Les quinze pays membres du Conseil de sécurité réuni en urgence «condamnent la violence et l’usage de la force contre des civils, déplorent la répression contre des manifestants pacifiques et expriment leur profond regret à propos de la mort de centaines de civils», a souligné Maria Luiza Ribeiro Viotti, ambassadrice du Brésil à l’ONU et présidente en exercice du Conseil de sécurité.

«Ils demandent la fin immédiate de la violence et des mesures pour répondre aux demandes légitimes de la population», a-t-elle ajouté, lisant une déclaration du Conseil de sécurité.

Ils «ont demandé au gouvernement de Libye de prendre ses responsabilités pour protéger la population. Ils ont demandé aux autorités libyennes d’agir avec retenue, de respecter les droits de l’homme et la loi humanitaire internationale», a-t-elle encore dit.

Les membres du Conseil «ont demandé une aide humanitaire internationale pour le peuple de Libye» et «ont souligné la nécessité pour le gouvernement de Libye de respecter la liberté de réunion pacifique et d’expression, y compris la liberté de la presse», ajoute la déclaration. Celle-ci exprime en outre «sa profonde inquiétude à propos de la sécurité des étrangers en Libye».

«Aujourd’hui, la communauté internationale a dit d’une voix claire et unifiée qu’elle condamne la violence contre des civils en Libye, que la violence doit cesser immédiatement», a commenté Rosemary DiCarlo, vice-ambassadrice américaine à l’ONU.

La grande inquiétude de la communauté internationale

Sous le choc des événements en Libye, le Conseil de sécurité s’est réuni d’urgence mardi à New York. Une première réunion informelle dans la matinée a été suivie dans l’après-midi de consultations formelles.

«Il y a encore plus d’inquiétude après l’inquiétant discours de Mouammar Kadhafi», a dit un diplomate à la suite de l’allocution du dirigeant libyen, qui a menacé ses compatriotes d’une répression sanglante.

La répression engagée contre les manifestants «est vraiment choquante», avait déclaré l’ambassadeur d’Allemagne, Peter Wittig, avant le début des travaux. «Voici pourquoi nous pensons que cela relève des attributions du Conseil de sécurité», avait-il dit.

«J’ai reçu des informations aujourd’hui selon lesquelles après la déclaration du colonel Kadhafi, les attaques contre la population ont commencé dans la partie occidentale de la Libye», a déclaré à la presse Ibrahim Dabbashi, ambassadeur adjoint de la mission libyenne à l’ONU, qui a fait défection lundi. «Les gens n’ont pas d’armes et je pense qu’un génocide a commencé maintenant en Libye», a-t-il dit aux journalistes à la fin de la réunion.

C’est la première fois que le Conseil a discuté de la tourmente qui a gagné le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. «Il s’agit à l’évidence (en Libye) d’un cas différent de ce que nous avons vu en Egypte et en Tunisie du fait de l’étendue de la violence et de l’utilisation de mercenaires» contre les manifestants, a souligné un diplomate sous couvert d’anonymat.

Les violences qui ont accompagné la révolte contre le régime libyen ont fait 300 morts -- 242 civils et 58 militaires –, selon les premiers chiffres officiels communiqués mardi soir. Certaines ONG ont indiqué que jusqu’à 400 personnes avaient été tuées.