Le leader nord-coréen Kim Jong-un a personnellement ordonné, jeudi, le tir d’un «nouveau type» de missile balistique intercontinental (ICBM), le Hwasongpho-17, a rapporté vendredi l’agence d’Etat nord-coréenne KCNA.

Le président sud-coréen Moon Jae-in avait confirmé, la veille, que le projectile lancé par Pyongyang en direction de la mer du Japon était un ICBM. Il s’agit d’une «violation de la suspension des tirs de missiles balistiques intercontinentaux promise par le président Kim Jong-un à la communauté internationale», a-t-il déclaré dans un communiqué, ajoutant que cela constituait également une violation du régime de sanctions de l’ONU.

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Le projectile tiré jeudi par la Corée du Nord est tombé dans la zone économique exclusive maritime du Japon, a annoncé le ministère de la Défense nippon. «Nos analyses indiquent que le missile balistique a volé pendant 71 minutes» à environ 150 km de la péninsule d’Oshima, (île septentrionale d’Hokkaido), a déclaré le secrétaire d’Etat à la Défense Makoto Oniki.

Des condamnations internationales

L’ONU a condamné «avec force» ce tir. «Le lancement d’un missile de longue portée fait courir le risque d’une escalade des tensions dans la région», a dit le porte-parole du secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres. Le Portugais «presse» Pyongyang «de ne pas entreprendre davantage d’actions contre-productives». Le Conseil de sécurité devrait se réunir vendredi à la demande de six pays occidentaux face à ce tir «sans ambiguïté» par la Corée du Nord, ont indiqué des diplomates à l’AFP/

Le premier ministre japonais Fumio Kishida a, lui, dénoncé «un acte scandaleux». Le régime nord-coréen «menace la paix et la sécurité du Japon, de la région et de la communauté internationale», a-t-il déclaré depuis Bruxelles, où il se trouvait pour un sommet du G7.

Condamnant «avec force» le nouveau tir, la Maison-Blanche a assuré qu'il démontre que la Corée du Nord «continue de donner la priorité à ses armes de destruction massive», a déclaré sa porte-parole, Jen Psaki. Les Etats-Unis ont dans la foulée imposé de nouvelles sanctions sur des entités russes et nord-coréennes. Ces dernières sont accusées de «transférer des éléments sensibles à destination du programme de missile de la Corée du Nord», a indiqué le département d’Etat dans un communiqué.

Multiplication des essais

Pyongyang respecte un moratoire auto-imposé sur les essais de missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) et d’armes nucléaires depuis que le dirigeant Kim Jong-un s’est lancé dans une série de rencontres diplomatiques très médiatisées avec le président américain de l’époque, Donald Trump, en 2018. Les pourparlers ont échoué et les efforts de l’actuel président américain Joe Biden pour ouvrir de nouvelles négociations n’ont pas permis de sortir la diplomatie de l’impasse.

Pyongyang a commencé à laisser entendre en janvier qu’il pourrait briser le moratoire et a conduit un nombre record de tests d’armes au premier trimestre, tirant des missiles hypersoniques et des missiles balistiques à moyenne portée, tous deux interdits.

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Selon l’armée sud-coréenne, la Corée du Nord a tiré la semaine dernière un missile balistique, mais l’essai s’est soldé par un échec total. Les analystes ont avancé que ce tir raté serait un Hwasong-17, surnommé le «missile monstre», un ICBM qui n’a encore jamais été lancé. Le Nord semble avoir effectué dimanche des tirs au lance-roquettes multiple.