Diplomatie

Le Conseil de sécurité de l'ONU appelle «au dialogue» avec l'Iran

Ses membres ont également condamné les attaques contre des pétroliers en mer d'Oman. Leur texte ne cite pas l'Iran et n'évoque pas le drone américain abattu jeudi par Téhéran

Le Conseil de sécurité de l'ONU a appelé lundi dans une déclaration approuvée par ses quinze membres «au dialogue» et à des mesures pour mettre fin aux tensions dans le golfe Persique. 

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Le Conseil de sécurité «exhorte les parties concernées et tous les pays dans la région à observer la plus grande retenue et à prendre des mesures pour réduire l'escalade et mettre fin aux tensions», ajoute la déclaration. «Les divergences doivent être traitées pacifiquement et via le dialogue.»

Lors d'une déclaration commune à l'issue de la réunion du Conseil, la France, l'Allemagne et le Royaume Uni, «gravement préoccupés par les tensions croissantes dans le Golfe», ont appelé aussi «à la désescalade et au dialogue».

De nouvelles sanctions américaines

Les Etats-Unis ont annoncé lundi de nouvelles sanctions «dures» contre l'Iran, visant notamment le Guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, et plusieurs hauts gradés des Gardiens de la Révolution. Avec ces nouvelles mesures, le «climat» n'est pas au dialogue, a fait valoir Majid Takht Ravanchi. «Vous ne pouvez pas entamer un dialogue avec quelqu'un qui vous menace, qui vous intimide.»

Lors d'une rencontre avec des médias alors même que le Conseil de sécurité était en réunion sur son pays, l'ambassadeur iranien à l'ONU, Majid Takht Ravanchi, a réclamé que les Etats-Unis, qui ont décidé de nouvelles sanctions, arrêtent leur «aventurisme militaire, comme leur guerre économique et le terrorisme contre le peuple iranien».

Alors que le Conseil de sécurité doit tenir mercredi une réunion régulière sur l'application de l'accord nucléaire international de 2015, les trois pays ont affirmé «leur engagement à (sa) mise en oeuvre intégrale». Cet accord, «selon nous, contribue à réduire les tensions dans la région et à assurer la non-prolifération nucléaire mondiale», ajoute leur déclaration en demandant, sans nommer les Etats-Unis qui se sont retirés en 2018 de l'accord, d'«éviter toute action susceptible de saper ce pilier essentiel du régime de non-prolifération et de notre sécurité collective».

Des différents concernant l'attaque des pétroliers persistent

A l'issue de leur réunion à huis clos qui a duré deux heures, demandée par Washington afin d'exposer les enquêtes américaines sur les récentes attaques de pétroliers dans le Golfe et la destruction d'un drone américain, les 15 membres du Conseil de sécurité ont dans leur déclaration commune «condamné les attaques contre des pétroliers qui représentent une menace sérieuse à la navigation maritime et l'approvisionnement» énergétique. Leur texte ne cite pas l'Iran et n'évoque pas le drone américain abattu jeudi par Téhéran.

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Tant l'Iran devant la porte du Conseil de sécurité que les Etats-Unis lors de la réunion ont réaffirmé leurs positions sur les attaques de pétroliers dans le Golfe et la destruction du drone américain. A propos du sabotage de pétroliers le 12 mai, «le seul acteur étatique avec des capacités et un mobile pour mener ces attaques est l'Iran», a asséné l'ambassadeur américain Jonathan Cohen. «Il n'y a pas d'autre explication crédible», a-t-il insisté en accusant aussi Téhéran d'avoir posé des mines contre d'autres navires le 13 juin.

Lors de la négociation de la déclaration du Conseil de sécurité, Washington a tenté en vain d'inclure dans le texte une mention sur la responsabilité d'un «acteur étatique» dans les attaques dans le Golfe mais la Russie s'y est catégoriquement opposée, selon un diplomate.

Au sujet du drone américain abattu, l'Iran a des «informations irréfutables» sur la violation de son espace aérien, a assuré Majid Takht Ravanchi. Il «n'est jamais entré dans l'espace aérien iranien» et les affirmations iraniennes «sont fausses», a rétorqué Jonathan Cohen.

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