L'annonce dimanche du premier décès hors de Chine lié au nouveau coronavirus, survenu aux Philippines, relance les inquiétudes sur la propagation de l'épidémie qui a fait 361 morts en Chine, dont 57 décès lors de la journée de dimanche. Il y a désormais eu en Chine continentale plus de morts dus à ce coronavirus qu'à l'épidémie de Sras (syndrome respiratoire aigu sévère), qui y avait fait 349 victimes. Le nombre d'infections confirmées en Chine a grimpé à plus de 17 200.

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), les Philippines ont signalé dimanche la mort à Manille d'un Chinois de 44 ans, originaire de la ville de Wuhan où l'épidémie de pneumonie virale a démarré en décembre. «Il s'agit du premier décès signalé en dehors de la Chine», a déclaré le représentant de l'OMS aux Philippines, Rabindra Abeyasinghe. Cette annonce survient alors qu'un nombre croissant de pays ferment leurs frontières aux personnes venant de Chine. Le virus s'est propagé dans 24 pays.

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Des réunions prévues dans la semaine

Les pays du G7 vont se concerter pour apporter une réponse «uniforme» face à l'épidémie, a annoncé dimanche le ministre allemand de la santé. «Nous sommes convenus qu'il doit y avoir une conférence téléphonique des ministres de la santé du G7», a expliqué Jens Spahn.

L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et son allié russe vont tenir une réunion technique mardi et mercredi à Vienne pour analyser la baisse des cours du brut en lien avec l'épidémie, a indiqué dimanche à l'Agence France-Presse (AFP) une source proche de l'organisation.

Le confinement étendu à Wenzhou 

La Chine, qui souffrait déjà d'un ralentissement de sa croissance avant l'épidémie, a annoncé dimanche l'injection de 1200 milliards de yuans (156 milliards d'euros) pour soutenir son économie. La banque centrale effectuera l'opération lundi à la réouverture des marchés financiers chinois après le long congé du Nouvel An lunaire, prolongé en raison du virus.

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Après s'être rendus pour beaucoup dans leurs familles durant ce congé, les Chinois ont commencé durant le week-end à rentrer chez eux, en avion et en train. De nombreux commerces devraient toutefois rester fermés pour encore une semaine au moins.

Dimanche, le confinement a été étendu à Wenzhou (prononcer Wenn-djo), ville portuaire de plus de 9 millions d'habitants située à quelque 800 km à l'est de Wuhan. Avec 265 cas de contamination, Wenzhou est l'une des villes chinoises les plus touchées. Les habitants ont désormais l'obligation de rester chez eux. Seule une personne par foyer est autorisée à sortir une fois tous les deux jours pour faire les courses. Les transports publics sont suspendus ainsi que les autocars longue distance. Les grands axes routiers sont presque entièrement fermés.

Les frontières de nombreux pays fermées

L'OMS a classé jeudi l'épidémie comme «une urgence de santé publique de portée internationale» et de nombreux pays ont annoncé des mesures exceptionnelles. Les Etats-Unis, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, l'Irak et Israël notamment ont interdit l'entrée sur leur territoire aux étrangers s'étant récemment rendus en Chine.

La Mongolie, la Russie et le Népal ont fermé leurs frontières terrestres avec la Chine et la Papouasie-Nouvelle Guinée a fermé mercredi ses ports et ses aéroports à tous les voyageurs en provenance d'Asie.

Le décès aux Philippines a été annoncé juste après que Manille a décrété l'arrêt immédiat des arrivées de tous les voyageurs étrangers depuis la Chine. Pour leur part, la Grande-Bretagne, la Russie et la Suède ont annoncé leurs premiers cas confirmés durant le week-end.

Les rapatriements en cours

Parallèlement, les opérations de rapatriement d'étrangers se trouvant en Chine se poursuivent: un deuxième avion français ramenant des étrangers de 30 nationalités différentes depuis Wuhan a atterri dimanche sur une base militaire dans le sud-est de la France. Au Maroc, un avion transportant 167 Marocains de Wuhan a atterri dans la matinée à Benslimane, entre Rabat et Casablanca.

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En Italie, un avion militaire a décollé dimanche de Rome à destination de Wuhan, d'où il doit rapatrier 67 personnes. L'Algérie a aussi annoncé qu'elle allait rapatrier, à la demande de leurs gouvernements, dix Tunisiens et des étudiants libyens toujours à Wuhan, avec les 36 Algériens, majoritairement des étudiants, qui s'y trouvent bloqués.

Un groupe de Brésiliens de Wuhan a demandé à leur président Jair Bolsonaro, via une vidéo, leur rapatriement. Ils affirment qu'aucun n'a «de symptômes de l'infection» et se disent prêts à être placés en quarantaine. Le gouvernement brésilien a assuré qu'il les rapatrierait.


Les Bourses chinoises dévissent de 9% après les longs congés

Les Bourses de Chine continentale s'effondraient lundi de presque 9% dans des marchés paniqués par l'épidémie de pneumonie virale et son impact économique, pour leur première séance après la longue interruption des congés du Nouvel An lunaire. Dans les premiers échanges, l'indice composite de la Bourse de Shanghai plongeait de 8,73% à 2716,70 points, et la Bourse de Shenzhen, deuxième place de Chine continentale, perdait 8,99% à 1598,80 points. A l'inverse, à la Bourse de Hongkong, l'indice Hang Seng résistait (+0,17% à 26 356,22 points).

Du fait des traditionnelles vacances du Nouvel An lunaire, les marchés de Shanghai et Shenzhen étaient fermés depuis le 24 janvier, soit au lendemain de la mise de facto en quarantaine de la ville de Wuhan (centre), foyer de l'épidémie du nouveau coronavirus. Les Bourses chinoises auraient dû rouvrir vendredi, mais Pékin a octroyé trois jours fériés supplémentaires pour se donner le temps de mieux combattre l'épidémie. Or, pendant ce temps, les indices boursiers mondiaux ont eux piqué du nez depuis dix jours, effrayés par les conséquences possibles de l'épidémie sur la croissance de la Chine, deuxième économie mondiale.

Les titres cotés sur les Bourses de Shanghai et de Shenzhen ne peuvent cependant pas chuter de plus de 10% quotidiennement, toute évolution d'un titre de plus de 10% en cours de séance entraînant la suspension des échanges sur ce titre.


En vidéo: les explications d'un médecin.