La gigantesque coulée de boue qui a dévasté la ville colombienne de Mocoa a tué 254 personnes, dont 43 enfants, a déclaré dimanche le président Juan Manuel Santos. Il a rappelé que ces chiffres étaient «malheureusement encore provisoires».

«On m’informe que le bilan s’est alourdi à 254 morts», a écrit le président Juan Manuel Santos sur son compte Twitter, après le débordement de trois rivières dans la nuit de vendredi, provoquant «un océan de boue» qui a tout emporté, selon des témoins.

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Au moins «43 sont des enfants. Nos prières les accompagnent. Nos condoléances vont à leurs familles», a ajouté lors d’une allocution le chef de l’Etat. Il a pris la direction des secours et des travaux de réparation sur place. Pataugeant dans la boue, les secouristes apportent sans relâche leur aide aux sinistrés.

Sous un ciel chargé, la chaleur et l’humidité imprégnaient Mocoa, ville de 40 000 habitants et chef-lieu du Putumayo, où la pluie avait cessé dimanche. De nombreux habitants tentaient de retrouver leurs proches dans les décombres ou de sauver quelques biens de la boue.

Les Farc veulent participer à la reconstruction de Mocoa

Le Défenseur du Peuple du Putumayo, Fabian Vargas, a précisé que les sauveteurs passaient au peigne fin le parcours de la coulée de boue, en quête d’éventuelles nouvelles victimes. L’identification des corps, transférés à l’hôpital de Mocoa, s’est poursuivie dimanche.

La ville restait privée d’eau courante et d’électricité, les autorités travaillant à rétablir ces services, mais avertissant que cela pourrait demander plusieurs jours. «Cela va prendre du temps. Donc nous sommes en train d’apporter des camions-citernes, de réparer les ponts détruits et d’accélérer la reconstruction des infrastructures, pour l’eau, l’énergie, le logement», a déclaré Juan Manuel Santos aux journalistes.

La guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, marxistes), qui a signé un accord de paix avec le gouvernement, a offert dimanche son aide pour participer à la reconstruction de Mocoa.

«En parlant avec les guérilleros, (ils m’ont dit) qu’ils voudraient aller là-bas pour travailler, pour aider à la reconstruction. Je pense que c’est possible que […] les FARC fassent cette proposition. Ils sont vraiment très attristés par cette tragédie», a déclaré Ivan Marquez, principal négociateur des rebelles.