La guerre de l'information continue au Kosovo. En effet, le bombardement mercredi d'un ou de plusieurs convois de réfugiés au Kosovo a suscité des versions contradictoires. Selon Belgrade, l'OTAN a tué au moins 75 personnes en visant des colonnes de réfugiés. Le président serbe, Milan Milutinovic, a déclaré: «Bombarder quatre fois des colonnes de réfugiés ne peut être expliqué par une erreur. Cela a été fait délibérément. Escortés par la police, ces réfugiés, au nombre de plusieurs milliers, regagnaient leurs foyers après avoir fui les combats.» Selon les journalistes qui ont recueilli en Albanie les témoignages des survivants, ces réfugiés ne rentraient pas «dans leurs foyers» comme l'affirme Belgrade, mais étaient au contraire contraints de fuir le Kosovo.

De son côté, initialement l'OTAN a affirmé qu'il pouvait s'agir de représailles de troupes serbes contre des réfugiés suite à une attaque aérienne contre un convoi militaire. Cependant, par la suite, l'état-major des forces de l'OTAN a reconnu que l'un de ses avions a «lâché par erreur une bombe sur un véhicule civil dans un convoi hier». Le pilote de l'avion responsable de la «bavure» a expliqué qu'il se trouvait à 5000 mètres d'altitude à bord de son F-16, lorsqu'il a repéré des maisons incendiées, puis il a vu «un convoi de trois véhicules qui ressemblaient à des blindés et à des transports de troupes. Je suis convaincu qu'ils étaient sur le point de mettre le feu à une maison. J'ai largué une bombe à guidage laser sur ce convoi.»

Sur place, les journalistes de l'AFP ont estimé que deux convois avaient été touchés. Le premier à Meha, près de la frontière albanaise. L'AFP a compté 20 morts et quatre blessés. L'autre convoi se trouvait à Bistrazin, sur la route de Prizren. L'AFP a vu là les corps de 13 personnes, dont ceux de trois fillettes.