur prise de risques.

Prélèvement «insuffisant»

Mais plusieurs critiques se sont élevées contre une taxe jugée insuffisante à l’égard des dommages causés par la crise financière. Le seul sauvetage d’Hypo Real Estate, entièrement nationalisée au cœur de la crise, a coûté quelque 35 milliards d’euros à l’Etat allemand.

Avec 1,2 milliard de recettes attendues par an, selon le chiffre avancé M. Schäuble, le prélèvement «ne suffira pas, ni de près ni de loin», a ainsi critiqué l’expert en finances des Verts, Gerhard Schick.

Pour le ministre des finances, en revanche, l’imposition des banques doit rester «modérée» pour ne pas compromettre leur rôle de fournisseur de crédit à l’économie qui se remet doucement de la récession.

Réglementation internationale

L’Allemagne pousse en outre à une réglementation internationale coordonnée sur la question, dans le cadre européen et du G20, que la France présidera en 2011. Les mesures adoptées mercredi «s’insèrent dans le cadre des mesures internationales» de régulation des marchés financiers déjà prises ou à l’étude, a dit M. Schäuble.

Alors que la France, à l’instar d’autres pays, prépare aussi un mécanisme de taxation du secteur bancaire, c’était la première fois qu’un ministre étranger assistait à un conseil des ministres allemand.

Mme Lagarde et M. Schäuble ont publié une déclaration commune qui précise leurs objectifs en la matière, à savoir un régime qui permette «des interventions à un stade précoce» en cas de crise, et «la fermeture de banques importantes, y compris les banques transfrontalières» en ultime recours.