■ Les événements de la journée en bref

Le nombre de victimes de l’épidémie de pneumonie virale en Chine s’élève à 81. Dans le monde, 2886 cas ont été confirmés. Des chercheurs de Hongkong évoquent des chiffres bien plus élevés.

Ce lundi matin, la France a annoncé un plan de rapatriement de ses ressortissants qui comprendrait une mise en quarantaine au retour. L’Allemagne y songe, la Belgique le prépare.

La période de congés à l’occasion du Nouvel An chinois, qui devait durer jusqu’au 30 janvier, a été prolongée de 3 jours, jusqu’au 2 février.

Notre carte interactive de la propagation du virus actualisée en temps presque réel, basée sur le travail des chercheurs de la John Hopkins University, à Baltimore.

Notre dernier article en date: La Chine en ébullition face au coronavirus


■ Bourse: le SMI en net repli

Comme ailleurs dans le monde, la bourse suisse a souffert des inquiétudes liées à l’épidémie du coronavirus chinois. L’indice vedette de la place helvétique, le SMI, a lâché en clôture 1,60% à 10 675,96 points.

Les places européennes étaient aussi malmenées, alors que Tokyo a terminé en forte baisse.


■ La carte de l’expansion du virus


■ Premier décès à Pékin

Les autorités de la ville de Pékin ont fait état lundi d’un premier décès dans la capitale chinoise, celui d’une personne ayant contracté le nouveau coronavirus. La victime est un homme de 50 ans qui s’était rendu le 8 janvier à Wuhan et était tombé malade après être revenu à Pékin sept jours plus tard, a annoncé le comité à la Santé de la capitale. Il a succombé à une défaillance respiratoire.


■ L’OMS rehausse un peu son estimation

L’Organisation mondiale de la santé corrige son évaluation de la menace. Celle-ci passe à «élevée» à l’international. Jusqu’à présent, l’OMS avait indiqué que le risque était «très élevé en Chine, élevé au niveau régional et modéré au niveau international». «Il s’agissait d’une erreur de formulation», a expliqué une porte-parole de l’organisation.


■ L’épidémie fera mal à l’économie chinoise

Le tourisme est un poids lourd de l’économie du pays, représentant 11% du PIB en 2018. Trip.com, le géant chinois des réservations de voyages en ligne – qui lorgne une introduction à la Bourse de Hong Kong –, a vu son titre à Wall Street s’effondrer de 18% en quatre séances. Il a annoncé lundi proposer une «garantie d’annulation» gratuite.

Les répercussions pourraient se faire sentir ailleurs en Asie, du Japon à la Thaïlande, où les dépenses des touristes chinois sont un moteur économique crucial.


■ 2003-2020, deux images

Deux manières de faire. Ci-dessous une image d’avril 2003, à Xiaotangshan, au nord de Pékin: les ouvriers bâtissaient un camp d’isolement des victimes du Sras.

Une vidéo largement relayée par le China Daily, journal du régime: la construction de l’un des deux hôpitaux d’urgence, à Wuhan.


■ Donald Trump propose son «aide»

Alerte des agences de presse: le président américain propose «l’aide des Etats-Unis» à la Chine pour faire face au virus. «Nous avons offert à la Chine et au président Xi toute aide qui pourrait être nécessaire. Nos experts sont extraordinaires!», a-t-il écrit sur twitter.


■ En Grande-Bretagne, on prépare aussi des rapatriements et on estime que la maladie «est déjà là»

Le Telegraph indique que le Foreign Office prépare lui aussi un plan de rapatriement de citoyens anglais basés à Wuhan. Dans le pays, le virus s’invite alors que la polémique fait toujours rage quant aux moyens alloués au système national de santé.

Au reste, «la maladie est peut-être déjà arrivée» au Royaume-Uni, lancent des responsables au Times.


■ Comparé au Sras de 2002: moins meurtrier, mais plus transmissible

Moins mortel que le Sras, mais plus transmissible, peut-être même avant l’apparition de symptômes: c’est ainsi que ce présente à cette heure le nouveau coronavirus. La comparaison avec son proche parent, responsable de 800 morts en 2002/2003, donne des pistes pour combattre l’épidémie.

