afrique de l'ouest

En Côte d'Ivoire, le président Ouattara amnistie 800 personnes, dont Simone Gbagbo

Un parti évoque une «décrispation politique» après l’annonce d’une amnistie massive. L’ancien président Laurent Gbagbo reste emprisonné à La Haye, sa femme ne l’y rejoindra pas

Le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), un des deux grands partis de la coalition au pouvoir, a salué mardi l'amnistie de 800 personnes, dont l'ex-Première dame Simone Gbagbo, y voyant une «décrispation politique» dans le pays.

Le président ivoirien Alassane Ouattara a annoncé lundi cette amnistie pour favoriser la réconciliation nationale. Le PDCI était jusqu'à présent l'allié du Rassemblement des Républicains (RDR) du président Ouattara, mais de fortes tensions agitent la coalition au pouvoir, à deux mois des élections locales et à deux ans de la présidentielle.

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Henri Konan Bédié salue la décision

«Le PDCI-RDA (...) salue la libération des prisonniers politiques», a déclaré son chef Henri Konan Bédié (président de 1993 à 1999) dans un communiqué transmis à l'AFP.

Le PDCI «voudrait être assuré que cette libération contribuera, à n'en point douter, à une décrispation de la vie politique dans notre pays», pour «qu'aucun Ivoirien ne soit contraint à l'exil».

Pour le PDCI, «la réconciliation entre les filles et les fils de notre pays constitue le fondement de la cohésion sociale et de l'unité nationale pour une Côte d'Ivoire forte, résolument tournée vers le développement et le progrès social», souligne l'ex-parti unique, souhaitant que «l'ordonnance d'amnistie se transforme rapidement en une loi d'amnistie pour rendre plus inclusif cet acte de réconciliation».

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Alassane Ouattara refuse d'envoyer Simone Gbagbo à La Haye

Simone Gbagbo, incarcérée depuis sept ans et qui purge une peine de 20 ans, «sera remise en liberté demain, après que les formalités judiciaires aient été faites», a affirmé mardi à l'AFP Me Rodrigue Dadjé.

Simone Gbagbo est également poursuivie par la Cour pénale internationale qui a délivré contre elle un mandat d'arrêt en février 2012. Mais le président Ouattara a affirmé en février 2016 qu'il «n'enverrait plus d'Ivoiriens» à la CPI, estimant que son pays avait désormais une «justice opérationnelle».

Laurent Gbagbo est emprisonné depuis 2011

Laurent Gbagbo est quant à lui à La Haye depuis 2011 au centre de détention de la CPI où se déroule depuis 2016 son procès pour crimes contre l'humanité, pour des faits remontant à la crise de 2010-2011, qui a fait 3000 morts.

La question de la réconciliation nationale en Côte d'Ivoire, après la décennie de crise politico-militaire des années 2000, était considérée jusqu'à présent par les observateurs comme un point noir du bilan d'Alassane Ouattara.

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