La Corée du Nord a procédé mercredi à 100 tirs d’artillerie vers une «zone tampon» maritime, a annoncé l’armée sud-coréenne, quelques heures après que Pyongyang a lancé plusieurs missiles dont l’un est tombé près des eaux sud-coréennes. «La Corée du Nord a effectué environ 100 tirs d’artillerie depuis Kosong», ville du Kangwon (Sud), dans la «zone tampon» au nord de la ligne de démarcation qui constitue de fait la frontière maritime entre les deux pays, a précisé l’état-major interarmées de Séoul.

Une alerte au raid aérien diffusée par les autorités sur la télévision nationale a demandé aux habitants de l’île d’Ulleungdo «d’évacuer vers l’abri souterrain le plus proche», a indiqué l’état-major interarmées. «Nous déclarons que notre armée répondra de manière décisive à cela.»

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En réaction, Séoul a tiré trois missiles air-sol de précision dans les eaux «près de la Ligne de limite du Nord à une distance correspondant à la zone où le missile nord-coréen a frappé», a déclaré l’armée sud-coréenne. Plus tôt, le président Yoon Suk-yeol a convoqué une réunion du Conseil national de sécurité. Il a «souligné que la provocation nord-coréenne est une invasion territoriale de fait par un missile qui a franchi la Ligne de limite du Nord pour la première fois depuis la division» de la péninsule, a déclaré la présidence dans un communiqué.

Le Japon a également confirmé le lancement de missiles balistiques nord-coréens présumés, les garde-côtes recommandant aux navires de faire attention. Le premier ministre japonais Fumio Kishida a déclaré aux journalistes vouloir «tenir une réunion sur la sécurité nationale dès que possible» en raison de «l’augmentation des tensions dans la péninsule coréenne».

Une réponse à «Tempête vigilante»

Séoul et Washington organisent actuellement le plus grand exercice aérien conjoint de leur histoire, baptisé «Tempête vigilante» (Vigilant Storm), auquel participent des centaines d’avions de guerre des deux armées.

Pak Jong-chon, maréchal nord-coréen et secrétaire du Parti des travailleurs au pouvoir, a déclaré ces exercices agressifs, selon un rapport publié mercredi par la presse officielle nord-coréenne. Selon lui, le nom de ces manoeuvres fait écho à l’opération «Tempête du désert», nom donné aux opérations militaires de la coalition conduite par les Etats-Unis contre l’Irak en 1990 et 1991 après l’invasion du Koweït.

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«Si les Etats-Unis et la Corée du Sud tentent d’utiliser leurs forces armées contre la (République populaire démocratique de Corée) sans crainte, les moyens spéciaux des forces armées de la RPDC accompliront leur mission stratégique sans délai», a déclaré Pak Jong-chon, selon l’agence d’Etat KCNA. «Les Etats-Unis et la Corée du Sud devront faire face à une terrible affaire et payer le prix le plus horrible de l’histoire.»

«Pour protester contre l’exercice conjoint des Etats-Unis et de la Corée du Sud, Pyongyang semble avoir organisé la plus agressive et menaçante démonstration (de force) contre le Sud depuis 2010», a déclaré à l’AFP Cheong Seong-chang, chercheur à l’institut Sejong.

«La plus puissante (mesure de) dissuasion»

Ce tir de missiles nord-coréens survient après une série de lancements, notamment de ce que le Nord a qualifié d’exercices nucléaires tactiques. Washington et Séoul avertissent de manière répétée que Pyongyang pourrait effectuer un nouvel essai nucléaire, qui constituerait le 7e de son histoire.

L’exercice aérien «Tempête vigilante» a été précédé de 12 jours d’exercices navals. «Aussi longtemps que je me souvienne, la Corée du Nord n’a jamais procédé à une telle provocation lorsque la Corée du Sud et les Etats-Unis menaient des manœuvres conjointes», a décrit à l’AFP Park Won-gon, professeur à l’université Ewha. «Pyongyang semble avoir achevé sa plus puissante (mesure de) dissuasion. C’est une grave menace. Le Nord semble également confiant dans ses capacités nucléaires.»

De son côté, le Kremlin a appelé mercredi toutes les parties «au calme». «Toutes les parties de ce conflit doivent éviter à prendre des mesures quelconques susceptibles de provoquer une montée des tensions», a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, en soulignant que la «situation sur la péninsule est déjà assez tendue».