«De ce que nous voyons à présent, cette maladie n’est pas aussi puissante que le Sras», a déclaré dimanche Gao Fu, responsable du Centre chinois de contrôle et prévention des maladies.

Baptisé 2019-nCoV, le nouveau virus et celui du Sras (syndrome respiratoire aigu sévère) appartiennent à la même famille, celle des coronavirus, et ont 80% de similitudes sur le plan génétique (en image: en 2003, des patients de l’Hôpital de Pékin en avril 2003).

Selon l’OMS, l’épidémie de Sras avait fait 774 morts dans le monde sur 8096 cas en 2002/2003 avant d’être jugulée, soit un taux de mortalité de 9,5% (contre 34,5% pour la seule autre épidémie provoquée par un coronavirus, le Mers).


■ Wall Street ouvre en baisse

La Bourse de New York était en forte baisse lundi à l’ouverture, inquiète d’une accélération de la propagation du coronavirus: le Dow Jones baissait de 1,86%, le Nasdaq de 2,39% et le S&P 500 de 1,57%.

Wall Street avait déjà été affectée par cette épidémie venue de Chine lors des dernières séances: sur l’ensemble de la semaine dernière, le Dow Jones a reculé de 1,2%, le Nasdaq de 0,8% et le S&P 500 de 1,0%.


■ Voici l’ennemi

Cela ne parlera guère au plus grand nombre, mais voici une image du virus, fournie à l’agence Reuters par le Centre chinois de contrôle des maladies.


■ Au Canada, un suivi précis des passagers d’un avion

Le cas du patient atteint du virus découvert à sa descente d’avion à Toronto a été l’un des premiers exemples d’infection en dehors de la Chine, ce week-end. Depuis, sa femme a été mise sous surveillance (lire ci-dessous).

Les autorités de l’Ontario ont indiqué qu’elles comptent suivre certains passagers de l’avion de manière détaillée. «On a obtenu la liste des passagers et les autorités sont en train de l’analyser. On veut cibler les passagers qui étaient assis à deux mètres autour du malade. Il est possible que ceux-ci habitent une autre province ou territoire. Si c’est le cas, on va envoyer les renseignements aux autorités de cette province ou ce territoire», a expliqué le Dr Howard Njoo, administrateur adjoint de la santé publique du Canada, cité par l’agence La Presse canadienne.

Ces personnes feront l’objet d’un suivi au cours des 14 prochains jours afin de voir si elles présentent des symptômes de type grippal.


■ Des Belges seront rapatriés

«Le Soir» annonce que les autorités fédérales belges comptent rapatrier certains ressortissants. Dans la région de Wuhan, une quinzaine de personnes seraient concernées.

Leur retour se fera sur la base du volontariat et elles seront prises en charge à l’arrivée par les services publics fédéraux (SFP, dans l’expression courante) dédiés à la santé.


■ En France, les touristes chinois ont plus que doublé en 10 ans

Avec plus de 2 millions de visiteurs par an, les Chinois représentent une clientèle de poids pour la France et sont surtout les plus dépensiers, une manne qui pourrait pâtir des effets du coronavirus en cas de ralentissement des flux touristiques en provenance de Chine, indique l’AFP.

Le nombre de Chinois accueillis dans l’Hexagone a bondi ces dix dernières années, passant de 715 000 en 2009 à quelque 2,2 millions en 2018 selon Atout France, l’agence nationale qui promeut le tourisme hexagonal à l’étranger (voir leurs éléments sur le marché chinois).

Cette fréquentation s’est cependant stabilisée depuis les attentats de 2015, où 2,2 millions de visiteurs avaient été recensés, avant 2 millions en 2016 puis 2,1 millions en 2017.


■ Cinq millions d’habitants de Wuhan ont fui avant la quarantaine

Il s’est écoulé plusieurs jours entre la confirmation de la dangerosité du virus et la mise en quarantaine de la ville de Wuhan, considérée comme le point de départ de la maladie. Le Monde (article payant) donne l’estimation du nombre de personnes qui ont quitté la ville, basée sur l’affirmation du maire de Wuhan. Dimanche soir, celui-ci a indiqué que 5 millions de personnes sont parties, «emportant potentiellement avec eux le virus aux quatre coins de la Chine et du monde», écrit le journal.


