Corée du Nord

Le Conseil de sécurité condamne unanimement le tir de Pyongyang

Les quinze pays membres du Conseil, dont la Chine, ont approuvé un texte menaçant Pyongyang de «nouvelles mesures significatives». Les Etats-Unis ont promis de répondre «très fortement»

Le tir de missile effectué dimanche par Pyongyang a fait l'unanimité contre lui au Conseil de sécurité de l'ONU. Les quinze pays membres du Conseil, y compris la Chine, pourtant grande alliée de la Corée du Nord, ont approuvé un texte proposé par les Etats-Unis affirmant que ce tir de missile constituait une «grave violation» des résolutions de l'ONU et menaçant le régime communiste de «nouvelles mesures significatives».

Le Conseil de sécurité s'était réuni d'urgence lundi à la demande des Etats-Unis, du Japon et de la Corée du Sud, au lendemain de ce nouveau test de missile balistique destiné, selon Séoul, à tester la réaction du nouveau président américain Donald Trump.

Ce dernier a promis de répondre «très fortement» à la Corée du Nord qui pose selon lui «un gros, gros problème».

L'ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU Nikki Haley a appelé dans un communiqué les pays membres du Conseil de sécurité "à utiliser tous les moyens possibles pour dire clairement au régime nord-coréen et à ses acolytes que ces tirs sont inacceptables». «Il est temps de tenir la Corée du Nord pour responsable, non pas en mots mais en actes», a-t-elle ajouté.

«Nous ne cherchons pas une solution militaire»

Les résolutions de l'ONU interdisent à Pyongyang tout programme nucléaire ou balistique. Depuis le premier essai nucléaire nord-coréen de 2006, le régime a essuyé six volées de sanctions qui ne l'ont cependant pas convaincu d'abandonner ses ambitions militaires. 

L'ambassadeur du Japon Koro Bessho a estimé qu'imposer des sanctions était crucial pour que la Corée du Nord change de comportement mais que cela «prenait du temps». «Nous devons continuer à faire pression. Nous ne cherchons pas une solution militaire».

Le ministère américain de la Défense a assuré toutefois que les Etats-Unis, la Corée du Sud et le Japon disposaient ensemble des moyens nécessaires pour intercepter, le cas échéant, des missiles balistiques semblables à celui testé dimanche.

Les Etats-Unis cherchent en outre à installer en Corée du Sud le système anti-missiles THAAD, mais Séoul n'a toujours pas réussi à déterminer l'endroit où le système sera installé.

Avant la réunion du Conseil, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres avait condamné le tir et appelé la communauté internationale «à gérer cette situation de manière unie». «Les dirigeants nord-coréens doivent se conformer à leurs obligations internationales et (s'engager dans) la voie vers la dénucléarisation», avait-il dit.

Des circonstances critiquées

Ce tir de missile nord-coréen a donné lieu à un début de polémique autour de la gestion de cette affaire par Donald Trump après que des photos de celui-ci discutant avec le Premier ministre japonais Shinzo Abe, dans la salle de restaurant de son club de golf de Mar-a-Lago à Palm Beach en Floride, ont été publiées sur les réseaux sociaux par un membre du club témoin de la scène.

Lire aussi: Alors que Donald Trump rencontre Shinzo Abe, la Corée du Nord tire un missile

Ces posts sur Facebook ont ensuite été effacés par leur auteur, Richard DeAgazio. «C'est inexcusable de laisser se dérouler une crise internationale de ce type devant un groupe de membres d'un country club, comme s'ils étaient au spectacle», a accusé Nancy Pelosi, la chef de file des Démocrates au Congrès.

 

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