La poupée gonflable a fait rire l’Armorique. Dernier avatar de la colère bretonne contre la fermeture des plages durant le confinement, la vidéo de la fausse vacancière en plastique installée sur le sable, sous son parasol, est devenue virale à l’aube du déconfinement. Un motard de la gendarmerie s’avance. Il piétine la poupée pour se venger du mauvais tour. En Bretagne, résilience rime aujourd’hui avec humour après avoir, dans le passé, surtout rimé avec prières, dévotion et chapelets: «On oublie que cette région a connu, entre 1348 et 1660, des épidémies de peste presque tous les trente ans, confirme l’historien bretonnant Bernez Rouz. Boucler un village infecté, le faire garder par les soldats, voir les aristocrates trouver refuge dans leurs fermes éloignées des bourgs, attendre que cela se passe, puis édifier une chapelle et commémorer la disparition du virus par un «pardon» annuel (une procession). Ces rites sont dans notre ADN. Nos contes, cantiques et chansons en regorgent.»