On savait l’élection législative partielle française qui vient d’avoir lieu dans le Doubs révélatrice. Elle n’a pas manqué ses promesses: elle comportera un second tour. Jusque-là rien que de normal. Il opposera un candidat FN à un candidat socialiste. Surprise.

Dans cette perspective, l’UMP évincée appellera-t-elle à faire front contre le FN et donc à voter socialiste? On le saura mardi en fin de journée. Mais l’on sait le parti de droite écartelé entre deux options au moins: s’abstenir. Ce sont les ni-ni. Ou faire front contre le FN (le fameux front républicain) en votant… socialiste.

On sera fixé ce mardi 3 février sur la position officielle de l’UMP. Mais un poids lourd du parti a décidé de ne pas attendre le mot d’ordre: Alain Juppé.

Lequel sort, sur son blog, l’artillerie lourde: «Je vois clairement que désormais notre principal adversaire politique est devenu le FN. Il a quelques raisons de se prétendre le premier parti de France. Son arrivée aux responsabilités nationales n’apparaît plus tout à fait comme une hypothèse d’école. Ce serait à mes yeux une catastrophe pour notre pays. L’image de la France serait abîmée dans le monde car l’idéologie du FN est aux antipodes des valeurs morales et politiques qu’elle incarne; les rechutes antisémites périodiques du Président «d’honneur» de ce parti devraient suffire à nous en convaincre. La xénophobie et l’islamophobie du FN dressent les Français les uns contre les autres au risque de nous conduire à des affrontements violents. Son programme économique est celui de tous les dangers: la sortie de l’euro déstabiliserait notre économie, au détriment des plus fragiles; elle provoquerait la dislocation de la construction européenne au moment où nos pays ont le plus besoin de faire bloc face aux multiples défis du monde qui nous entoure.»

Conclusion de l’ancien premier ministre: «Il faut donc faire barrage au FN»

Et enfin, l’estocade: «Quant à moi, si j’étais électeur de la 4e circonscription du Doubs, je sais ce qu’en mon âme et conscience je ferais: pour barrer la route à une candidate FN qui croit, entre autres choses, «en l’évidente inégalité des races», je ne m’abstiendrais pas, je voterais pour le candidat qui l’affronte, c’est-à-dire le candidat PS»:

A peine connue sa position, les observateurs politiques français n’ont pas manqué de souligner que la clarté de l’ancien premier ministre allait mettre à mal Nicolas Sarkozy, qui semble plus précautioneux. Devant les députés du groupe UMP à l’Assemblée, Nicolas Sarkozy a prôné un non au FN, mais «on laisse les électeurs choisir».