Le président américain Donald Trump a déclaré mercredi que les Etats-Unis allaient «renforcer» leurs capacités militaires pour répondre à la menace nord-coréenne et a réaffirmé que toutes les options étaient envisagées. Donald Trump a tenu ces propos au lendemain d’un nouveau tir de missile de Pyongyang en direction du Japon et à la veille d’une rencontre avec son homologue chinois, dont le pays est le principal allié de la Corée du Nord.

Lors d’un entretien téléphonique avec le premier ministre japonais Shinzo Abe, il a assuré que Washington se tenait aux côtés du Japon et de la Corée du Sud «face à la menace sérieuse que la Corée du Nord continue de faire peser», a rapporté la Maison-Blanche dans un communiqué.

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Donald Trump «a dit clairement que les Etats-Unis continueraient de renforcer leurs capacités de dissuasion, ainsi que de défense de leurs alliés et de leur propre territoire, avec l’ensemble de leurs moyens militaires», précise le texte.

Une «action provocatrice»

Le chef d’Etat américain a répété n’exclure aucune option dans le dossier nord-coréen, a pour sa part rapporté jeudi à Tokyo Shinzo Abe. «Nous avons convenu que le lancement hier [mercredi] par la Corée du Nord d’un puissant missile balistique était une dangereuse action provocatrice et représentait une grande menace pour la sécurité nationale du Japon», a déclaré Shinzo Abe à la presse après une conversation de trente-cinq minutes avec le dirigeant américain.

«Je lui ai dit que le Japon surveillait de près la manière dont la Chine allait faire face au problème nord-coréen. Le président Trump a alors tenu des propos forts, disant que toutes les options étaient sur la table», a-t-il ajouté.

Donald Trump avait déjà laissé entendre auparavant que Washington pourrait faire cavalier seul si Pékin n’agissait pas pour faire entendre raison à Pyongyang.

L’épineux dossier de la Corée du Nord

Le président américain doit recevoir jeudi le président chinois Xi Jinping dans sa propriété de Mar-a-Lago en Floride. Pyongyang sera au cœur des discussions. La Chine apparaît comme le dernier pays ayant un ascendant suffisant sur la Corée du Nord, qui a fait fi de plusieurs séries de sanctions prises sous l’égide de l’ONU.

Donald Trump s’attend à une rencontre «très difficile» avec l’homme fort de Pékin. Le magnat de l’immobilier n’avait en effet pas hésité, en campagne, à ériger la Chine en principale rivale des Etats-Unis, notamment dans le domaine du commerce international. Il avait notamment accusé Pékin de «manipuler» sa monnaie.

Et même si les deux pays devaient poursuivre leur «tradition» diplomatique en maintenant des «engagements forts», selon les termes mercredi de Susan Thornton, une responsable pour l’Asie au Département d’Etat américain, de nombreuses pierres d’achoppement sont à prévoir.

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Au premier rang de celles-ci figure l’épineux dossier de la Corée du Nord. Mercredi, Pyongyang a de nouveau défié Washington et la communauté internationale en tirant son cinquième missile de l’année.

Depuis plusieurs semaines, Washington exhorte Pékin à faire pression sur son allié et turbulent voisin, auquel il offre un parachute diplomatique aux Nations unies. Dans un entretien publié dimanche par le Financial Times, le 45e président des Etats-Unis a laissé planer la menace d’une intervention militaire unilatérale.

Autre question brûlante qui devrait être évoquée sous les palmiers de Floride, le commerce. L’homme d’affaires new-yorkais reconverti dans la politique veut aborder le sujet délicat du déficit des Etats-Unis avec la Chine, qui s’élève à près de 350 milliards de dollars en 2016.