■ Wuhan, ville morte

A Wuhan, au cœur de l’épidémie, une ambiance de ville morte plane sur la métropole de 11 millions d’habitants coupée du monde depuis jeudi, écrit l’agence AFP. La plupart des commerces sont fermés et la circulation interdite aux véhicules non essentiels.

Comme pour mettre du baume au cœur des habitants, un gratte-ciel proclamait lundi soir en grands caractères roses la phrase «Allez Wuhan!».


■ Suisse Tourisme commence à faire ses calculs

Contacté par Le Temps, Suisse Tourisme affirme s’attendre à une diminution de 30 à 50% du nombre de visiteurs chinois en Suisse au cours des prochaines semaines. «Des pronostics à plus long terme sont pour l’instant impossibles à établir», précise la porte-parole.

Selon les chiffres connus, 1,3 million de nuitées de l’hôtellerie suisse étaient le fait de touristes en provenance de l’Empire du Milieu, en 2018. «Si les hôtes chinois constituent une clientèle importante, ils ne représentent encore que 4,5% de toutes les nuitées en hôtel.»

Lire notre article à ce sujet.


■ Un deuxième cas «présumé» en Ontario

L’épouse d’un homme hospitalisé à Toronto pour une infection probable au coronavirus chinois a elle aussi contracté la maladie, ont annoncé mardi les autorités du Canada, qui compte désormais deux cas «présumés» – voir le Toronto Star à ce propos.

La province d’Ontario avait annoncé samedi qu’un premier cas présumé du nouveau virus avait été détecté chez un homme d’une cinquantaine d’années qui avait séjourné à Wuhan, point de départ de l’infection, et était arrivé le 22 janvier à Toronto.


■ «Parfois» plus de neuf heures de travail par jour pour les nouveaux hôpitaux

Des centaines d’ouvriers, une noria de pelleteuses… et des thermomètres pour dépister la pneumonie virale. En périphérie de Wuhan, la construction d’un hôpital de mille lits a tout de la course contre la montre, raconte l’agence AFP.

«Il faut qu’on aille vite pour combattre l’épidémie», déclare un ouvrier d’une trentaine d’années, qui préfère ne pas donner son nom.

Dans une ville placée de facto en quarantaine depuis jeudi, il explique travailler neuf heures par jour «parfois plus, parfois moins, ça dépend des besoins».

Lire notre revue de presse: La fable du Rat chinois qui annonce le Nouvel An et se retire aussitôt dans sa cachette, poursuivi par le coronavirus


■ Les marchés européens perdent du terrain, les marque de luxe mordent la poussière

Inquiets de la propagation de l’épidémie, les indices boursiers européens vacillaient lundi matin, les titres des sociétés exposées à la Chine étant particulièrement touchés.

En Europe, l’ensemble des marchés décrochaient: vers midi, la Bourse Paris lâchait 2,27%, celle de Francfort 2,28% et celle de Londres 2,49%.

Les titres des groupes de luxe, très implantés auprès de la clientèle chinoise, étaient particulièrement affectés. A Paris, LVMH, le numéro un mondial du secteur, chutait de 3,39% à 402,20 euros, Hermès de 5,04% à 675,20 euros, tandis qu’à la Bourse de Londres, Burberry dévissait de 4,38% à 2007 pence.


■ Des chercheurs de Hongkong parlent de 44 000 cas

Ces scientifiques de l’Université de Hongkong (HKU) ont mis en garde quant à une accélération de la propagation du coronavirus, qui a officiellement fait 80 morts en Chine. Au total, 2744 cas ont officiellement été confirmés dans ce pays, dont celui d’un bébé de neuf mois, alors que le nombre de cas suspects a doublé en l’espace de 24 heures, à près de 6000.

