éditorial

Coup de poker

En annonçant qu’il allait imposer aux centrales électriques de son pays de réduire drastiquement leurs émissions de gaz à effet de serre, Barack Obama a affiché son intention de remonter au front sur la scène intérieure comme à l’échelon international, lors de la conférence sur le réchauffement qui se tiendra en fin d’année à Paris

Editorial

Coupde poker

Barack Obama s’accroche. Le président américain avait bataillé en vain, il y a six ans à Copenhague, pour obtenir un accord international sur le climat. En annonçant lundi qu’il allait imposer aux centrales électriques de son pays de réduire drastiquement leurs émissions de gaz à effet de serre, il a affiché son intention de remonter au front sur la scène intérieure comme à l’échelon international, lors de la conférence sur le réchauffement qui se tiendra en fin d’année à Paris.

A Copenhague, Barack Obama n’avait pas ménagé ses efforts pour arracher un résultat. Après avoir envoyé en éclaireurs certaines des personnalités les plus influentes de son camp, il avait débarqué dans la capitale danoise pour dynamiser des négociations paralysées. Son élan avait paru un moment capable de débloquer la situation avant de s’écraser contre la muraille des intérêts particuliers.

Le président américain s’était alors désengagé du champ de bataille. La popularité et l’énergie dont il disposait au début de son premier mandat, il a préféré ne pas les gaspiller sur un front aussi difficile que le climat. Un front où il rencontrait des oppositions multiples et manquait de moyens de pression. Son capital de départ, il a choisi de l’employer dans des combats plus prometteurs, telle sa fameuse réforme du système de santé.

L’équation a aujourd’hui changé. Alors qu’il approche de la fin de sa présidence, Barack Obama ne court plus les mêmes risques et peut davantage se permettre de provoquer ses adversaires. Dans le domaine du climat comme dans celui des relations internationales, pour imposer des limitations d’émissions comme pour prendre langue avec l’Iran et Cuba. Mais sa dernière manœuvre souffre d’un gros défaut. La bataille s’annonce rude avec ses adversaires républicains, qui ont déjà annoncé leur intention de mener une guérilla judiciaire contre son projet. Or, le président est désormais privé d’un des principaux ingrédients de la réussite: le temps. Si son camp perd la prochaine course à la Maison-Blanche, sa croisade risque fort d’en rester au stade du show.

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