L'administration américaine agit comme si l'après-guerre avait déjà commencé. L'Agence pour le développement international (USAID) a ainsi lancé un appel d'offres restreint à cinq entreprises – toutes américaines – pour un premier programme de reconstruction des infrastructures irakiennes d'un montant initial de 900 millions de dollars. Le document de travail remis aux consortiums de génie civil n'a eu qu'une diffusion restreinte, mais le Wall Street Journal en a pris connaissance. «Nous n'avons jamais rien entrepris de cette ampleur», dit le directeur de l'agence, Andrew Natisos.

Selon le quotidien des affaires, les cinq entreprises choisies (Bechtel, Fluor, Kellogg Brown & Root, Berger et Parsons) ont déjà remis leur offre ou s'apprêtent à le faire. Kellogg Brown & Root est une filiale de Halliburton, le groupe dont le vice-président Dick Cheney était le CEO avant d'entrer en campagne aux côtés de George Bush, il y a trois ans. Cette filiale a déjà été retenue par le Pentagone pour maîtriser, le cas échéant, des incendies de puits de pétrole en Irak.

Le cahier des charges remis par l'agence comprend la remise en état en six mois des routes et des ponts, le rétablissement d'une partie du réseau électrique, etc. L'USAID serait par ailleurs à la recherche de cinq entreprises générales contractantes pour gérer les ports, les aéroports, les hôpitaux, les écoles, l'eau et l'énergie. Hors pétrole…