Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a rejeté l'offre de dialogue des Etats-Unis, accusant le président Joe Biden de poursuivre les «actes hostiles» de ses prédécesseurs, ce qu'a aussitôt nié Washington.

«Notre politique vise une approche graduelle et pratique pour une diplomatie sérieuse et durable avec la Corée du Nord», a assuré mercredi un porte-parole du Département d'Etat américain, réitérant n'avoir «aucune intention hostile» envers Pyongyang.

«Les Etats-Unis sont prêts à rencontrer des responsables nord-coréens sans conditions préalables. Nous espérons que la Corée du Nord répondra de façon positive à notre offre», a-t-il ajouté. Cette proposition avait déjà été formulée à plusieurs reprises par le gouvernement Biden.

Le président nord-coréen dénonce la «fourberie» de Washington

Ces déclarations interviennent après que Kim Jong-un a qualifié l'offre répétée de dialogue des Etats-Unis de «façade pour masquer leur fourberie et leurs actes hostiles, et une poursuite de la politique hostile des précédentes administrations» lors d'un discours-fleuve devant l'Assemblée suprême du peuple, le «parlement» nord-coréen, a rapporté jeudi l'agence officielle KCNA.

«Depuis l'avènement de la nouvelle administration américaine, la menace militaire des Etats-Unis et leur politique hostile à notre encontre n'ont pas changé du tout, elles sont devenues plus trompeuses», a poursuivi Kim Jong-un, selon des propos rapportés par le quotidien officiel Rodong Sinmun.

Le discours de Kim Jong-un montre que Pyongyang entend poursuivre sa politique en matière d'armement à moins que Washington ne change de cap, a analysé Hong Min, chercheur à l'Institut coréen pour l'unification nationale à Séoul.

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Les pourparlers entre Washington et Pyongyang sont dans l'impasse depuis l'échec du sommet de 2019 à Hanoï entre Kim Jong-un et le président américain de l'époque Donald Trump. Depuis l'arrivée au pouvoir de Joe Biden, Pyongyang s'était plutôt montré attentiste.

Froid avec Séoul

Kim Jong-un a par ailleurs jugé prématuré le récent appel du président sud-coréen Moon Jae-in à mettre officiellement fin à la guerre de Corée (1950-1953) qui s'était achevée par une trêve et non par un traité de paix, laissant les deux parties techniquement en guerre depuis.

Un tel acte ne pourra avoir lieu que lorsque «le respect mutuel sera garanti et les opinions injustes et le deux-poids-deux-mesures abandonnés», a averti le leader nord-coréen.

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Depuis l'arrivée de Kim Jong-un au pouvoir, les programmes d'armement ont progressé, Pyongyang les justifiant par la nécessité de se protéger contre une éventuelle invasion américaine. La Corée du Nord n'a procédé à aucun essai nucléaire ou tir de missile balistique intercontinental depuis 2017. Mais elle a affirmé cette semaine avoir testé un missile planeur hypersonique ce qui, si la véracité de l'information est confirmée, constituerait une avancée technologique majeure.

Une réunion convoquée en urgence

Le Conseil de sécurité de l'ONU prévoit de se réunir d'urgence jeudi sur la Corée du Nord, à la demande des Etats-Unis, de la France et du Royaume-Uni, selon des sources diplomatiques.

Cette session se tiendra en principe dans la matinée et à huis clos, a précisé à l'AFP l'une de ces sources, sans indiquer si elle pourrait donner lieu à l'adoption d'une déclaration commune du Conseil de sécurité.