«Nous devons nous préparer au fait que cette épidémie particulière devienne une épidémie mondiale», a déclaré Gabriel Leung, le chef de cette équipe de chercheurs de la HKU. «Des mesures importantes et draconiennes pour limiter les mouvements de population doivent être prises, le plus tôt possible.»

«Le nombre de cas confirmés présentant des symptômes devait être de l’ordre de 25-26,000 le jour du Nouvel an chinois», samedi, a estimé lundi Gabriel Leung lors d’une conférence de presse à Hong Kong, en s’appuyant sur des courbes théoriques.

En incluant les personnes qui en sont à la période d’incubation, et qui ne présentent pas encore de symptômes, «le chiffre approchait les 44 000» à la date de samedi, a-t-il évalué.


■ A l’aéroport de Milan, des contrôles dans l’avion, en tenue

Journaliste couvrant l’Asie, Britt Clennett a filmé les mesures à l’arrivée de son avion à Milan.


■ A Zurich: des précisions mardi

Les deux cas suspects de coronavirus en Suisse sont toujours en cours d’analyse. Les résultats du centre national de référence pour les infections virales émergentes (CRIVE) à Genève sont attendus au plus tard mardi matin, a indiqué l’hôpital du Triemli à Zurich. cité par l’agence ATS.

Les deux patients hospitalisés présentent des signes d’infection après un séjour en Chine. Ils ont été placés en quarantaine. «Ils vont bien», poursuit l’hôpital. «La suspicion d’infection est très faible». Il n’y a aucun risque pour les autres patients ou les employés de l’établissement, précise encore l’hôpital.

La France a annoncé vendredi trois cas de contamination confirmé. C’étaient les premiers en Europe. Les trois malades avaient séjourné en Chine.

En Chine, le nombre de victimes de l’épidémie de pneumonie virale a bondi à 80 et 2744 cas ont été confirmés dans le pays. Les nouveaux décès ont été enregistrés dans la province de Hubei, épicentre de la contagion.


■ Et voici le hashtag #Jenesuispasunvirus

Sur les réseaux, des personnes, notamment écoliers et étudiants, font état de «racisme anti-asiatique» proféré au motif du virus.


■ Le pétrole baisse

Les prix du pétrole chutaient lundi en cours de séance européenne, affectés par la propagation de l’épidémie et son impact sur la demande d’or noir en Chine et dans le monde.

Vers 11H40 à Paris, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mars valait 58,74 dollars à Londres, en baisse de 3,21% par rapport à la clôture de vendredi. A New York, le baril américain de WTI pour la même échéance, perdait 3,28% à 52,41 dollars.

Les deux indices de référence sont à leurs niveaux les plus bas depuis octobre et poursuivent leur plongeon amorcé la semaine dernière.


■ L’Allemagne appelle à éviter les voyages vers la Chine

L’Allemagne a appelé lundi ses ressortissants à éviter les voyages «non indispensables» en Chine. «Les voyageurs devraient réfléchir à repousser ou annuler des voyages non indispensables», a déclaré le ministre des Affaires étrangères Heiko Maas, lors d’une conférence de presse à Berlin avec le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.


■ Les autorités allemandes évoquent un rapatriement

L’Allemagne envisage une «possible évacuation», s’ils le souhaitent, de ses ressortissants de la ville chinoise de Wuhan, épicentre du virus, indique le ministre des Affaires étrangères Heiko Maas.

La cellule de crise du gouvernement doit se réunir lundi à ce sujet afin de faire un point sur la situation, et décider éventuellement de mesures à prendre, a déclaré le ministre allemand.


■ La France prépare une évacuation

La France prépare une évacuation aérienne de ses ressortissants de Wuhan, épicentre de l’épidémie du coronavirus en Chine, a déclaré lundi le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian.

«En lien avec les ministères de l’Intérieur, de la Santé et des Armées, nous sommes en train de mettre en œuvre une opération de retour par voie aérienne au profit de nos ressortissants», a assuré le ministre lors de ses vœux à la presse, en précisant que cette évacuation aurait lieu «a priori au milieu de la semaine».

La ministre de la Santé Agnès Buzyn a précisé en début de matinée que les personnes rapatriées seraient mises en quarantaine pendant 14 jours.