■ L’essentiel

A Glasgow, les négociateurs de la COP26 (la Conférence des Etats parties à la Convention de l’ONU sur le climat) jouent les prolongations, alors que la conférence aurait dû s’achever vendredi. Les discussions butent sur plusieurs contentieux, dont les aides financières aux pays les plus touchés par le réchauffement climatique.

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La Suisse, représentée par la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga, a annoncé jeudi la signature de deux nouveaux accords de compensation carbone avec des pays du Sud, avec le Vanuatu, dans le Pacifique, et l’autre avec Dominique, dans les Caraïbes.

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■ La COP26 adopte un «pacte de Glasgow» pour freiner le réchauffement climatique

La COP26 a adopté samedi un «pacte de Glasgow» destiné à accélérer la lutte contre le réchauffement climatique, mais sans assurer de le contenir à 1,5 °C ni répondre aux demandes d’aide des pays pauvres.

L’adoption définitive du texte est intervenue à l’issue de deux semaines de négociations éprouvantes, d’un coup de marteau du président britannique de la conférence mondiale sur le climat et après des changements de dernière minute introduits par l’Inde sur la question des énergies fossiles.


■ Derniers obstacles à la COP26

Les près de 200 représentants gouvernementaux se penchaient sur la dernière version du «pacte climatique de Glasgow». A la dernière minute, l’Inde a demandé une nouvelle formulation sur la question des énergies fossiles. Le texte appelle à l’abandon du charbon (phase-out). Le délégué de New Dehli propose de «réduire» (phase down) le recours au charbon.

La conseillère fédérale Simonetta Sommaruga a pris la première la parole pour dénoncer cette proposition de «dernière minute», dénonçant aussi le manque de transparence des derniers jours de négociations. L’Union européenne, le Mexique et plusieurs îles, pour lesquelles la hausse des températures est une question existentielle, ont exprimé leur déception. Le président de la COP26, le Britannique Alok Sharma, s’est excusé pour ce rebondissement. Mais, au final, aucun pays n’a osé remettre en cause tout le compromis, pour s’opposer à la manoeuvre indienne.


■ Les principaux points du «pacte climatique de Glasgow»

La décision finale, dont accouche péniblement la COP26, a été rebaptisée «pacte climatique de Glasgow». Voici les principaux points de ce texte de 10 pages:

  • L’objectif de limiter l’élévation des températures à 1,5 degré d’ici la fin du siècle est réaffirmé. Pour y parvenir, tous les pays du monde doivent réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 45% d’ici 2030.
  • La décennie actuelle étant cruciale, les Etats membres de la Convention de l’ONU sur le changement climatique devront présenter des objectifs plus ambitieux de réduction des gaz à effet de serre dès 2022.
  • Pour la première fois depuis le protocole de Kyoto de 1997, les Etats sont appelés à renoncer au charbon et à cesser de subventionner les énergies fossiles. Mais les formulations dans les premières versions du texte final ont été considérablement édulcorées pour que des pays comme l’Australie, grand producteur du charbon, la Russie ou l’Arabie saoudite ne s’opposent pas au compromis.
  • Malgré tous leurs efforts, les pays pauvres, les plus vulnérables au réchauffement climatique, n’ont pas obtenu le mécanisme de dédommagement qu’ils espéraient. Le pacte de Glasgow se limite à regretter que les promesses des pays riches de verser 100 milliards de dollars par année dès 2020 n’aient pas été tenues.
  • Les négociateurs sont finalement parvenus à s’entendre sur les règles pour les compensations de carbone, un dossier cher à la Suisse, ainsi que sur la transparence des données relatives aux émissions de gaz à effet de serre. Mais les avis divergent si cela empêchera à l’avenir le contournement du système de surveillance.

■ La fureur de Greta Thunberg sur le compromis de Glasgow

Alors que la COP de Glasgow approche de son épilogue, la jeune activiste suédoise Greta Thunberg met déjà en garde contre le «tsunami de greenwashing» et «la propagande médiatique» pour présenter la conférence comme «un pas dans la bonne direction», un «progrès» ou un «espoir».


■ Après deux semaines de tractations, les délégués veulent en finir

L’un après l’autre, les pays prenant la parole lors de la séance plénière soutiennent la dernière version de la déclaration finale de la COP26, même si nombre d’entre eux dénoncent les imperfections et le «manque d’ambition» du texte.

