La Russie est prête à planifier des frappes contre l’Etat islamique (EI) dans le cadre d’un état-major commun avec tous les pays qui le souhaitent, y compris la Turquie. C’est ce qu’a déclaré mercredi l’ambassadeur de Russie en France.

François Hollande est attendu jeudi à Moscou. Il doit y rencontrer son homologue Vladimir Poutine dans le cadre de son offensive diplomatique visant à mettre sur pied une coalition anti-EI après les attentats de Paris du 13 novembre, revendiqués par l’organisation djihadiste.

Constituer un «état-major commun»

«Aujourd’hui […], cette coalition est du domaine du possible», a estimé Alexandre Orlov sur la radio Europe 1, rappelant que Moscou avait proposé la mise en place d’une telle coalition en septembre. «Nous, nous sommes prêts à aller au-delà, planifier ensemble des frappes sur les positions de Daech et constituer pour cela un état-major commun, avec la France, l’Amérique, avec tous les pays qui veulent aller dans cette coalition», y compris les Turcs, a-t-il ajouté.

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Cette annonce survient au lendemain d’un incident entre les armées russe et turque à la frontière syrienne, où la Turquie a abattu un chasseur bombardier russe. Le premier pilote de l’appareil a été tué alors qu’il descendait en parachute. Le second militaire a finalement été secouru après une opération spéciale menée conjointement par les forces syriennes et russes, a annoncé mercredi le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou.

Les Russes invités à ne pas se rendre en Turquie

Ankara affirme avoir adressé une série d’avertissements pour violation de l’espace aérien. Moscou conteste cette version et assure que cet incident aura de «graves conséquences». Dénonçant un «coup de poignard dans le dos», la Russie a annulé une visite de travail de son chef de la diplomatie Sergueï Lavrov, prévue mercredi prochain. Moscou a également recommandé aux Russes d’éviter de se rendre en Turquie.

Les deux pays sont divisés sur la question du règlement du conflit syrien, Ankara réclamant le départ du président syrien Bachar el-Assad, défendu par Moscou. La Russie, qui est engagée militairement en Syrie depuis fin septembre, est accusée par l’Occident de concentrer ses frappes sur les forces d’opposition modérées à Bachar el-Assad et de limiter au maximum ses frappes contre l’EI, ce qu’elle dément.

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Le président américain Barack Obama, qui recevait François Hollande à Washington mardi, a prévenu que sans changement stratégique de la Russie dans le dossier syrien, la coopération serait très difficile. Le chef de l’Etat français a de son côté fait savoir qu’il souhaitait coopérer avec la Russie si elle «concentra son action militaire sur Daech» et «si elle s’engage pleinement pour la recherche d’une solution politique en Syrie».