L'Europe ferme ses frontières pour freiner la propagation du coronavirus, qualifiée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) de «crise sanitaire mondiale majeure de notre époque». La pandémie a fait plus de 7000 morts dans le monde, notamment en Europe où le nombre de malades a explosé ces derniers jours.

L'Union européenne ferme à partir de mardi toutes ses frontières pour trente jours, a annoncé lundi soir le président français Emmanuel Macron. Pour contrôler, 100 000 policiers et gendarmes vont être mobilisés. «Nous sommes en guerre», a martelé ce dernier en annonçant lundi dans un discours à la nation une batterie de mesures de confinement draconiennes en France, comparables à celles adoptées récemment en Italie et en Espagne.

Lire le décryptage: L'«ennemi commun», ce carburant du miracle français

«Nul ne peut combattre un incendie les yeux bandés», a affirmé le directeur de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, en estimant indispensable que les pays «testent, testent, testent. Il faut tester chaque cas suspect».

La Colombie ferme ses frontières, le Venezuela en quarantaine

Partout dans le monde, gouvernements et banques centrales montent au créneau pour essayer d'atténuer les conséquences catastrophiques de la maladie pour l'économie.

La Colombie va fermer toutes ses frontières à partir de mardi et jusqu'au 30 mai pour combattre la propagation du coronavirus, a annoncé lundi le président Ivan Duque. De son côté, le président Nicolas Maduro a décrété lundi la mise en quarantaine de la totalité du Venezuela pour lutter contre le virus, qui a contaminé 33 personnes dans le pays jusqu'à présent. Le Canada et la Tunisie ont à leur tour bouclé leurs frontières. Les plus grandes métropoles mondiales ferment restaurants, bars, discothèques et cinémas. Les habitants de Rio de Janeiro sont pour leur part appelés à quitter les plages.

Lire également: Téhéran s’obstine à refuser tout confinement

En Allemagne, les habitants sont appelés à «rester à la maison» et à renoncer aux vacances. Sans parler de quatre importants lieux saints en Iran, dont le sanctuaire de Machhad, du Taj Mahal en Inde, des mosquées au Maroc, de la suspension des prières collectives en Turquie. Ecoles et universités s'arrêtent de fonctionner, de même que les musées, et les annulations d'événements culturels se multiplient.

Aux Etats-Unis, les Etats se confinent. Les habitants de la baie de San Francisco doivent désormais rester chez eux. Des décrets similaires ont été adoptés dans les 5 comtés voisins, tout autour de la baie, y compris la Sillicon Valley. L'Etat du New Jersey, voisin de New York, a été le premier Etat américain à annoncer lundi un couvre-feu. De même, les autorités de l'Ohio ont ordonné la fermeture des bureaux de vote quelques heures avant l'ouverture mardi de primaires pour la présidentielle américaine. Le gouverneur a pris cette décision contre l'avis d'un juge à cause de la pandémie de coronavirus.

Lire également: Le coronavirus menace la campagne présidentielle américaine

Vingt cas importés signalés en Chine

Il y a désormais plus de décès recensés ailleurs dans le monde qu'en Chine continentale (3226), point de départ en décembre de la pandémie et pays le plus touché. La Chine a fait état mardi d'une seule nouvelle contamination locale et de 20 cas importés. Elle a toutefois également signalé 20 cas importés par des personnes entrées dans le pays. La Chine a désormais comptabilisé 143 cas importés. 

Aux Etats-Unis, où le chef de la diplomatie Mike Pompeo a accusé lundi la Chine de «semer la désinformation et des rumeurs abracadabrantes» sur l'origine du coronavirus, de nouveau qualifié par Donald Trump de «virus chinois», un premier essai clinique est en cours pour un vaccin.

Des plans de relance au Brésil et en Nouvelle-Zélande

Evoquant une «tragédie humaine», le G7 s'est dit déterminé à faire «tout ce qui est nécessaire» pour restaurer la croissance mondiale, que ce soit des mesures budgétaires et monétaires ou des actions ciblées. Pour la première fois, Donald Trump a jugé «possible» une récession aux Etats-Unis.

En Asie, les Bourses se ressaisissent mardi matin après une débandade la veille. En Europe, les marchés ont terminé lundi en forte baisse (de 5,31% à Francfort, de 4,71% à Londres) et la Bourse de New York a poursuivi sa dégringolade après la reprise des échanges, interrompus peu après l'ouverture. Son indice vedette, le Dow Jones s'est effondré de 12,93%, sa plus lourde chute depuis le Lundi noir d'octobre 1987.

Lire encore: «Il faut penser à l’après-coronavirus, quand la crise économique fera encore beaucoup de dégâts»

Plusieurs grandes compagnies aériennes ont fortement réduit la voilure. L'allemande Lufthansa va ainsi supprimer «jusqu'à 90%» de ses capacités de vols long courriers. Ses consoeurs américaines vont réclamer 50 milliards de dollars d'aide. L'australienne Qantas va réduire de 90% ses vols internationaux.

A lire aussi: Les compagnies européennes en mode service minimum

La Nouvelle-Zélande a annoncé mardi un plan de relance de 12,1 milliards de dollars néo-zélandais (6,5 milliards d'euros) pour faire face au choc économique provoqué par l'épidémie de coronavirus. Le gouvernement brésilien a annoncé lundi un plan de 147,3 milliards de reais (26 milliards d'euros) pour soutenir l'économie du pays face à la pandémie de coronavirus.