■ A quoi sert une convention?

A l’origine, les conventions étaient véritablement le lieu où étaient élus les candidats en vue de la présidentielle. Aujourd’hui, elles ont plus un rôle cérémoniel et servent à resserrer les liens autour des candidats et à lancer la campagne électorale.

Elles sont aussi l’occasion de désigner le colistier du candidat et le programme du parti. Le colistier de Donald Trump a déjà été annoncé. Ce sera Mike Pence, gouverneur conservateur de l’Indiana notamment opposé à l’avortement et au mariage gay.

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■ Pourquoi l’organiser à Cleveland?

Cette année, la convention se tient de ce lundi 18 au 21 juillet à Cleveland (Ohio), dans la salle Quicken Loans Arena où évolue l’équipe de basket des Cavaliers, sacrés champions NBA. L’Ohio est critique: un candidat républicain n’a jamais remporté la Maison-Blanche sans s’imposer dans cet Etat.

■ Un autre candidat que Trump pourrait-il être élu?

Mathématiquement non. Les délégués se sont engagés à voter pour un candidat précis. Si aucun candidat n’obtient la majorité des voix au premier tour, plus de la moitié d’entre eux peuvent voter comme ils veulent. C’est ce qu’on appelle une convention ouverte et ce n’est plus arrivé depuis 40 ans.

Il y a 2472 délégués républicains. La majorité se situe à 1237. Donald Trump compte plus de 1500 délégués. Il est donc certain d’atteindre la majorité dès le premier tour.

Des conservateurs ont tenté la semaine passée une dernière manœuvre pour empêcher le sulfureux candidat d’être élu. Ils voulaient que les délégués puissent voter selon leur conscience et ne soient plus liés par le vote de leur Etat lors des primaires. Mais leur proposition a été largement refusée par un comité républicain jeudi.

■ Ceux qui boudent la convention

La personnalité sulfureuse de Donald Trump divise le parti. Plusieurs grands noms des républicains ont annoncé qu’ils ne se rendront pas à la convention, comme John McCain et Mitt Romney, ex-candidats à la présidence, George Bush père et fils ainsi que Jeb Bush, le sénateur de la Floride, Marco Rubio, et John Kasich, gouverneur de l’Ohio. Même l’ex-colistière de John McCain, Sarah Palin, n’a pas l’intention d’y être.

Seront tout de même présents: le président de la Chambre, Paul Ryan, le chef du Sénat, Mitch McConnell, et Ted Cruz, le grand rival de Trump aux primaires. Côté star, Trump amène l’investisseur milliardaire de la Silicon Valley Peter Thiel et le coach de basket universitaire Bobby Knight.

■ La sécurité sur les dents

De nombreuses manifestations sont prévues et les mesures de sécurité sont extrêmement importantes. On craint une attaque terroriste, mais aussi des affrontements entre les pros et les anti-Trump. Des gangs de motards pro-Trump et le mouvement Black Lives Matter sont attendus.

Une zone de 4 km² a été sécurisée en centre-ville, avec des barrières métalliques de deux mètres de haut et des blocs de béton capables de résister à un véhicule lancé à pleine vitesse. 3000 officiers fédéraux ont été mobilisés, en plus de 1700 policiers locaux. A noter que n’importe qui peut porter des armes à Cleveland et cela sans permis.

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■ Comment suivre la convention?

15 000 journalistes se sont accrédités pour suivre cette convention. En plus des médias traditionnels, Youtube est le diffuseur officiel sur internet. Twitter va proposer des diffusions en streaming et Facebook produira des vidéos en direct.