La Corée du Nord a accusé dimanche le président américain Joe Biden de mener une politique hostile et dénoncé une diplomatie américaine «fallacieuse», en menaçant de riposter. Ces déclarations interviennent après que Joe Biden a affirmé mercredi au Congrès qu'il utiliserait «la diplomatie tout autant qu'une dissuasion sévère» pour contenir les ambitions nucléaires de Pyongyang. Vendredi, la Maison-Blanche a expliqué que le président américain était favorable à une approche diplomatique «réaliste».

Les négociations entre les Etats-Unis et le Nord sont à l'arrêt depuis l'échec du deuxième sommet entre Donald Trump et Kim Jong Un à Hanoï, en 2019. Depuis son arrivée au pouvoir, il y a 100 jours, Joe Biden est resté relativement discret sur le dossier. Le ministère nord-coréen des affaires étrangères a affirmé dans un communiqué diffusé dimanche par l'agence KCNA que Joe Biden avait commis une «grosse bévue» avec sa position «dépassée» envers le pays.

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«Actes hostiles»

«Sa déclaration reflète clairement son intention de poursuivre une politique hostile vis-à-vis de la RPDC comme le font les Etats-Unis depuis plus d'un demi-siècle», a déclaré Kwon Jung Gun, un responsable du ministère nord-coréen des Affaires étrangères. «La soi-disant «diplomatie» américaine est une pancarte fallacieuse destinée à couvrir leurs actes hostiles, et la «dissuasion» annoncée est simplement un moyen de poser des menaces nucléaires à la RPDC», a-t-il ajouté en utilisant les initiales du nom officiel du régime, la République populaire et démocratique de Corée. «Maintenant que l'axe central de la nouvelle politique américaine au sujet de la RPDC est clair, nous allons être obligés de prendre les mesures qui s'imposent.»

Vendredi, la Maison-Blanche avait réaffirmé que son objectif demeurait la «dénucléarisation complète de la péninsule coréenne». La politique américaine verra «une approche calibrée, pratique, ouverte à la diplomatie» avec la Corée du Nord, avait dit vendredi à la presse Jen Psaki, porte-parole de la Maison-Blanche.

Approche «réaliste»

Plaidant pour une approche «réaliste» par voie diplomatique, en étroite consultation avec la Corée du Sud et le Japon, elle est restée évasive sur de possibles initiatives à l'étude, tout en prenant ses distances avec les précédentes administrations. «Notre politique ne sera pas centrée sur la recherche d'un grand accord», a-t-elle souligné, marquant nettement la différence avec l'approche de Donald Trump. «Mais elle ne s'appuiera pas non plus sur la patience stratégique», a-t-elle ajouté, en référence à la doctrine de la présidence de Barack Obama.

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Dans une déclaration séparée, également publiée par KCNA, le ministère nord-coréen des Affaires étrangères a accusé les Etats-Unis d'avoir insulté Kim Jong Un et sa politique contre le coronavirus, en référence à un communiqué de presse du 28 avril du Département d'Etat. Son porte-parole Ned Price avait critiqué les violations des droits de l'Homme et les mesures draconiennes prises par le Nord contre le Covid-19, fustigeant «l'un des Etats les plus répressifs et totalitaires au monde». «La «question des droits de l'Homme» évoquée par les Etats-Unis est une manoeuvre politique destinée à détruire l'idéologie et le système social de la RPDC», a indiqué le ministère nord-coréen.