La Corée du Nord a affirmé, mercredi, avoir testé la veille avec succès un «nouveau type» de missile balistique lancé par un sous-marin, ce qui permettrait à ce pays doté de l’arme nucléaire d’avoir une capacité de seconde frappe, selon l’agence officielle nord-coréenne KCNA.

Ce test pourrait constituer une avancée technologique considérable au moment où les deux Corées, toujours techniquement en guerre, semblent lancées dans une course à l’armement et que le dialogue Washington-Pyongyang est à l’arrêt.

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L’arme est dotée de «nombreuses technologies avancées de contrôle et de guidage», selon KCNA, qui affirme qu’elle a été tirée depuis le même sous-marin, le «8.24 Yongung», que celui utilisé par le pays lors de son premier essai de missile balistique stratégique mer-sol (SLBM) il y a cinq ans. Pyongyang a déjà procédé à deux lancements sous-marins en 2016 et 2019, mais le Pentagone et des analystes estiment qu’ils ont été effectués depuis une plate-forme immergée.

L’armée sud-coréenne avait indiqué, mardi, que l’engin lancé était un SLBM tiré depuis Sinpo, dans l’est de la Corée du Nord, en direction de la mer. Le missile a parcouru environ 590 kilomètres à une altitude maximale d’environ 60 kilomètres, a déclaré une source à l’AFP.

Une réunion à l'ONU en urgence

Si le nouveau missile a bien été tiré d’un sous-marin en activité, cela marquerait une nouvelle étape pour l’arsenal nord-coréen avec la possibilité d’un déploiement bien au-delà de la péninsule coréenne, et une capacité de seconde frappe en cas d’attaque sur ses bases militaires.

Le Conseil de sécurité de l’ONU prévoit de se réunir en urgence à huis clos mercredi après-midi à la demande du Royaume-Uni et des Etats-Unis, ont indiqué des diplomates à l’AFP.

La Corée du Nord est frappée d’une série de sanctions par l’ONU car elle poursuit le développement d’armes nucléaires et de missiles balistiques en contravention avec ses résolutions.

La Maison-Blanche a souligné que le nouveau lancement était une menace qui ne faisait que souligner le besoin «urgent» de dialogue avec Pyongyang, mais aussi son engagement «inébranlable» à aider à défendre la Corée du Sud et le Japon.

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Le Conseil national de la sécurité sud-coréen, réuni en urgence mardi, a exprimé son «profond regret» et exhorté Pyongyang à reprendre le dialogue.

Des démonstrations de force

En septembre, Séoul a testé son premier SLBM, devenant l’un des rares pays doté de cette technologie avancée, et a dévoilé un missile de croisière hypersonique.

Pyongyang a de son côté effectué récemment plusieurs tests, notamment un missile à longue portée, une arme tirée depuis un train et un missile présenté comme hypersonique.

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La semaine dernière, une exposition consacrée à la défense a été l’occasion de présenter l’armement du pays, notamment un énorme missile balistique intercontinental (ICBM), dévoilé l’an passé lors d’un défilé militaire. Pyongyang affirme avoir besoin d’un tel arsenal pour se défendre contre une éventuelle invasion américaine. Lors de cette exposition, Kim Jong-un a accusé les Etats-Unis d’être la « cause profonde » de l’instabilité dans la péninsule.

Le nouveau tir intervient alors que la directrice des services de renseignement américains, Avril Haines, est à Séoul pour participer à une réunion avec ses homologues sud-coréen et japonais sur la Corée du Nord, selon les médias. «Nous n’avons aucune intention hostile envers la Corée du Nord et nous espérons les rencontrer sans conditions», a affirmé lundi Sung Kim.