Les déclarations, plutôt positives des délégués gouvernementaux, sont accueillies par les applaudissements de leurs collègues, tous étant apparemment pressés d’en finir après deux semaines de négociations. Il s’agit d’une session informelle et le compromis final doit encore être adopté lors d’une séance plénière formelle.


■ Le «moment de vérité» après deux semaines de négociations à Glasgow

La conférence internationale sur le climat COP26 est «le moment de vérité» pour la planète, a déclaré samedi à Glasgow en Ecosse son président, le Britannique Alok Sharma, au cours d’une séance plénière devant les délégués de quelque 200 pays.

Le projet de déclaration finale contient «des pas concrets pour la suite et des étapes très claires pour nous mettre sur les rails conduisant aux objectifs de l’Accord de Paris» qui vise à limiter le réchauffement de la planète «bien en deçà» de 2°C et si possible à 1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle.

Les délégations de quelque 200 pays arrivent au terme de deux semaines de négociations menées jour et nuit sur la limitation des émissions de gaz à effet de serre, les financements aux pays en voie de développement, les plus affectés par le changement climatique, et nombre de contentieux.


■ Des débats confus à Glasgow

Un nouveau projet de déclaration finale de la conférence mondiale sur le climat publié par la présidence britannique n’a pas débouché sur les avancées espérées et une nouvelle séance plénière annoncée pour la mi-journée n’a même pas pu commencer.

Sous le regard des caméras – mais sans son –, l’émissaire américain John Kerry et le vice-président de la Commission européenne se sont entretenus pendant de très longues minutes avec divers groupes de pays en développement à l’intérieur de la salle plénière, tandis que le président de la COP26 Alok Sharma attendait à la tribune.

Mais la dernière version du texte n’apportait pas de progrès sur le dossier au cœur des tensions de ces derniers jours de négociations, l’enveloppe financière pour aider les pays les plus pauvres, les moins responsables du changement climatique mais en première ligne face à ses impacts. Les pays en développement avaient notamment demandé un mécanisme spécifique de prise en compte des «pertes et préjudices», c’est-à-dire les dommages déjà causés par les impacts ravageurs des tempêtes, sécheresses et canicules qui se multiplient.

Selon plusieurs observateurs et sources proches des négociations, les pays riches, et notamment les Etats-Unis et l’UE, ont fait barrage à cette proposition. «L’UE est prête à aider à jeter des ponts», a assuré samedi le vice-président de la Commission européenne Frans Timmermans, notant toutefois que les Européens avaient «substantiellement» augmenté leur contribution financière.


■ La résistance des pays producteurs d’hydrocarbures

Autre point très controversé, la mention inédite dans un texte à ce niveau des énergies fossiles, principales responsables du réchauffement de la planète et qui ne sont même pas citées dans l’Accord de Paris, est préservée dans cette troisième version du projet de déclaration, au grand dam des pays producteurs. Mais de version en version la portée du texte a été amoindrie. Il appelle désormais les pays membres à «accélérer les efforts vers la sortie de l’énergie au charbon sans systèmes de capture (de CO2) et des subventions inefficaces aux énergies fossiles».


■ En Suisse, les Verts critiquent déjà la «débâcle» de Glasgow

Les délégués Verts réunis samedi à Berne ont qualifié la conférence sur le climat à Glasgow de «débâcle». Le parti veut placer le tournant écologique au cœur de l’agenda politique et a adopté une résolution en faveur d’un tournant écologique équitable.

Avant l’adoption de cette résolution, Balthasar Glättli, le président des Verts, avait critiqué en ouverture de l’assemblée le jeu à somme nulle de la conférence sur le climat à Glasgow. La Suisse ne fait pas mieux. A Glasgow, selon Balthasar Glätti, le président de la Confédération Guy Parmelin a invité les autres gouvernements à définir des objectifs intermédiaires ambitieux; mais la stratégie climatique du Conseil fédéral ne comporte «aucun objectif climatique contraignant, ni des mesures concrètes».


■ Le projet de déclaration «fait réellement avancer les choses»

Le président de la conférence sur le climat COP26, Alok Sharma, a appelé samedi les délégués à accepter le projet de déclaration, jugeant qu’il est «équilibré» et «fait réellement avancer les choses pour tout le monde». «Tout le monde a pu s’exprimer et j’espère que mes collègues apprécieront ce qui est sur la table», a-t-il déclaré lors de la séance plénière.

Alok Sharma s’exprimait après une heure de discussions en petits groupes entre délégués venus du monde entier en différents points de la salle alors qu’il avait tenté en vain de faire commencer la séance. Visibles au sein de ces discussions animées figuraient l’émissaire américain pour le climat John Kerry et le vice-président de la Commission européenne Frans Timmermans.

