La question lancinante de la mauvaise santé des finances publiques françaises, en déséquilibre ininterrompu depuis trente ans, s'est immiscée dans le débat sur la réforme de la Constitution. Alors que Bruxelles s'apprête à mettre en garde la France sur le risque de sombrer à nouveau dans un déficit excessif, des projets d'amendements déposés ce week-end par les partis de la majorité, l'UMP et le Nouveau centre, visent à graver dans le marbre constitutionnel l'objectif d'équilibre du budget et des comptes de la Sécurité sociale.

Si au Royaume-Uni et en Allemagne ces préoccupations ont déjà force de loi, «cette course à la vertu est complètement nouvelle pour la France», souligne Jean-Paul Fitoussi, président de l'Observatoire français des conjonctures économiques. Selon lui, astreindre l'Etat à la parcimonie par la Constitution est «une erreur qui fera peser les circonstances actuelles sur les générations futures, alors qu'elles feront face à des circonstances différentes». La classe politique émet de surcroît «un signal de défiance à son égard: nous nous méfions de nous à tel point que nous décidons de nous contraindre alors que rien ne nous y obligeait», dénonce-t-il.

Ces amendements relèvent plus «de la communication politique que de la crédibilité économique, estime pour sa part Marc Touati, économiste chez Global Equities. Pour retrouver l'équilibre budgétaire, il faudrait réduire les dépenses de 50 milliards d'euros, c'est énorme».