«Nous condamnons cette résolution qui accuse la nation turque d’un crime qu’elle n’a pas commis», a déclaré le gouvernement turc. «A la suite de cet incident, notre ambassadeur à Washington, Namik Tan, a été rappelé à Ankara pour consultations», ajoute son communiqué.

Le président turc Abdullah Gul a également condamné la résolution : elle n’a «aucune valeur aux yeux du peuple turc», a-t-il dit, ajoutant : «La Turquie ne sera pas responsable des conséquences négatives que ce vote pourrait avoir dans tous les domaines».

Le texte qui n’a pas force de loi, adopté par la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants américaine, par 23 voix contre 22, appelle le président américain à «qualifier de façon précise l’extermination systématique et délibérée de 1.500.000 Arméniens, de génocide».

Ce vote est intervenu après que Mme Clinton, citée par le porte-parole du Conseil de sécurité nationale (NSC) Michael Hammer, eut déclaré que si le Congrès allait de l’avant dans l’adoption de cette résolution, cela «pourrait dresser des obstacles devant la normalisation des relations» entre la Turquie et l’Arménie.

Les «sérieuses inquiétudes» turques

Selon le gouvernement turc, ce vote montre «un manque de vision stratégique» parmi les élus américains, alors que Washington et Ankara, des alliés de longue date dans l’Otan, «travaillent ensemble sur un large éventail de questions». «Nous avons de sérieuses inquiétudes que ce texte (...) nuira aux relations turco-américaines et freinera les efforts de normalisation des relations turco-arméniennes», dit le communiqué officiel.

Ankara réaffirme sa position selon laquelle les massacres d’Arméniens à l’époque de l’Empire ottoman devraient être étudiés par des historiens sur la base d’archives et de documents précis. «L’intervention des politiques dans le domaine des historiens a toujours eu des effets négatifs», affirme le communiqué.

Ankara avait déjà rappelé son ambassadeur à Washington en 2007 lorsque le même comité parlementaire avait approuvé une résolution similaire. A l’époque, le président George W. Bush avait empêché que le texte soit soumis à l’ensemble des élus du Congrès.