Le gouvernement monégasque a immédiatement remis à la police française le convoyeur de 39 ans, d’origine serbo-croate, qui s’était volatilisé le 5 novembre avec le chargement du fourgon qu’il conduisait.

«Il s’est rendu tout à l’heure à la police. On ne sait pas quelles raisons l’ont poussé à se rendre, il avait l’air assez bizarre», a indiqué une source proche de l’enquête à Monaco.

«On ne comprend toujours pas ses motivations. On ne sait même pas s’il a bien compris qu’il se trouvait à Monaco», a également ajouté cette source.

Policiers dépêchés sur place

L’homme a été réceptionné par la police judiciaire de Nice, au «jardin exotique», un lieu touristique à la frontière entre Monaco et la France.

La PJ de Lyon a elle «récupéré l’individu», a annoncé lundi après-midi à l’AFP une source judiciaire. Des représentants de la police judiciaire (PJ) de Lyon ont été dépêchés «dans le sud de la France» pour l’interroger, a précisé ce responsable, se refusant à plus de précisions sur l’endroit où il se trouvait ou sur son transfert à Lyon où a commencé sa cavale le 5 novembre.

C’était la première fois qu’un convoyeur volait le contenu de son propre fourgon. Il était depuis lors recherché dans toute l’Europe.

En quelques jours, l’homme est devenu une star de l’internet, où est saluée «l’audace» d’une échappée sans précédent.

Appel récent

Interpol avait adressé, à la demande de la France, une «notice bleue» à ses 185 pays membres les invitant à transmettre des informations sur l’identité et les activités de cet homme.

L’organisation de police internationale, dont le siège est à Lyon, ne semble pas avoir émis à son encontre un mandat d’arrêt en bonne et due forme puisque la police monégasque, faute de cet avis, n’a pas été en mesure de l’arrêter, au moins de façon formelle.

Il a été conduit au Jardin Exotique en homme libre, «sans menottes» et uniquement parce qu’il a «accepté d’être entendu par la police française», selon une source judiciaire monégasque.

Plusieurs cartons et sacs

L’homme, employé depuis dix ans chez le groupe suédois Loomis, avait disparu le 5 novembre au matin au volant de son fourgon blindé alors que ses deux collègues étaient sortis pour une halte dans leur société. Le fourgon était retrouvé vide non loin de là. L’argent avait été chargé depuis une succursale de la Banque de France à Lyon.

Deux jours plus tard, une partie importante du butin, quelque 9,15 millions d’euros en coupures diverses et variées – de 5 à 100 euros –, était retrouvée par la police dans des dizaines de sacs et de cartons dans un box près du lieu où avait été retrouvé le fourgon L’homme qui s’est rendu lundi avait loué ce box sous un prête-nom. Pour vol sans violence, le convoyeur de fonds est passible de trois ans de prison.