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L'absence de test de missile depuis avait soulevé l'espoir que le durcissement des sanctions de l'ONU portait ses fruits.
© KCNA via REUTERS

Tensions nucléaires

La Corée du Nord peut désormais lancer un missile sur Washington

En réaction au nouveau pied de nez nord-coréen, le chef de la diplomatie américaine assure que les options diplomatiques restent sur la table. Mais ce nouveau tir représente «une menace pour le monde entier» souligne Donald Trump. Le Conseil de sécurité convoque une réunion d'urgence

«On va s'en occuper», a fait savoir Donald Trump. «Les options diplomatiques restent sur la table, pour l'instant. Les Etats-Unis restent attachés à la recherche d'une voie pacifique vers la dénucléarisation», a enchaîné peu après le chef de la diplomatie américaine, en réaction au nouveau tir de missile nord-coréen. Une nouvelle fois, Rex Tillerson a tenté de clarifier les propos du président américain. Donald Trump avait suscité les pires craintes en août en promettant «le feu et la fureur» au leader nord-coréen, Kim Jong-un. Le 18 septembre, lors de son premier discours devant l’Assemblée générale des Nations unies, il avait été jusqu'à menacer de «détruire totalement» le pays en cas de nouvelle provocation.

«Une menace pour le monde entier»

Cette nouvelle provocation est arrivée mardi. L'annonce d'un nouveau tir de missile intercontinental orchestré par la Corée du Nord, a été faite par Séoul, vers 19h30 en Suisse. Donald Trump, alors en visite au Congrès où les leaders démocrates venaient d'annoncer leur boycott d'une rencontre, en a été informé quand le missile était encore en plein vol. Il a parcouru 1000 kilomètres avant de s'abîmer en mer de Chine.

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Présent aux côtés de Donald Trump lors de son allocution à la Maison-Blanche, James Mattis, le ministre de la Défense, a indiqué que ce tir avait atteint «la plus haute altitude» parmi ceux effectués par Pyongyang, et qu'il représentait à ce titre «une menace pour le monde entier». Selon des informations obtenues par l'expert David Wright, codirecteur de l'Union of Concerned Scientists, il se serait élevé à plus de 4500 kilomètres. «Si ces chiffres sont corrects, en volant sur une trajectoire normale et pas sur une trajectoire en cloche, ce missile pourrait avoir une portée de plus 13 000 kilomètres», estime-t-il sur son blog. Assez pour atteindre Washington.

En réaction à cette nouvelle provocation, l'armée sud-coréenne a effectué des tirs de précision en mer. Tokyo a vivement protesté contre cet «acte violent» et le président du Conseil de sécurité de l'ONU a convoqué une réunion d'urgence. Elle aura lieu ce mercredi, à 20h.

Lire aussi: A l'ONU, Donald Trump menace de «détruire totalement» la Corée du Nord

Rex Tillerson appelle la communauté internationale «à prendre de nouvelles mesures», au-delà des sanctions déjà adoptées par le Conseil de sécurité. Dans une déclaration lue par une porte-parole, il suggère une piste: interdire le trafic maritime transportant des biens vers et depuis la Corée du Nord. Dans un tweet, le président français Emmanuel Macron condamne le «nouvel essai balistique irresponsable».

Liste noire des Etats terroristes

Il s'agit du huitième essai nucléaire effectué par Pyongyang. Le dernier remontait au 15 septembre, moins d'une semaine après l'adoption d'une nouvelle série de sanctions par l'ONU. Le dernier tir est probablement une réaction directe de Kim Jong-un au fait que Washington a décidé il y a huit jours d'inscrire la Corée du Nord sur la liste noire des «Etats soutenant le terrorisme». Une sorte de retour de boomerang. Le régime avait alors déjà qualifié cette décision de «grave provocation».

Washington continue de faire pression sur la Chine, pour qu'elle cesse son soutien financier à la Corée du Nord. Lors de son récent voyage à Beijing, Donald Trump s'était montré inhabituellement confiant envers son homologue chinois. Son périple asiatique de douze jours avait, selon ses propres termes, pour objectif «d'unir le monde contre la menace posée par le régime nord-coréen». Le président américain reste persuadé qu'assécher ses ressources financières et isoler Pyongyang reste le moyen de faire plier Kim Jong-un. Mais tout laisse à penser que le leader nord-coréen n'a aucune intention de baisser les bras et renoncer à son programme nucléaire. 

Premier tir sous l'ère Kim Jong-un en décembre 2011

Pyongyang a procédé à son premier essai nucléaire le 9 octobre 2006. Quelques mois plus tard, la Corée du Nord acceptait à nouveau de démanteler son programme nucléaire et d'accueillir des inspecteurs, en échange d'un million de tonnes de carburant et de son retrait de la liste noire des Etats qualifiés de terroristes par Washington. Mais la promesse n'a pas tenu longtemps. En mai 2009, le régime procède à son deuxième essai nucléaire, souterrain. Le troisième, le premier sous Kim Jong-un, remonte à décembre 2011. Les cinq suivants se déroulent entre janvier 2016 et novembre 2017. 

«L'Amérique est de retour, et l'avenir n'a jamais paru aussi radieux», a lancé Donald Trump, à propos du dossier nord-coréen, au retour de son voyage asiatique. Aujourd'hui, avec cette nouvelle humiliation infligée par celui qu'il surnomme «Little Rocket Man», son discours n'est plus vraiment teinté du même optimisme. 


La Chine fait part de ses inquiétudes

Mercredi martin, la Chine a exprimé sa «vive inquiétude» et son «opposition» après le nouveau tir de missile, tout en appelant Pyongyang et Washington à l’apaisement et au dialogue. «Nous exhortons fermement la Corée du Nord à respecter les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU et à stopper toute action entraînant une hausse des tensions dans la péninsule coréenne», a martelé Geng Shuang, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères lors d’une conférence de presse régulière. «Dans le même temps, nous espérons que toutes les parties concernées puissent agir avec prudence et travailler de concert pour la paix et la stabilité de la région».

La Chine, principal soutien économique et diplomatique de sa voisine la Corée du Nord, assure appliquer strictement les nouvelles sanctions internationales décidées par le Conseil de sécurité de l’ONU. Elle défend par ailleurs vigoureusement l’option d’un règlement de la crise par le dialogue. Geng Shuang a ainsi estimé que la proposition chinoise d’un «double moratoire» restait la meilleure option pour apaiser les tensions. Ce plan consiste en la suspension conjointe des essais nucléaires et balistiques de Pyongyang et des manœuvres militaires communes américano-sud-coréennes - ce à quoi Washington se refuse. (ATS)

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