Après trois ans de débats au Congrès, les députés costariciens ont approuvé, jeudi, la légalisation de la culture, de la production, de l'industrialisation et de la commercialisation du cannabis à des fins médicinales.

«Avec une grande satisfaction, après un très long chemin et de multiples retards, le projet est approuvé», a annoncé la députée à l'origine de l'initiative, Zoila Volio. Cette décision «va générer une relance économique, elle va ouvrir des opportunités pour le pays et générer des investissements et des emplois, a-t-il affirmé. Mais le plus important est que les patients obtiennent un médicament de qualité à un prix raisonnable pour avoir une qualité de vie.»

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Selon le militant Isaac Amador, père d'un enfant atteint de paralysie cérébrale qui utilise de l'huile de cannabis pour soulager son épilepsie, quelque 3500 personnes dans le pays utilisent des produits de ce type pour des raisons médicales. Selon lui, jusqu'à présent, de nombreuses familles de ces patients se procurent les produits clandestinement, les achètent à l'étranger ou, comme lui, les produisent eux-mêmes à domicile.

Une activité autorisée dans 20 pays

Une étude de l'agence publique costaricienne Foreign Trade Promoter (Procomer) a indiqué que d'ici 2025, le marché mondial du chanvre et du cannabis médicinal représentera 35 milliards de dollars (30,50 milliards d'euros) par an.

Dans le monde, plus de 20 pays autorisent cette activité, dont plusieurs en Amérique latine, comme l'Argentine, le Chili, le Panama, le Mexique et la Colombie.

Au Costa Rica, il ne reste plus maintenant qu'au président Carlos Alvarado d'apposer sa signature faire entrer la loi en vigueur. Le président a exprimé son soutien au projet par le passé. Il dispose néanmoins d'un droit de veto.

Pour la production de plantes et de leurs dérivés, les producteurs devront s'enregistrer auprès de l'Etat et déclarer leurs activités aux autorités.