«Tous les aspects n’en seront pas accueillis favorablement par tous», a concédé Alok Sharma au sujet du texte, dans une brève allocution avant d’accorder 45 minutes supplémentaires aux délégations. «Mon intention est que nous mettions un terme à cette COP cet après-midi», a-t-il dit d’un ton ferme alors que cette 26e conférence internationale sur le climat organisée à Glasgow en Ecosse devait officiellement prendre fin vendredi après deux semaines d’âpres discussions menées jour et nuit.


■ La Suisse pas encore satisfaite du projet de document final

La Suisse n’est pas encore satisfaite du projet de document final et des projets de décisions à la COP26. La conseillère fédérale Simonetta Sommaruga a appelé vendredi à Glasgow à plus d’efforts pour la réduction des gaz à effet de serre.

«Si le projet de document final doit être une décision qui signale que nous voulons atteindre une limite de 1,5 °C» au réchauffement climatique d’ici 2100, «nous ne devons pas préserver ce qu’il dit» sur cette diminution, a-t-elle dit devant tous les Etats. «Nous devons le rendre plus clairement plus fort».


■ Calendrier plus serré, énergies fossiles et aides financières: sujets cruciaux dans les ultimes négociations

  • Le projet de décision publié par la présidence britannique appelle les Etats membres à relever leurs engagements de réduction d’émissions plus régulièrement que prévu dans l’accord de Paris, et ce dès 2022. Mais cette révision doit être faite «en prenant en compte les circonstances nationales particulières», ouvrant la voie à des aménagements pour certains pays, qui ne figuraient pas dans la première version.
  • Symboliquement, le texte conserve aussi une référence à une sortie des financements des énergies fossiles et de l’utilisation du charbon. Mais la formulation est adoucie par rapport à la première version qui appelait à «accélérer la sortie du charbon et des financements aux énergies fossiles». Les pays sont maintenant encouragés à limiter les financements «inefficaces» aux énergies fossiles et à accélérer la sortie de l’utilisation du charbon «sans système de capture» du carbone, encore balbutiants.

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  • Sur les très controversées questions de l’aide aux pays pauvres, la nouvelle version du texte appelle toujours les pays riches à remplir, et même aller au-delà, de leur promesse non tenue de fournir 100 milliards de dollars par an. Et à doubler d’ici 2025 l’aide spécifiquement consacrée à l’adaptation aux effets du changement climatique, alors que c’est le financement des réductions d’émissions qui capte 75% du total. Les pays pauvres estiment cette répartition particulièrement «injuste», puisqu’ils représentent une part insignifiante des émissions mondiales, mais subissent déjà les conséquences les plus sévères du réchauffement.
  • Les pays les plus vulnérables insistent également pour que les financements prennent en compte les «pertes et préjudices» qu’ils subissent déjà. Sur ce point, le texte propose d’accélérer la mise en œuvre de dispositifs déjà prévus et la création d’un «dispositif d’assistance technique». Mais sans donner de chiffres, alors que les estimations de besoins toutes enveloppes confondues des groupes de pays moins développés vont maintenant de 750 milliards à 1300 milliards de dollars par an.

■ Querelles sémantiques pour décrypter les derniers brouillons

Avec la publication d’un nouveau brouillon de déclaration finale à quelques heures de la fin de la COP26, les activistes pour le climat et les journalistes, tenus à l’écart des négociations finales entre les Etats, scrutent les différences de vocabulaire entre les versions.

L’un des points importants de la déclaration est l’obligation des Etats de rehausser leurs ambitions de réduction des émissions de carbone dès l’an prochain, et non plus tous les cinq ans, selon le dispositif actuel. Dans la dernière version, le verbe «exhorter» (urge) a été remplacer par «demander» (request). Laquelle des deux formulations est la plus forte? On se perd en conjectures, comme ce journaliste du New Scientist.


■ Un nouveau projet de décision finale à quelques heures de la fin de la conférence

Les pays participants à la COP26 sont invités à limiter les financements «inefficaces» aux énergies fossiles et à accélérer la sortie de l’utilisation du charbon «sans système de capture» carbone, dans un nouveau projet de décision finale, posté par la présidence britannique vendredi matin.

Cette formulation est adoucie par rapport à une précédente version du texte qui appelait simplement à «accélérer la sortie du charbon et des financements aux énergies fossiles».