France

«Contrairement aux populistes, Jacques Chirac respectait le peuple»

Un grand témoin. Jean-Pierre Raffarin fut le premier ministre de Jacques Chirac, de 2002 à 2005. Pour lui, l’hommage populaire rendu par les Français depuis la disparition de l’ancien président – jusqu’au deuil national prévu lundi – démontre le lien qui les unissait

21 avril 2002. Jacques Chirac, ce soir-là, l’emporte avec 82,21% des voix, contre 17,79% pour le leader d’extrême droite Jean-Marie Le Pen. La France est fracturée et le président sortant, réélu, est assommé. Pour rassembler, celui-ci nomme le centriste Jean-Pierre Raffarin au poste de premier ministre. Ce dernier restera trois ans à Matignon. Avec, comme point d’orgue de la popularité internationale de Jacques Chirac, le non à l’intervention militaire américaine en Irak du 14 février 2003. Alors qu’un hommage est rendu ce week-end au président disparu et qu’une journée de deuil national aura lieu lundi, que penser de l’émotion populaire suscitée par son décès à 86 ans? Que restera-t-il de ce chef de l’Etat français qui sera, lundi, inhumé dans l’intimité au cimetière Montparnasse, après une messe officielle, aux côtés de sa fille Laurence, disparue en 2016? Avant de tenir à Genève, le 3 octobre, un «peace lab» de sa fondation Leaders pour la paix, Jean-Pierre Raffarin s’est confié au Temps.

Le Temps: L’hommage à Jacques Chirac est unanime. Sa proximité avec les gens et sa passion de la France sont partout saluées. Mais Chirac fut aussi brutal, voire sans pitié pour ses rivaux. A commencer par votre mentor, l’ancien président Valéry Giscard d’Estaing…