Quand Boris Johnson avait annoncé sa candidature à la mairie de Londres, c'était faute de mieux. La plupart des candidats potentiels des conservateurs estimaient que Londres était impossible à ravir à Ken Livingstone, le maire travailliste apparemment indéboulonnable. Le jeune trublion de 43 ans, aussi connu pour ses apparitions comiques à la télévision que pour ses gaffes, reconnaissable entre mille avec sa touffe de cheveux en bataille, avait donc décidé de tenter sa chance. David Cameron, le leader des conservateurs, avait accepté de le soutenir, mais seulement du bout des lèvres.

Malgré ces apparents obstacles, et les accusations de «bouffon» de ses opposants, Boris Johnson a emporté l'adhésion des Londoniens. Son dynamisme, l'impression qu'il donnait d'être très heureux de juste tenter sa chance ont fait souffler un vent frais sur City Hall.

Face à lui, Ken Livingstone, 62 ans, ne faisait pas le poids en défendant son bilan. Celui-ci n'est pourtant pas mauvais: le péage urbain a réduit les embouteillages, le nombre de bus a fortement progressé, Londres a décroché les Jeux olympiques... Mais son ton cassant et l'air blasé qu'il a traîné pendant la campagne lui ont coûté cher. De plus, le quotidien londonien Evening Standard a mené une campagne virulente contre lui, dénonçant des «scandales» de faible ampleur, notamment sur l'allocation de subventions à des associations proches d'un de ses conseillers.

Victoire des banlieues chics

La victoire de Boris Johnson, éduqué dans les écoles les plus élitistes et représentant de l'upper class est aussi une victoire des banlieues chics de Londres face aux quartiers pauvres du centre. Les premières ont voté en masse pour «Boris». Reste une question: que va faire Boris Johnson à la mairie de Londres? Son programme est resté jusqu'à présent très flou...