Selon des sources proches de l’enquête citées par l’AFP l’homme, prénommé Thierry, aurait 51 ans et aurait agi seul. Il a été interpellé dans l’Hérault dans le petit village de Hérépian, par la police à qui il a finalement avoué que c’était bien lui le «corbeau», auteur de plusieurs lettres de menaces adressées ces derniers mois au chef de l’Etat Nicolas Sarkoy mais aussi à plusieurs ministres et responsables de parti. Une trentaine de missives ont ainsi été expédiées depuis 2008, toujours postées du sud de la France, parfois signées d’une mystérieuse «cellule 34», le numéro de département de l’Hérault, où réside Thierry J. Selon la radio Europe 1 qui a révélé cet homme serait actuellement sans emploi, il est handicapé, et a trois enfants. Il serait d’une santé fragile et n’était pas connu des services de police. Cet «homme fragile qui ne travaille pas et récrimine souvent» vivait «depuis quinze ans dans un logement social avec son épouse», a expliqué à l’AFP Pierre Bernard, maire d’Hérépian.

Thierry J. avait été entendu la semaine dernière comme témoin, une audition au cours de laquelle son ADN avait été prélevé, selon une source judiciaire.

Une affaire devenue prioritaire

L’affaire était devenue une priorité de l’Elysée. M. Sarkozy avait reçu début septembre les plus hauts responsables des forces de l’ordre et les avait sommés de faire avancer cette enquête. Depuis, les enquêteurs avaient une «obligation de résultat», ont commenté à l’AFP des sources policières, notamment après une série d’interpellations infructueuses comme celles de début septembre qui avaient déclenché des protestations contre les méthodes employées par la police.

Vendredi, six nouvelles lettres destinées à des personnalités politiques, dont M. Sarkozy, et contenant une balle avaient été interceptées au centre de tri de Montpellier. Elles étaient adressées aux ministres des Affaires étrangères Bernard Kouchner et de la Culture Frédéric Mitterrand, au sénateur-maire UMP de Béziers Raymond Couderc, ainsi qu’au «ministère de la Justice» et à la «police».

Michèle Alliot-Marie, Rachida Dati et Christine Albanel, le maire UMP de Bordeaux Alain Juppé, le député UMP du Nord, Christian Vanneste, ou le sénateur UMP de Lozère, Jacques Blanc, en ont également reçu. Un courrier similaire a été envoyé aux dirigeants de France Télévisions et TF1 ainsi qu’à l’AFP en mars.