Ripostant aux accusations de corruption portées contre lui et contre ses deux fils, Ariel Sharon a affirmé hier que le «prêt à intérêt réduit» d'un million et demi de dollars que lui a accordé l'homme d'affaires sud-africain Cyriel Kern est «légal». Sur l'invitation qu'il avait lancée à la presse quelques heures auparavant, le premier ministre israélien promettait que des «explications détaillées et des documents» seraient fournis pour éclaircir cette sombre affaire. Or, en fait d'explications, Sharon s'est contenté d'attaquer durement le Parti travailliste qui mènerait selon lui «une campagne de diffamation pour conquérir le pouvoir par le mensonge au moment où le pays risque d'être frappé par les missiles irakiens».

Accusant ce parti d'avoir «truqué les élections et trafiqué les urnes à plusieurs reprises», le premier ministre s'en est également pris au leader travailliste Amram Mizna. «Cet homme a déjà été interrogé deux fois par les polices dans des enquêtes touchant à des faits de corruption. Pourquoi n'enquêtez-vous pas sur cela?» a-t-il demandé aux journalistes auxquels il a par ailleurs prêté des intentions politiques suspectes. «Etes-vous devenus fous? Savez-vous ce que vous faites?» leur a-t-il demandé avec des tremblements dans la voix.

Pugnace et vindicatif, Sharon a réitéré à plusieurs reprises sa confiance en ses deux fils soupçonnés d'avoir trempé dans de sombres transferts financiers ainsi que dans l'attribution de marchés publics sans appel d'offres. Mais il n'a pas eu le temps d'entrer dans le vif du sujet puisque le juge Michaël Heikin, qui préside la Commission électorale centrale, a estimé que cette conférence de presse était de la propagande électorale pure et simple. Il a donc ordonné aux médias qui la transmettaient d'interrompre ce programme sur le champ, ce qui a été fait moins d'un quart d'heure après que Sharon se fut installé devant son micro.