La police indonésienne a accompli jeudi une percée majeure dans l'enquête sur l'attentat de Bali avec l'arrestation d'un suspect qui a avoué être le coordinateur de l'attaque et le propriétaire du fourgon piégé utilisé pour détruire une discothèque.

Selon le chef de la police, le général Da'i Bachtiar, ce suspect, un Indonésien identifié comme Amrozi, appartenait à un groupe dont les membres avaient des missions différentes. «Amrozi a reconnu être venu ici [Bali] et avait pour but d'assurer la sécurité de la mission. Il était aussi responsable d'actions sur le terrain», a-t-il déclaré à la presse. Amrozi était le dernier propriétaire du fourgon piégé utilisé pour l'attentat qui a fait au moins 190 morts.

«Jusqu'à présent nous n'avons qu'un seul suspect», a ajouté le chef de la police, qui recherche les autres membres du groupe. Les enquêteurs avaient évoqué peu après l'explosion la piste d'un réseau régional terroriste implanté en Asie du Sud-Est, la Jemaah Islamiyah (JI), qui serait lié à Al-Qaida. Le réseau terroriste d'Al-Qaida a revendiqué l'attentat du 12 octobre sur l'île indonésienne de Bali, qui avait fait plus de 190 morts, a rapporté jeudi CNN.

Le groupe dirigé par Oussama Ben Laden a affirmé avoir attaqué des «discothèques et des bordels en Indonésie» dans un message sur Internet traduit par le site CNN.com. La police a estimé qu'entre six et dix personnes pourraient être impliquées dans l'attentat, les recherches se concentrent sur le secteur oriental de l'île indonésienne de Java, voisine de Bali.

Amrozi, 30 ans, a été transféré mercredi de Java sur l'île de Bali où quelque 120 policiers australiens et des agents du FBI participent à l'enquête internationale que dirige l'Indonésie. La police australienne avait indiqué il y a quelques jours que la bombe de très forte puissance avait été placée dans un fourgon Mitsubishi L-300 blanc garé quelques minutes avant son explosion devant le Sari Club. Peu auparavant, une première bombe avait créé un mouvement de panique dans un bar proche, précipitant dans la rue de nombreux touristes.

Des liens avec Abou Bakar Baashir

D'après une chaîne de télévision locale, Amrozi a été interpellé dans un pensionnat islamique de Tenggulun. Le directeur de l'école, Dzakaria, a déclaré dans une interview à la télévision qu'Amrozi avait également assisté à un discours donné au pensionnat par le religieux extrémiste Abou Bakar Baashir. Amrozi «venait parfois dans mon école pour prier avec nous mais il n'était pas étudiant ici», a expliqué Dzakaria en soulignant que le suspect avait travaillé en Malaisie dans les années 1990, à l'époque où y vivait Baashir, le chef spirituel présumé du réseau islamiste indonésien Jemaah Islamiyah. On ignore cependant si les deux hommes se sont rencontrés en Malaisie.

Un Italien d'une quarantaine d'année, originaire de Milan et patron d'un bar proche du Sari Club, a également été arrêté dans le cadre de cette enquête, affirme l'hebdomadaire italien Panorama à paraître vendredi.

Selon l'Asian Wall Street Journal de jeudi, l'attentat a été mis au point lors d'une rencontre d'agents d'Al-Qaida, dont Riduan Isamuddin, alias Hambali, considéré comme le chef opérationnel de la JI, dans le sud de la Thaïlande. Le premier ministre thaïlandais, Thaksin Shinawatra, a qualifié ces informations d'«absurdes».

LT